La ministre Marie-Claude Bibeau estime que le gouvernement a le « devoir de bien faire les choses » dans le dossier des demandeurs d’asile qui continuent de traverser massivement la frontière canado-américaine via le chemin Roxham, près de Lacolle, en Montérégie.

Bibeau fait le point sur les demandeurs d’asile

La ministre Marie-Claude Bibeau estime que le gouvernement a le « devoir de bien faire les choses » dans le dossier des demandeurs d’asile qui continuent de traverser massivement la frontière canado-américaine via le chemin Roxham, près de Lacolle, en Montérégie.

Lors d’une rencontre avec la presse régionale jeudi, la ministre libérale a souligné les diverses mesures prises par son gouvernement afin de répondre à la situation.

Elle indique qu’entre janvier et avril 2018, le nombre de demandes d’asile traitées par les services d’immigration ont atteint 17 195, par rapport à 12 060 pour la même période l’an dernier. Parallèlement au nombre de demandes traitées, le délai d’obtention d’un permis de travail a été réduit de trois mois à trois semaines depuis un an.

Elle a de plus reconnu que sur les 20 593 passages illégaux enregistrés l’an dernier au Canada, plus de 18 830 l’ont été à la frontière entre le Québec et les États-Unis. D’où l’aide de 144 M$ annoncée le mois dernier au gouvernement du Québec pour faire face à la crise. Un comité interministériel impliquant Ottawa, Québec et les autres provinces a également été mis sur pied, a rappelé Mme Bibeau.

Mécanismes
Celle-ci en a profité pour rappeler que le statut de demandeur d’asile est un processus qui s’applique uniquement dans des cas liés à la sécurité. Quels que soient les motifs qui peuvent amener une personne à se présenter à la frontière, Mme Bibeau rappelle qu’il existe des mécanismes pour traiter chacune de ces situations.

« Ce qu’on dit aux gens, c’est que si vous traversez la frontière de cette façon-là, c’est parce que votre vie est en danger dans votre pays. Si votre vie n’est pas en danger, prenez le bon canal pour entrer de façon régulière. »

Malgré les pressions exercées par l’arrivée massive de migrants à la frontière, la ministre Bibeau estime qu’il faut mettre les choses en perspectives, notamment par rapport à d’autres régions du monde.

« Il ne faut pas s’étonner qu’on ait plus de pression, a-t-elle précisé, au sujet du nombre de demandes d’asile. On vit à une époque où on va avoir de plus en plus de pression à ce niveau-là. Quand on se compare avec les pays d’Europe, eux n’ont pas d’océan qui les sépare des 65 millions de réfugiés qu’on retrouve là-bas. Nous, on a un océan qui nous sépare. C’est beaucoup plus facile de contrôler et de gérer (les flots de demandes). C’est pour ça qu’on a un devoir de bien faire les choses et d’avoir un système d’immigration rigoureux. »

États-Unis
La ministre Bibeau a d’autre part réfuté les informations voulant que le Canada a entrepris des pourparlers avec les États-Unis visant à renégocier l’Entente sur le pays tiers sûr.

« Nous ne sommes pas en renégociation, a-t-elle précisé. Nous avons une conversation active avec les autorités américaines, mais ce n’est pas une renégociation. L’entente n’est pas sur la table. »

En vertu de cette entente, toute demande d’asile doit être faite dans le premier pays où le demandeur est arrivé. Par exemple, un demandeur d’asile en provenance des États-Unis et qui se présente à un poste frontalier canadien ne pourra pas y formuler une demande d’asile.

Selon Mme Bibeau, les discussions qui se déroulent entre les fonctionnaires canadiens et américains visent à partager certaines informations destinées à mieux identifier les profils d’éventuels demandeurs d’asile.