M. Boily et son partenaire d’affaires, Jonathan Gaudreault, avaient prévu d’organiser des visites de leur usine pour les touristes venant visiter Sherbrooke. 
M. Boily et son partenaire d’affaires, Jonathan Gaudreault, avaient prévu d’organiser des visites de leur usine pour les touristes venant visiter Sherbrooke. 

Aux Sherbrookois de découvrir leur ville

Tommy Brochu
Tommy Brochu
La Tribune
Cet été, ce sera aux Sherbrookois de jouer aux touristes dans leur propre ville s’ils veulent stimuler l’économie locale, pense le propriétaire du Siboire, Pierre-Olivier Boily.

« L’argent, quand on le sort de la ville, on le réinvestit ailleurs, rappelle M. Boily. Dans la prochaine année, je n’ai pas l’impression que les gens vont se lancer dans les gros voyages. Si les Sherbrookois pouvaient être leur propre touriste et découvrir leur ville d’un autre angle, ce serait parfait. Même au volet écoresponsable, je le souhaite. »

M. Boily et son partenaire d’affaires, Jonathan Gaudreault, avaient prévu d’organiser des visites de leur usine pour les touristes venant visiter Sherbrooke. « C’est un peu plate de voir que Destination Sherbrooke va avoir des budgets plus limités, mais en même temps, en cette période de pandémie, peut-être que Sherbrooke va être son propre touriste, confie-t-il. [...] Je vais faire découvrir ça aux gens de Sherbrooke pour commencer. Je n’ai pas besoin d’avoir quelqu’un de Baie-Comeau ou de l’Ontario pour commencer. Je peux prendre le carnet de tous les attraits touristiques de la ville et je peux m’occuper pour tout l’été. »

M. Boily tentera d’encourager les entreprises d’ici. « Par exemple, j’ai souvent bu des vins de la Halte des pèlerins, mais je ne suis jamais allé au vignoble. C’est un peu spécial comme situation. Parfois, on va en vacances aux États-Unis ou au Saguenay, mais on ne s’occupe pas de notre propre ville. On doit se faire un devoir dans la prochaine année de redonner », considère-t-il. 

Destination Sherbrooke

M. Boily comprend la décision de la Ville de couper dans Destination Sherbrooke, mais souhaite que les employés gardent leur poste. « Pour les deux prochaines années, c’est peut-être prudent de la Ville de couper. Mais les commerçants, on a toujours besoin d’aide. Et c’est toujours apprécié d’avoir des organisations comme Destination Sherbrooke qui sont toujours derrière nous quand on pousse pour le tourisme », analyse-t-il. 

« Une année de pause pour se restructurer, je n’ai pas tant de problème avec ça. L’important c’est d’avoir un bon plan stratégique », dit-il, réitérant sa confiance envers les gens qui sont en place. 

Le copropriétaire du Siboire ne perçoit pas de mauvaise volonté dans ces coupes. « Je pense qu’on a besoin du tourisme. Peut-être que le tourisme de demain va être un peu différent, mais peut-être que dans quelques années, en fonction du plan stratégique, ça va être différent », exprime-t-il.

« Pas recevable » 

Sylvain Lo Ré, propriétaire du restaurant portant son nom, considère que ces coupes ne sont pas anormales. Mais la direction que veut emprunter la Ville de Sherbrooke vers le tourisme sportif et le tourisme d’affaires le dérange. « C’est anormal et normal en même temps. L’explication donnée n’est pas recevable. On ne va pas s’orienter vers les rassemblements sportifs alors qu’on n’en aura pas durant 18 mois », analyse-t-il. 

Le tourisme culturel amène des clients au restaurant de M. Lo Ré.

Le tourisme culturel amène des clients au restaurant de M. Lo Ré. « De plus en plus, les gens font un combo, explique le restaurateur. Ils vont au théâtre et au restaurant. [...] Je pense qu’il va falloir qu’il y ait une remise en question de tout le monde sur ce qu’on offre à nos clients. Le pouvoir d’achat a été amputé. Je ne pense pas que ce soit une reprise explosive où les gens vont sortir huit soirs de suite. »

Est-ce que les Sherbrookois pourront compenser l’argent qui était dépensé en ville par les touristes? « La difficulté, c’est le pouvoir d’achat », répond M. Lo Ré.