Les pièces dans les RAC doivent être dégarnies et les meubles souvent fixés au sol afin d’éviter qu’ils se transforment en armes ou en projectiles lorsque les résidents ont des excès de violence.

Besoins de personnel en milieux complexes : dans les priorités locales et nationales, assure la direction CIUSSS de l’Estrie-CHUS

Les heures supplémentaires imposées sont en effet plus nombreuses cet été dans les résidences en assistance continue (RAC) du CIUSSS de l’Estrie-CHUS, reconnait la directrice du programme déficience intellectuelle (DI), trouble du spectre de l’autisme (TSA) et déficience physique (DP) Danika Manseau.

« Il faut savoir que les RAC sont un milieu très particulier. C’est une clientèle DI ou TSA ou les deux avec de graves problèmes de comportement. Ça implique nécessairement un milieu de travail avec un risque plus grand », dit-elle d’entrée de jeu.

Alors dans ce contexte, pas question de forcer des employés à aller y travailler et pas question non plus d’aller chercher des employés qui ne seraient pas adéquatement formés pour aller travailler dans une RAC.

« C’est un facteur de protection pour tout le monde parce que ce serait très dangereux de faire travailler des gens non formés dans une RAC », dit Mme Manseau.

Les membres de l’APTS estiment qu’il est dangereux de faire travailler un employé plus longtemps que son quart de travail après une journée dans un milieu aussi difficile. « Je comprends, je reçois cet argument. Mais une personne formée et qualifiée, même fatiguée, sera encore plus efficace qu’une personne non formée », dit-elle en précisant que les employés des RAC « ont toute son admiration pour le travail qu’ils font ».

Trouver davantage de volontaires pour aller travailler dans les RAC? « Des gens ont été formés avant la période estivale. On y travaille, je vous assure », insiste-t-elle en rappelant la pénurie de personnel qui sévit dans le réseau de la santé.

À la période 4 (environ quatre mois après le début de l’année financière en cours), il y avait neuf personnes en absence santé et sécurité au travail résultant des risques associés aux comportements des usagers, soit six en arrêt complet et trois en retour progressif.

En poste depuis la mi-mars à la direction de la DI-TSA-DP, Mme Manseau a mis la sécurité dans les RAC en tête de ses priorités. Sa cible est de n’avoir aucun accident de travail dans les RAC. « C’est une cible ambitieuse. Nous avons déjà des accidents de travail, nous savons que nous n’allons pas l’atteindre, mais je ne peux pas dire par exemple que deux accidents de travail c’est acceptable. La cible, c’est zéro. Et on va travailler pour y arriver », dit-elle.

Parc d’hébergement saturé

Une chargée de projet est arrivée dans son département depuis quelques jours avec le mandat précis de revoir l’ensemble du parc d’hébergement en DI-TSA-DP, ce qui inclus évidemment les RAC.

« Il y a un chantier national en ce moment au niveau de l’hébergement des clientèles DI-TSA-DP; ça fait partie des priorités nationales », dit-elle.

Actuellement, le parc d’hébergement est saturé en déficience intellectuelle et en trouble du spectre de l’autisme.

Dans La Tribune de vendredi, on dévoilait d’ailleurs qu’une cinquantaine d’adultes étaient en attente d’hébergement dans une résidence d’accueil pour aînés et qu’une vingtaine de ces résidences étaient en processus de fermeture.

« En ce moment, nous avons de la difficulté à placer le bon usager au bon endroit », soutient Mme Manseau.

L’APTS soutient qu’au moins une des RAC n’est pas du tout adéquate.

« C’est vrai que nous avons des bâtiments vieillissants. Les techniques d’intervention ont beaucoup changé avec les années aussi, et les bâtiments n’ont pas suivi », concède Danika Manseau

Certaines RAC sont moins considérées comme dangereuses pour la sécurité du personnel par les syndicats. « Peut-être que certaines RAC n’hébergent pas le bon type de clientèle. Avec un parc d’hébergement saturé, c’est difficile, mais on y travaille », réitère la directrice du programme DI-TSA-DP.

Sa direction mettra beaucoup d’énergie sur la situation des RAC au cours de la prochaine année. « Dans un an, nous serons ailleurs. Tout ne sera pas parfait, mais nous aurons de bonnes bases. C’est une priorité pour ma direction et pour moi personnellement », promet Danika Manseau.