Félix Boudreault

Bannir l'eau embouteillée à Sherbrooke?

Si Sherbrooke possède la meilleure eau au Québec et la deuxième meilleure en Amérique du Nord, pourquoi n’interdit-elle pas la vente d’eau embouteillée sur son territoire? La question provient du citoyen Félix Boudreault, chaudement applaudi lundi à l’hôtel de ville après avoir incité les élus à prendre des actions pour lutter contre les changements climatiques. L’habitué du conseil Hubert Richard a pour sa part soumis l’idée d’abolir les sacs de plastique.

« Je viens tenter de nous engager dans la cause environnementale. [...] Il me semble que nous avons passé l’époque des engagements inoffensifs. Les changements climatiques sont un problème collectif. Nous avons donc besoin de solutions collectives. Si les actions individuelles fonctionnaient, nous serions déjà au paradis sur terre. C’est vous, en bon chef de famille, qui avez le pouvoir de nous sortis du clos », a lancé M. Boudreault à l’intention des élus municipaux.

« Qu’est-ce qu’on attend pour imposer des actions environnementales axées sur les résultats? Pourquoi ne pas taxer la production de déchets alors que d’autres municipalités ont prouvé l’efficacité de la mesure? Le transport actif, c’est bien, mais on ne décourage jamais l’utilisation de la voiture. Tous vos choix ont un impact environnemental indirect. Je trouve incroyable que les poubelles des épiceries remplies de nourriture encore saine soient fermées à clé alors qu’on félicite des organisateurs de projets comme le Free Go. Rien de tout ça ne serait populaire, mais nous avons besoin d’actions radicales et courageuses pour le climat », ajoute-t-il. 

Félix Boudreault a alors lancé sa suggestion d’interdire la vente de bouteilles d’eau à Sherbrooke. « Interdire les bouteilles serait un geste cohérent qui réduirait la production de matières résiduelles et qui soulignerait l’excellence de notre jus de robinet. »

Quatre piliers

La présidente du conseil, Nicole Bergeron, a mentionné que chaque geste de chaque personne compte. « On en pose parfois des gestes courageux qui ne font l’unanimité. Par exemple, pour la protection des rives, nous avons passé une réglementation. Nous donnons aux gens jusqu’en octobre 2019 pour faire des changements qui protégeront nos lacs et nos rivières. Nous l’avons imposé. 

« Qui dit développement durable dit quatre piliers : l’environnement, l’aspect humain, l’aspect économique et la culture. Chacun des citoyens doit considérer que chacun de ces piliers doit trouver un équilibre au moment de poser des actions. Nous avons interdit la vente de bouteilles d’eau dans les instances municipales. Si nous donnons l’exemple, nous espérons que d’autres dans le privé nous imiteront. Dans les organisations où vous êtes, vous pouvez demander à votre employeur de prendre cette décision. » 

Hubert Richard a pris la balle au bond. « Si on bannissait les sacs de plastique, on s’entend-tu qu’à Récup Estrie, on arrêterait d’avoir des contaminants pour le papier. On ferait un bon coup là-dessus. »

La présidente du comité de l’environnement, Karine Godbout, a confirmé que le sujet était à l’étude. « Nous regardons ce que Montréal a mis en place, parce que ce ne sont pas tous les sacs qui y ont été bannis. Nous sommes à dresser un portrait global. »

Pierre Avard a rappelé aux citoyens que les sacs de plastique recyclables doivent être regroupés dans un même sac pour éviter les bris de machinerie à Récup Estrie. 

Plusieurs conseillers se sont aussi dits préoccupés par la situation de l’environnement. Annie Godbout s’est montrée convaincue que Sherbrooke pouvait devenir un modèle pour l’ensemble du Québec. Nous avons de belles opportunités avec le centre-ville que nous devons repenser. L’enjeu des changements climatiques, c’est que 45 % de notre empreinte écologique est due à notre façon de nous déplacer. Ça implique d’être visionnaire et audacieux. »

Danielle Berthold dit que la Ville collabore avec la création du « conseil sans papier », qui a permis d’éliminer des briques de documents en papier. Les élus mangent aussi dans de la vaisselle compostable à l’hôtel de ville. Elle en a profité pour inviter les citoyens qui se présentent à l’hôtel de ville avec des documents à remettre aux élus à envoyer leurs lettres et autres dossiers par courriel.