Les bénévoles du Club des petits déjeuners sont des denrées rares.

Besoin criant de bénévoles au Club des petits déjeuners

Les bénévoles du Club des petits déjeuners sont des denrées rares. Uniquement pour trois écoles primaires de la Commission scolaire de la Région-de-Sherbrooke (CSRS), le Club recherche entre 15 et 20 bénévoles. Les écoles LaRocque et Sylvestre doivent absolument trouver un bénévole en chef en vue de la prochaine rentrée scolaire. Sans ce bénévole indispensable, le service pourrait être compromis à l’école LaRocque, illustre Mélanie Bernard, directrice adjointe dans cet établissement. Cette quête de bénévoles n’est pas qu’un enjeu estrien : il s’étend aussi à l’échelle provinciale, indique-t-on au Club des petits déjeuners.

À l’école LaRocque, le service est offert depuis environ cinq ans. Entre 60 et 75 élèves viennent les matins de semaine commencer leur journée en déjeunant à l’école. L’établissement cherche activement un bénévole en chef. Tous les matins du calendrier scolaire régulier, il supervise l’équipe de bénévoles pour assurer le service du petit déjeuner à tous les enfants inscrits. Ses fonctions vont de l’encadrement des enfants en passant par la gestion de l’équipe des bénévoles à la facturation et la gestion des paiements.

« Si on ne réussit pas à trouver quelqu’un, on va devoir annuler ou retarder le service du Club des petits déjeuners (...) On a un petit stress de savoir si on va trouver quelqu’un à temps pour accompagner les élèves à la rentrée », commente Mme Bernard, qui souligne toute la reconnaissance des enfants qui viennent déjeuner le matin.

À l’école Jean XXIII, l’équipe a son bénévole en chef... mais elle recherche toujours des bénévoles pour aider celui qui coordonne le tout. « C’est un besoin de tous les instants, c’est un enjeu », indique Marie-Pierre Tardif, directrice de Jean-XXIII. Dans son établissement, les bénévoles s’activent grosso modo à compter de 6 h 50 et le repas est servi vers 7 h 30; ils terminent après le repas.

Mme Tardif était à la direction de l’école LaRocque avant d’arriver à Jean-XXIII : il a toujours été difficile de trouver des bénévoles.

La directrice souligne que la plage horaire n’est pas toujours attrayante. « Ça nous prend des lève-tôt et avec une certaine assiduité », note Mme Tardif.

« C’est la fidélisation qui est parfois plus complexe », dit-elle en soulignant qu’elle reçoit parfois l’aide ponctuelle de stagiaires. Le Club répond néanmoins à plusieurs besoins, au-delà du besoin fondamental de nourrir les enfants, fait-elle valoir.

« C’est toute la dimension sociale et toute une sorte de vie familiale qui s’installe (...) C’est une façon d’entrer à l’école de façon positive. »

« Il reste que c’est une expérience extrêmement positive que d’être bénévoles auprès de ces petites bouches », note Mme Tardif.

L’école primaire des Quatre-Vents et l’école internationale du Phare comptent aussi des Clubs des petits déjeuners. Dans l’école secondaire, les adolescents peuvent donner un coup de main.

L’Estrie n’est pas seule à faire face à ce manque de bénévoles.

« Toutes les organisations sont toujours à la recherche de bénévoles. Depuis deux ans, c’est pas mal plus difficile », commente Josée Dupuis, coordonnatrice du Club des petits déjeuners pour la région estrienne.

La pénurie de main-d’œuvre qui fait les manchettes presque quotidiennement pourrait-elle avoir un impact sur ce recrutement plus difficile? « D’après nous, oui. Plus les gens sont sur le marché du travail, moins ils sont disponibles. »