Avis d’ébullition du 20 septembre: l’eau n’a pas été contaminée

Jonathan Custeau
Jonathan Custeau
La Tribune
La cause d’un test positif à la bactérie E. Coli à l’usine de traitement des eaux J.-M.-Jeanson, le 20 septembre, demeurera inconnue. La Ville a toutefois déterminé que la contamination de l’échantillon est vraisemblablement survenue au laboratoire d’analyse et proviendrait d’une souche fournie par le ministère de l’Environnement à des fins de contrôle.

Après une enquête qui aura duré près de trois mois, il est permis de conclure que les réservoirs d’eau potable n’ont jamais été contaminés. Le sabotage ou le geste volontaire ont été écartés. Quatre modifications ont été apportées aux façons de faire pour éviter un autre épisode semblable.

Rappelons qu’à la suite d’un test positif à l’E. Coli, un avis d’ébullition de 48 heures doit être déclenché dans toute la ville.

Jean-Pierre Fortier, chef de la division gestion des eaux et construction à la Ville de Sherbrooke, explique qu’un test est effectué chaque jour pour chacune des deux réserves d’eau potable. Après plus de 100 000 tests depuis 1977, celui du 20 septembre était le premier à présenter des résultats positifs. « Nous avons donc procédé à une analyse comparative des divers contaminants, étudié l’accès au site, rencontré le personnel concerné et examiné notre processus d’échantillonnage. Le test donnait une contamination sévère avec une quantité de bactéries indénombrable. »

Si la Ville se doutait qu’il s’agissait d’un faux positif, elle n’a pas eu le choix de respecter le protocole. Elle a lancé une enquête interne en plus d’embaucher un consultant pour contrevérifier ses expertises.

Jean-Pierre Fortier, chef de la division gestion des eaux et construction, et Daniel Picard, directeur général, sont rassurés de savoir que les réserves d’eau potable n’ont jamais été contaminées.

« Trois sources potentielles »

Un séquençage de l’ADN des bactéries a été réalisé pour confirmer qu’il s’agissait bien de l’E. Coli. « Il y avait trois sources potentielles : une source inconnue externe, une souche ministérielle servant au maintien de l’accréditation de notre laboratoire ou une souche ministérielle de contrôle pour valider la qualité de nos analyses. »

Autrement dit le laboratoire reçoit de l’eau contaminée qu’elle doit analyser pour démontrer que son processus est fiable. Il maintient ainsi son accréditation. La seconde souche ministérielle, vraisemblablement en cause, permet quant à elle de valider que le matériel de contrôle fait bien son travail.

M. Fortier confirme qu’aucune anomalie n’a été relevée dans le mouvement du personnel, qu’aucune infraction ou entrée illicite n’a été constatée et qu’aucune visite non accompagnée n’a été réalisée dans la semaine précédant les événements. Tous les employés ont collaboré pour trouver la source de la contamination.

Parmi les nouvelles mesures déployées dans le laboratoire, notons par exemple l’ajout de scellés sur les bouteilles servant à l’échantillonnage pour éviter une contamination préalable. « Le laboratoire a toujours été spic and span et il va continuer de l’être. Ç’a juste porté à notre attention d’être encore plus vigilants dans la réalisation de nos tests. »

« Ce qui nous rassure, c’est que notre système d’eau n’a jamais été mis en cause. Nous aurions été plus inquiets d’apprendre que nos réservoirs avaient été contaminés », dit le directeur général Daniel Picard.

« Nous avons aussi pu constater que notre système pour aviser les gens est adéquat et relativement efficace. »

Lors des événements du 20 septembre, la Ville a dû payer 32 heures supplémentaires à ses employés. L’enquête à l’interne s’est faite sur les heures de travail et la firme externe embauchée a obtenu un contrat pour moins de 7000 $. 

« L’argent investi pour l’enquête est un investissement judicieux pour corroborer notre enquête interne », précise Daniel Picard.