La présidente du comité Tags et graffitis Chantal L’Espérance et le maire Steve Lussier ont salué la créativité des artistes graffiteurs qui embellissent la ville. Sandra Tremblay est l’une de ceux qui s’exprimeront sous le pont d’étagement près du marché de la Gare.

Belle cuvée 2018 pour Tags et graffitis

Cinq murales seront peintes au cours des prochains jours dans le tunnel qui fait le lien entre le stationnement du marché de la Gare et celui de la Cigarerie à Sherbrooke.

Ces œuvres seront inspirées du thème de la gare, et du marché public qui l’occupe aujourd’hui, et seront réalisées par huit artistes sélectionnés par le comité Tags et graffitis.

« Les artistes ont été choisis par un jury et sont passés devant la commission des arts visuels de la Ville pour que leurs œuvres s’intègrent bien au paysage et à l’environnement », explique la présidente du comité et conseillère municipale Chantal L’Espérance.

Dans les projets 2018 du comité Tags et graffitis annoncés en point de presse mercredi figure également une murale qui sera peinte à la halte municipale Turgeon-Gaudreau, sur le boulevard de l’Université, près de la piste cyclable.

Des activités d’art urbain seront par ailleurs intégrées à trois événements estivaux, soit la Fête nationale au parc Jacques-Cartier, l’événement Bouffe ton centro et le Festival de rue de Lennoxville.

Il s’agit d’une sixième année d’activités pour le comité Tags et graffitis, mis sur pied dans le but de diminuer les méfaits sur le territoire de Sherbrooke et de mettre en lumière des talents « hors du commun ».

Le comité met à la disposition des artistes graffiteurs onze murs temporaires, repeints à quelques reprises chaque année, et six murs pour des œuvres permanentes.

Les intervenants semblent unanimes à dire que l’initiative, qui jouit d’un budget annuel de 25 000 $, porte ses fruits.

Le nombre de plaintes au Service de police de Sherbrooke, par exemple, est passé de 68 en 2016 à 36 en 2017.

« C’est une baisse importante. On peut voir que le comité Tags et graffitis fait son œuvre auprès de la population. Les gens ont l’œil. Quand ils voient des individus suspects, ils sont portés à nous appeler, parfois même avant que l’infraction soit commise. C’est donc beaucoup moins d’enquêtes pour nos policiers », dit le porte-parole du SPS Martin Carrier.

« Ce qui s’est amélioré aussi, au fil des années, c’est la communication entre les services de la Ville. Le SPS, les Infrastructures, les gardiens de parcs, tous ces intervenants se parlent pour cibler les secteurs problématiques et les suspects. C’est un beau travail d’équipe. »

À la Ville, ce sont les coûts de nettoyage des bâtiments municipaux qui sont en baisse et le sentiment de sécurité des citoyens qui va en croissant.

« Ce qu’il nous reste à faire, dit Mme L’Espérance, c’est de continuer la sensibilisation des propriétaires de bâtiments privés afin qu’ils nettoient rapidement (les tags), parce que c’est la clé du succès. Il ne faut pas laisser le graffiti prendre sa place, parce qu’éventuellement il va y en avoir un autre à côté. Il y a comme une escalade qui se fait. »

« On veut travailler avec eux plutôt que d’aller vers un règlement qui viendrait leur imposer des délais pour nettoyer sous peine d’amende, continue-t-elle. Il y a des villes qui le font, mais on ne veut pas aller vers ça. Je pense qu’information, sensibilisation, éducation, c’est gagnant. Ça prend plus de temps mais ça porte ses fruits à plus long terme. »

Présent au point de presse, le maire Steve Lussier a salué l’initiative. « C’était vraiment bien d’avoir mis ça en place et le comité est là pour rester », a-t-il promis en avouant avoir remis en question la pertinence du comité au début de son mandat.

« D’autres projets seront annoncés en cours d’été pour faire en sorte de faire connaître nos artistes graffiteurs, parce que c’est aussi ça le but, les faire sortir de l’ombre », termine Mme L’Espérance.