À quand l’aménagement de bandes cyclables sur la rue du Conseil? C’est la question qu’a posée Philippe Langlois, lundi, à la séance du conseil de l’arrondissement de Fleurimont.

Bandes cyclables sur Conseil : la Ville cherche un compromis

À quand l’aménagement de bandes cyclables sur la rue du Conseil? C’est la question qu’a posée Philippe Langlois, lundi, à la séance du conseil de l’arrondissement de Fleurimont. En attendant une reconstruction complète de la rue, les élus pencheraient vers un lien cyclable qui emprunterait la rue Chalifoux.

« Ce que je viens vous demander, c’est de faire avancer de manière prioritaire le dossier des bandes cyclables sur la rue du Conseil, qui relie le centre-ville à la rue Galt. Idéalement, on aimerait que ces bandes cyclables soient unidirectionnelles, de chaque côté de la rue du Conseil, et qu’elles permettent un lien direct entre tous les quartiers de l’est et le centre-ville », a déclaré M. Langlois, qui représentait plusieurs cyclistes du quartier.

Le citoyen a rappelé que la première demande pour un lien cyclable sur cette artère remonte à 2011 et que l’aménagement de bandes réservées avait été inscrit au plan du transport actif en 2016. Il fait valoir que la rue du Conseil est une rue collectrice achalandée qui croise deux écoles, des résidences pour personnes âgées, plusieurs commerces et même un magasin de vélos.

« Les bandes cyclables améliorent la sécurité des jeunes et des moins jeunes. Elles sont aussi, selon plusieurs études, un apport positif pour les commerces de proximité et améliorent la valeur des commerces. »

Phillippe Langlois reconnaît néanmoins que l’ajout de voies cyclables pouvait entraîner une résistance des commerçants, qui perdraient ainsi des espaces de stationnement.

Le président de l’arrondissement, Vincent Boutin, a assuré que tous les élus du secteur étaient d’accord pour qu’un lien cyclable soit construit entre la rue Galvin et la rivière Saint-François. « On essaie de regarder d’autres scénarios, entre autres la rue Chalifoux, qui est plus familiale. On essaie de trouver le meilleur compromis. Nous sommes ouverts à tout et le dossier chemine. Il faut prendre en compte toutes les parties prenantes pour avoir le meilleur projet. »

« Difficile »

Le conseiller du district de l’Hôtel-Dieu, Rémi Demers, rapporte avoir pris son bâton de pèlerin pour convoquer les commerçants à une discussion portant sur le sujet.

« Honnêtement, je pensais qu’on réussirait à aller vers ce projet-là. Quand on a eu la rencontre des commerçants, ç’a été très difficile. Ils se sont presque unanimement opposés au projet en suggérant la rue Chalifoux. Ce qui a été proposé au conseil d’arrondissement, c’est de regarder une alternative, ce qui explique les délais. »

M. Demers avance que la rue Chalifoux constitue un bon compromis et souligne qu’elle croise moins de rues transversales que la rue du Conseil, en plus d’être bordée par quatre parcs et de passer à proximité de l’école du Coeur-Immaculé et des installations du CIUSSS.

Il ajoute néanmoins que la reconstruction complète de la rue du Conseil, éventuellement, deviendra une occasion d’élargir la rue, mais qu’entretemps, le compromis de la rue Chalifoux lui semble raisonnable. « Ce que je vais défendre, ce sont les irritants pour les commerçants, mais je ne mettrai pas les bâtons dans les roues d’un projet sur la rue du Conseil. »

Études

Philippe Langlois a fait valoir que des études réalisées dans la région de Montréal démontrent que la piétonnisation d’une rue accroît l’achalandage dans les commerces, malgré la perception initiale. Il ajoute que les cyclistes chercheront toujours le chemin le plus direct et n’emprunteront pas des itinéraires de compromis. Il cite la rue Bryant, qui vise à détourner les cyclistes du boulevard Jacques-Cartier pour atteindre le parc du même nom. « Les cyclistes qui arrivent du bois Beckett restent sur Jacques-Cartier. »

Enfin, Vincent Boutin prévient qu’il se méfie des études qui proviennent de Montréal parce que les réalités cyclistes et commerciales y sont différentes. Il a invité M. Langlois à lui présenter des études réalisées dans des villes comparables à Sherbrooke pour démontrer les gains commerciaux de la piétonnisation ou de la réduction de l’espace réservé aux automobiles.