Si la communauté musulmane réclame son propre cimetière à Sherbrooke, il existe déjà des cimetières multiconfessionnels, comme celui-ci à la Coopérative funéraire de l'Estrie.

Autre demande pour un cimetière musulman

La demande d'un cimetière pour la communauté musulmane à Sherbrooke a refait surface, lundi, au conseil municipal de Sherbrooke. Madjid Djouaher, de l'Association culturelle islamique de l'Estrie, citait Régis Labeaume pour inciter les élus sherbrookois à se prononcer sur le sujet.
Pendant la période de questions, M. Djouaher a souligné l'élan de solidarité à la suite de l'attentat survenu à Québec le 29 janvier. « Régis Labeaume a promis lors des funérailles à Québec de consacrer un cimetière à la communauté musulmane, une chose qui va être faite et pour laquelle, je l'espère, tout le monde y trouvera son compte. »
« Si M. Labeaume a promis cette chose-là, c'est qu'il a le pouvoir de le faire. Je vous demande si vous avez ce pouvoir, d'autant plus que vous représentez l'Union des municipalités du Québec. »
Le maire Bernard Sévigny a répondu que M. Labeaume avait expliqué qu'il accompagnerait la communauté musulmane de Québec à identifier un site pour un cimetière. « Nous avons eu des discussions avec certains membres de la communauté musulmane. Même avant les Fêtes, il y a eu une rencontre pour vous accompagner. C'est l'orientation que nous conserverons, c'est-à-dire de travailler avec vous pour identifier un site, que ce soit sur le territoire de la Ville de Sherbrooke ou en périphérie. Ce que j'ai demandé à nos services cette semaine, c'est de renouer ce contact et de poursuivre avec vous l'identification et le cas échéant, la réalisation d'un cimetière. »
Cimetières multiconfessionnels
Il existe néanmoins des cimetières multiconfessionnels à Sherbrooke, notamment le cimetière Elmwood et les deux cimetières de la Coopérative funéraire de l'Estrie, où les membres de la communauté musulmane pourraient être enterrés.
François Fouquet, directeur général de la Coopérative funéraire de l'Estrie, rapporte avoir déjà rencontré l'Association culturelle islamique de l'Estrie. « Elle nous avait demandé si elle pouvait acheter une partie de terre de notre cimetière. J'avais donc amené la question à notre conseil d'administration. »
Il a toutefois été convenu qu'il était possible d'acheter des lots, mais pas une parcelle du cimetière qui serait aménagée selon les critères de la communauté. « Dans nos cimetières, nous reproduisons le modèle de la société. Il est tout à fait possible qu'une personne catholique vive à côté d'une personne musulmane. Il est donc possible qu'une personne catholique soit enterrée à côté d'une personne musulmane. »
M. Fouquet rapporte d'ailleurs qu'une des communautés musulmanes de Sherbrooke retient déjà les services de la Coopérative funéraire de l'Estrie et que plusieurs de ses membres sont enterrés dans un des cimetières multiconfessionnels.
« Ce qui est plus inquiétant, c'est que personne d'autre au Québec n'a eu de coup de main de l'État pour aménager un cimetière », ajoute-t-il, ne voyant aucun problème à ce qu'une aide soit fournie pour dénicher un terrain.
« Le portrait de société tel qu'elle est demande davantage des cimetières multiconfessionnels que plusieurs petits cimetières de plusieurs confessions. »