Bestar, le fabricant de meubles prêts-à-assembler de Lac-Mégantic, achète un concurrent américain direct, Bush Industries, qui a le double d’employés, soit 400 contre 200 pour Bestar, et presque trois fois son chiffre d’affaires.
Bestar, le fabricant de meubles prêts-à-assembler de Lac-Mégantic, achète un concurrent américain direct, Bush Industries, qui a le double d’employés, soit 400 contre 200 pour Bestar, et presque trois fois son chiffre d’affaires.

Bestar avale sa concurrente américaine

Ronald Martel
Ronald Martel
La Tribune
C’est comme le petit qui acquiert le plus grand, David qui achèterait Goliath. Bestar, le fabricant de meubles prêts-à-assembler de Lac-Mégantic, achète un concurrent américain direct, Bush Industries, qui a le double d’employés, soit 400 contre 200 pour Bestar, et presque trois fois son chiffre d’affaires. C’est ce qu’annonce mardi la société de placement privé Novacap pour Bestar inc., une de ses sociétés en portefeuille, par voie de communiqué.

Il s’agit d’une bonne nouvelle pour l’entreprise fondée en 1948 par Jean-Marie Tardif, à Courcelles, puis déménagée à Lac-Mégantic, où a œuvré son fils Paulin et d’autres membres de leurs familles au fil des ans. Car les 200 emplois que compte Bestar s’en trouvent consolidés, comme le chiffre d’affaires pour les deux sociétés à un total de 200 millions $ US (260 millions $ CAN), avec un accroissement de la capacité de production et une baisse stratégique des délais de livraison.

« L’objectif de Bestar est de concentrer ses efforts sur les solutions en ligne pour les meubles de maison et de bureau. Les équipes dirigeantes de Bestar et Bush voient une opportunité de marché importante et à forte croissance pour les meubles vendus en ligne et expédiés directement au consommateur final. Ce modèle commercial émergent offre aux consommateurs de meubles une solution d’achat pratique, rapide et abordable », a déclaré Frédérick Perrault, associé sénior de Novacap et président du conseil d’administration de Bestar.

Le siège social à Sherbrooke

La nouvelle entreprise, Bestar-Bush, dont le siège social sera situé à Sherbrooke, aura Michael Evans comme président et chef de la direction. M. Evans occupe actuellement les mêmes fonctions chez Bush Industries. « Bien que nous puissions réaliser des économies d’échelle une fois les sociétés intégrées, notre principal objectif sera d’élargir encore notre gamme de produits, de tirer parti de nos capacités d’expédition rapide à l’échelle nationale et de notre marque mondiale de fabrication et d’approvisionnement, pour accélérer encore plus la croissance que connaissent les deux entreprises », a-t-il confié.

En plus de son usine principale située à Lac-Mégantic, Bestar a ouvert à Sherbrooke un entrepôt et une ligne de production secondaire, visant à desservir le marché américain, ainsi qu’un centre de distribution au Nevada. L’usine de Bush Industries se trouve quant à elle à Jamestown, dans l’état de New York, avec un très grand entrepôt, et d’autres entrepôts dans l’Est, en Pennsylvanie et à Sacramento, en Californie. Bush Industries a également des installations en Chine.

« Les consommateurs font de plus en plus appel à de gros détaillants, comme Amazon, Costco, Google, qui sont très demandants, et nous comme fournisseurs, pour les soutenir, nous avions besoin de plus de ressources. Bestar et Bush, ce sont deux belles entreprises, relativement petites dans leur créneau, mais elles deviennent automatiquement plus importantes, en tissant des liens plus solides, avec comme focus la croissance, c’est très clair », a ajouté en entrevue M. Perrault.

Le montant de la transaction n’a pas été divulgué. Bestar s’est adjoint le support financier de Desjardins Capital et du Fonds de solidarité de la FTQ qui, à parts égales, deviennent actionnaires minoritaires de Bestar-Bush. 

« Nous comptons sur leur support pour apporter des dimensions additionnelles à la dynamique, supporter la croissance, car ce sont de très bons partenaires, depuis longtemps dans le cas du Fonds, et plus récemment pour Desjardins Capital », a spécifié M. Perrault.

« De notre côté, Desjardins privilégie d’appuyer des fleurons québécois dans leurs acquisitions de compagnies étrangères, plutôt que l’inverse, ce qui sécurise des emplois au Québec », a indiqué pour sa part Richard Lacasse, porte-parole de Desjardins Capital, qui contribue à maintenir 60 500 emplois dans environ 500 entreprises.