Julie Bernard et Patrick Chabot sont très engagés dans leur vie de quartier, c’est pourquoi ils agissent à titre de porte-paroles pour faire entendre les préoccupations des citoyens du quartier à la Ville de Sherbrooke.
Julie Bernard et Patrick Chabot sont très engagés dans leur vie de quartier, c’est pourquoi ils agissent à titre de porte-paroles pour faire entendre les préoccupations des citoyens du quartier à la Ville de Sherbrooke.

Bien plus qu’un simple trottoir 

Mireille Vachon
Mireille Vachon
La Tribune
Sherbrooke — Pour Julie Bernard et Patrick Chabot, résidents de la rue Adélard-Collette à Sherbrooke depuis près de quinze ans, le trottoir situé devant leur maison représente bien plus qu’une simple infrastructure urbaine. Si la Ville décide de le retirer et de le reconstruire de l’autre côté de la rue comme prévu, ils sont inquiets de voir leur vie de quartier s’effondrer. 

Pour eux, changer le trottoir de côté n’a aucun sens. « Nous comprenons que la Ville doive défaire le trottoir pour réaliser les travaux. Ce qu’on ne comprend pas, c’est pourquoi elle le reconstruira de l’autre côté. C’est mystérieux », explique M. Chabot. 

C’est en discutant avec les employés de la Ville qui installaient des piquets orange devant sa demeure que le couple a appris la nouvelle. « La Ville n’a jamais informé ni consulté les citoyens du tronçon sur ce changement-là », ajoute sa conjointe, alors qu’à son avis, elle aurait dû prendre le pouls de la situation avant de « prévoir des changements aussi majeurs dans l’aménagement d’un quartier ». 

Les avis sont unanimes dans le quartier : personne ne veut perdre son trottoir, affirment Julie Bernard et Patrick Chabot. Ils ont d’ailleurs entamé des démarches auprès de la Ville à titre de porte-paroles pour expliquer le point de vue de tous, et ils sont confiants d’arriver à une entente, même si les travaux sont imminents. 

Plusieurs raisons font en sorte que la décision parait aberrante à leurs yeux.

« La première, c’est qu’il n’y a aucune habitation, il n’y a rien de l’autre côté de la rue, alors que de notre côté, il y a des familles, des personnes âgées, des enfants qui jouent et qui gambadent… le trottoir sera complètement inutilisé », soutient M. Chabot.

« Les voisins prennent des marches, se fréquentent, se voisinent, les enfants se promènent d’une maison à l’autre… le trottoir est très utile pour les gens du quartier », confirment Mme Bernard. 

Pour les parents de quatre enfants, le trottoir est un « agent de socialisation et de mobilisation ». Il protège des voitures et permet de se « sentir plus en sécurité de manière quotidienne ». Plus les gens se sentent en sécurité, plus ils sortent, se font confiance, se parlent et s’entraident, croient-ils, ce qui contribue au tissu social du quartier.

À la Ville

Karine Godbout, conseillère municipale du district d’Ascot, assure être réceptive aux enjeux soulevés par les citoyens, mais ne connait pas encore l’autre côté de la médaille. « Je vais aller chercher des informations plus précises auprès du Service des infrastructures urbaines dès lundi, donc je n’ai pas de détails encore sur le pourquoi et le comment ça se passe », souligne-t-elle. 

« Avec toutes les transformations qu’il y a eu dans ce secteur-là, je comprends qu’il y ait une sensibilité pour essayer de raccorder le quartier de façon cohérente », termine-t-elle en faisant référence notamment à la cure de rajeunissement de la cour de l’École LaRocque et la mise sur pied de plusieurs espaces verts. 

Plus de détails devraient être transmis par la Ville de Sherbrooke lundi.