Baccalauréat obligatoire pour les infirmières: la proposition est rejetée

Les infirmières du Québec n'auront pas à décrocher obligatoirement un diplôme universitaire pour exercer leur profession dans les hôpitaux de la province.
La proposition formulée par l'Ordre des infirmières et infirmiers du Québec (OIIQ) n'a pas rallié la majorité des membres du groupe de travail qui se penchait sur la question.
Devant l'absence de consensus, Québec dit donc non au baccalauréat obligatoire, a confirmé en entrevue téléphonique le ministre de la Santé, Réjean Hébert, mercredi.
«Je pense que c'est tout à fait la conclusion. Le bac obligatoire est loin d'avoir un consensus. On va garder deux voies de formation pour les infirmières», a-t-il affirmé.
Une analyse sectorielle plus approfondie sera menée afin de déterminer quelles tâches devraient revenir aux titulaires d'un diplôme d'études collégiales (DEC) et lesquelles devraient plutôt être du ressort des infirmières bachelières.
«On n'a jamais fait cet exercice-là, de déterminer quelles sont les compétences requises pour une infirmière formée au collégial et les compétences requises pour celles formées à l'université, et comment les programmes de formation devraient être modifiés, ajustés», a exposé le ministre Hébert.
La majorité des membres du groupe de travail ont exprimé le souhait de conserver une formation collégiale qualifiante, a souligné par voie de communiqué le ministre de l'Enseignement supérieur, Pierre Duchesne, dont le ministère sera responsable de l'étude sectorielle avec la collaboration du ministère de la Santé.
L'OIIQ avait demandé au gouvernement du Québec, en juin 2012, de rendre obligatoire l'obtention d'un baccalauréat en sciences infirmières avant d'accéder à la profession.
La proposition avait provoqué une levée de boucliers du côté de la Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec (FIQ) et de la Fédération des cégeps, notamment.
Par conséquent, les dissensions sur le sujet ont été si marquées pendant les consultations du groupe de travail que son président, le docteur Pierre Durand, a fini par signer le rapport en son nom personnel.
«Malgré les 11 rencontres qui se sont déroulées de janvier à novembre 2013, il n'a pas été possible d'obtenir de la part du groupe de travail un consensus sur ce que devrait être la formation de la relève infirmière au Québec», peut-on lire dans le document rendu public mercredi.
«Dans ce contexte, la FIQ faisait savoir qu'elle refuse d'avaliser et de cautionner le rapport» et «s'oppose au dépôt de ce rapport et y inscrit sa dissidence», a écrit le docteur Durand.
L'OIIQ est d'avis que le profil de sortie collégial ne correspond plus au profil requis pour répondre aux besoins évolutifs des patients, notamment en raison du vieillissement de la population.
L'auteur du rapport abonde dans le même sens et prévient qu'un rehaussement de la formation des infirmières de la relève au niveau universitaire lui apparaît comme «un incontournable».