Chaque élu avait droit à 22 333 $ en budget de recherche et de soutien en 2019, à Sherbrooke. Au total, ils ont dépensé 148 446,22 $ et ont retourné 186 549.78 $ dans le fonds consolidé de la Ville.
Chaque élu avait droit à 22 333 $ en budget de recherche et de soutien en 2019, à Sherbrooke. Au total, ils ont dépensé 148 446,22 $ et ont retourné 186 549.78 $ dans le fonds consolidé de la Ville.

Beaudin, Gingues et Tremblay utilisent davantage leur budget de recherche

Alors que certains élus proposent de sabrer dans le budget de recherche et de soutien aux conseillers municipaux, un montant établi par la loi à 22 333 $ par élus à Sherbrooke en 2019, Évelyne Beaudin (20 194, 50 $) apparaît comme la conseillère ayant utilisé la plus grande part de son budget l’an dernier. Suivent dans l’ordre Paul Gingues (18 714,57 $) et Pierre Tremblay (17 089,38 $).

À l’autre bout du spectre, Rémi Demers (2789,47 $) utilise peu son budget de recherche et de soutien, comme Jennifer Garfat (3412,08 $) et Marc Denault (4454,50 $).

Au final, les sommes inutilisées par les conseillers sont transférées au fonds consolidé de la Ville. Pour l’année qui s’est terminée le 31 décembre, ce sont 186 549,78 $ que la Ville a récupérés.

Dans les faits, ledit budget peut servir à couvrir les frais de dépenses pour des réunions ou de la recherche, l’achat de matériel de travail, l’achat de publicités ou un soutien à la communauté. 

« Je trouve que c’est une bonne chose d’utiliser ce montant pour la recherche parce que ça permet de bien faire notre travail, plaide Évelyne Beaudin. J’ai dépensé beaucoup en publicité et je suis heureuse d’utiliser mon budget de cette façon-là parce que je ne peux pas faire de soutien à la communauté avec mon budget de cabinet. Je serais plus gênée si je n’utilisais pas mon allocation. Ça soulève des questions que certains dépensent peu en recherche. »

Elle souligne aussi que plusieurs élus font appel aux mêmes ressources de recherche et estime qu’il pourrait s’agir d’une forme de regroupement de conseillers qui se qualifient d’indépendants. 

On notera surtout l’embauche d’une même recherchiste par Pierre Avard, Paul Gingues, Annie Godbout et Pierre Tremblay. Une autre ressource réalise des mandats pour Pierre Avard, Marc Denault et Pierre Tremblay. 

Pierre Tremblay assure qu’il tient à son indépendance. « Personnellement, je travaille mes mandats en one on one. Les autres font probablement la même chose. Quand mes collègues annoncent des choses, je l’apprends en même temps que la population. Je suis encore 100 % indépendant. »

Paul Gingues commente dans le même sens. Il estime que son budget est nécessaire pour bien préparer ses dossiers et laisse à chacun le soin d’évaluer la pertinence de le dépenser ou non. « Je ne travaille pas sur les mêmes dossiers que mes collègues quand nous embauchons les mêmes ressources. Mes mandats sont confidentiels et ce sont strictement mes dossiers. J’aime mon indépendance. »

Annie Godbout pige moins que la majorité de ses collègues dans son budget de soutien et de recherche, soit 4620,23 $. « Il ne faut pas dépenser pour dépenser, et j’ai quand même des compétences en communication, donc il y a plusieurs documents que je rédige moi-même. Je fais aussi beaucoup de recherche par moi-même. Il faut comprendre qu’il y a très peu de ressources pour ce type de mandat à Sherbrooke. On veut généralement des gens d’expérience. C’est probablement pour ça qu’on voit les mêmes revenir dans les dépenses de plusieurs élus. Je ne pense pas que ce soit parce qu’il y a un parti déguisé. »

