Émilie Gamache, responsable au service d’entraide, et Geneviève Coté, directrice générale de Moisson Estrie.

Banques alimentaires : un défi même en été

« La faim ne prend pas de vacances », répète-t-on dans les différents organismes de bienfaisance alimentaire en Estrie, lors de la période estivale. Alors que les produits frais sont disponibles en quantité suffisante, on peine à combler les besoins en denrées non périssables.

« On est choyés [dans la MRC de Memphrémagog], on est proche de plusieurs producteurs, alors on reçoit beaucoup de produits frais. Mais on arrive à la fin de nos réserves de denrées non périssables », signale Nancy Pelletier, intervenante à la Banque alimentaire Memphrémagog.

Mme Pelletier rappelle que la précarité financière peut frapper n’importe qui et pour n’importe quelle raison, incluant les situations temporaires telles que la maladie, la dépression, le décès d’un proche ou la perte d’emploi.

« On a toujours besoin de nourriture, oui, mais aussi de produits ménagers et de soins personnels, parce que si tu es en recherche d’emploi par exemple, c’est vraiment le fun d’avoir une barre de savon et de pouvoir faire ta lessive! » souligne l’intervenante.

Même son de cloche chez Moisson Estrie : « Présentement, on a vraiment besoin de couches, de crème solaire, de produits d’hygiène personnelle... On manque aussi de farine, de sucre, de pâtes alimentaires — de tout ce qui sert à faire de la cuisine de base », énumère Geneviève Côté, directrice générale de Moisson Estrie.

Elle précise que les grands surplus d’aliments frais des producteurs locaux arriveront surtout dans les prochaines semaines, avec les moments forts de la récolte maraîchère, mais que l’approvisionnement de cette catégorie de produits est régulier à Sherbrooke grâce aux dons des épiceries reçus tous les deux jours.

Comment aider?

Chez les deux organismes, on rappelle l’importance de faire des dons en dehors du temps des Fêtes. « Il y a des gens des fois qui vont faire leur épicerie et qui passent par ici après en nous laissant un sac. Il y a aussi des gens qui font des cueillettes dans leur quartier ou dans leur milieu de travail. On peut aussi faire des dons en argent en ligne... Ce sont tous des petits gestes qui font toute la différence! »,

Il faut aussi surveiller les événements organisés par ou pour ces organismes. Les amateurs de golf ont par exemple pu profiter d’un rabais sur la voiturette et l’accès au terrain du Club de Golf Mont-Orford en échange d’un don en argent ou en denrées non périssables, du 28 juillet au 3 août dernier. Près d’une centaine de kilos de nourriture ont ainsi été livrés à la Banque alimentaire Memphrémagog, en plus d’un montant en argent qui sera dévoilé dans les prochains jours. « Avec ça, je crois qu’on va y arriver... », espère Mme Pelletier.

Comment se faire aider?

« Les gens qui ont besoin de nos services prennent un rendez-vous pour se faire rencontrer par une intervenante qui évalue leur situation et qui suit leurs dossiers pour voir s’il y a des changements, ensuite ils traversent pour aller à l’épicerie sociale pour recevoir leur dépannage. On leur donne aussi des références s’ils ont des problématiques autres qu’alimentaires », résume Émilie Gamache, responsable de l’accueil et du service d’entraide chez Moisson Estrie.

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Xavyer Brindle

Générosité prise la main dans le sac

« C’est mon premier don à Moisson Estrie. C’était un élan que je prenais aujourd’hui [lundi], mais je ne m’attendais pas à me faire interviewer! » rigole Xavyer Brindle, encore un peu surpris de se trouver sous le projecteur pour un geste qu’il croyait faire discrètement.

Le hasard aura voulu que le résident de Sherbrooke passe déposer son sac de denrées non périssables à l’organisme au moment où La Tribune y prenait des images.

Il a confié que pour lui, ce don était simplement une question de gros bon sens : « J’avais des vivres chez moi qui ne servaient pas, je me suis dit que ce serait plus utile pour quelqu’un d’autre, que c’était un petit geste qui allait peut-être améliorer une vie. Je crois que Moisson Estrie est dans le décor sherbrookois depuis assez longtemps, on connaît tous le nom, et j’ai décidé de participer aujourd’hui! » explique-t-il en toute modestie.