Karine Godbout juge que chacun peut gérer ce fonds à sa manière, elle qui a dépensé 12 801,91 $ en 2019. « C’est un budget important. J’en ai besoin pour approfondir des éléments que je maîtrise moins. »

Vincent Boutin, qui avait investi 10 335 $ en 2018 a vu ses dépenses réduites à 6004,77 $ l’an dernier. « C’est principalement parce que les deux personnes qui m’aidaient se sont trouvé un emploi à temps plein et il m’a fallu du temps pour dénicher la perle rare. Je ne sens toutefois pas le besoin de dépenser ce budget au complet. J’essaie d’être responsable. La cadence est de plus en plus élevée et il est important d’avoir un soutien. Je ne pense pas que ceux qui dépensent moins font un moins bon travail. »

Vincent Boutin

Couper dans le budget

M. Boutin juge par ailleurs fort intéressante l’idée de sabrer dans les sommes consenties à la recherche et au soutien. « C’est un montant qui vient équilibrer les forces entre les indépendants et les cabinets des partis. Si on diminuait notre allocation, je m’attendrais à ce que les cabinets fassent leur part aussi. J’ai demandé à ce que les cabinets arrivent avec une proposition. Nous sommes probablement capables de nous engager à ne pas tout dépenser, même sans réduire officiellement le montant auquel nous avons droit. L’idée serait d’arriver à un chiffre qui fait l’unanimité. »

Vincent Boutin ne propose pas de couper un montant en particulier. « C’est surtout d’envoyer le message qu’on prend la situation de la COVID au sérieux et qu’on fait notre part. Il n’y a pas de petites coupures. »

Paul Gingues serait prêt à concéder 25 % du budget alloué. « Ça fait partie des efforts que nous devons faire, tant que la direction générale et les services font aussi leur part. »

Karine Godbout montre de l’ouverture, mais ne voudrait pas une réduction de 50 %. « Il faudrait voir quel compromis nous sommes prêts à faire. »

Pierre Tremblay s’opposerait à une telle décision. « Je ne suis pas d’accord à ce qu’on coupe dans ce montant parce qu’il me permet de bien fouiller mes dossiers. Il est extrêmement important. Plusieurs l’utilisent peu ou pas. Ça leur appartient. Si la majorité vote pour le couper, il faudra que ce soit au minimum. Si on ampute ce montant, nous serons moins bien préparés. »

Enfin, Évelyne Beaudin suggère une autre solution. « Si on part du postulat que tout est important, tous devraient faire le même effort. Ce que je suggère, au lieu qu’on s’obstine pour 1000 ou 2000 $ un peu partout, c’est qu’on coupe 1 % partout. Tous les services contribueraient à la même hauteur et ce serait amplement suffisant pour boucler notre budget. Couper dans le budget de recherche, ce sont des économies de bout de chandelle dans l’exercice de la démocratie. » 

Dépenses du budget de recherche et de soutien 2019
Montant alloué par conseiller : 22 333 $
Montant alloué par conseiller d’arrondissement : 11 167 $

Évelyne Beaudin  20 194,50 $

Paul Gingues  18 714,57 $

Pierre Tremblay  17 089,38 $

Claude Charron  14 317,87 $

Karine Godbout  12 801,91 $

Pierre Avard  9982,38 $

Chantal L’Espérance  8536,70 $

Danielle Berthold  7261,97 $

Nicole Bergeron  6684,84 $

Julien Lachance  6634,41 $

Vincent Boutin  6004,77 $

Bertrand Collins  4946,64 $

Annie Godbout  4620,23 $

Marc Denault  4454,50 $

Jennifer Garfat  3412,08 $

Rémi Demers  2789,47 $    

Montant inutilisé : 186 549,78 $

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Évelyne Beaudin tentera de répondre aux questions de sa collègue Annie Gobdout en déposant au conseil municipal un relevé des dépenses de son cabinet pour 2019 et une liste des sujets ayant fait l’objet de recherches depuis le début du mandat.