La libérale Marie-Claude Bibeau a obtenu une deuxième mandat dans Compton-Stanstead avec une majorité de 3043 voix sur le bloquiste David Benoît.

«Au moins on regarde tous dans la même direction», dit Bibeau

La députée réélue de Compton-Stanstead envisage avec optimisme le mandat de gouvernement minoritaire que les Canadiens ont donné lundi aux troupes libérales du chef Justin Trudeau.

« Quand on prend le choix des électeurs à travers le pays, il y en a le deux tiers qui a voté pour des partis qui sont progressistes et qui veut qu’on en fasse plus pour l’environnement. C’est un message très très fort et pour plusieurs on était d’accord, à l’exception des conservateurs, à aller dans cette direction-là. Il reste à s’arrimer au niveau des moyens pour y arriver, mais au moins on regarde tous dans la même direction », fait valoir la libérale Marie-Claude Bibeau.

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Au lendemain de l’élection qui lui a donné 3043 voix de majorité sur son plus proche rival, le bloquiste David Benoît, celle qui a été ministre du Développement international et de la Francophonie, puis ministre de l’Agriculture et de l’Agroalimentaire dans son premier mandat tentait de reprendre un rythme un peu plus normal quand La Tribune l’a jointe mardi.

« Il faut laisser les deux équipes reprendre leurs fonctions. Autant ici, dans le comté, qu’au Ministère [de l’Agriculture] (...). Ici l’équipe était en congé sans solde pour une grande partie de la campagne électorale, mais en même temps on a été tellement en contact avec la population durant ces six semaines qu’il n’y a pas eu de coupure avec les gens. »

Comme députée, Marie-Claude Bibeau œuvrera donc dans la continuité de ses dossiers et elle se réjouit qu’avec deux nouvelles collègues libérales dans les circonscriptions voisines de Sherbrooke et de Brome-Missisquoi, les Cantons-de-l’Est auront une voix encore plus forte pour se faire entendre à Ottawa.

À ceux qui reprochent aux libéraux leurs déficits dans une économie qui se porte pourtant bien, elle brandit à nouveau le verdict des Canadiens. « La position du Bloc là-dessus était moins claire parce qu’ils ne peuvent pas gouverner, mais si on ne prend que le NPD et les libéraux, c’est une majorité de Canadiens qui veut qu’on investisse plus pour la transition énergétique, pour avoir un avenir plus vert, pour lutter contre les changements climatiques et qu’on investisse aussi dans les programmes sociaux et dans les Canadiens de façon générale. Je pense que la majorité s’est exprimée clairement à cet égard. Là où il y a des différences, c’est dans la manière d’atteindre ces objectifs-là. (...) J’ai confiance qu’on va trouver un terrain commun pour bien travailler et avancer, parce qu’un des messages forts qu’on a reçus pendant cette campagne, c’est qu’il y a urgence climatique et qu’il y a urgence d’agir. »

Trio libéral

La députée libérale se réjouit par ailleurs de voir deux autres femmes élues dans les cinq circonscriptions que compte la région, alors qu’elle était la seule femme au côté de quatre députés estriens ces quatre dernières années.

« C’est une bonne nouvelle, on essaie toujours d’avoir plus de femmes en politique et on a vraiment fait des efforts pour en recruter, et en recruter dans des comtés qui se gagnent. C’est une fierté pour moi », exprime-t-elle en précisant que son passage au ministère du Développement international avait été l’occasion d’une prise de conscience du rôle qu’elle-même pouvait jouer pour la défense des droits des femmes et l’égalité des chances.

Avec les collègues libérales Élisabeth Brière dans Sherbrooke et Lyne Bessette dans Brome-Missisquoi, elle assure que la chimie opère déjà. « On s’est rencontrées à plusieurs reprises, je voulais les aider et leur expliquer un peu à quoi s’attendre. Je pense que toutes les trois on va avoir une belle complicité, c’est prometteur. »

Quant à savoir si elle accédera à nouveau au conseil des ministres, Marie-Claude Bibeau refuse de spéculer.

« On va laisser M. Trudeau faire sa réflexion. Moi je suis prête à prendre les responsabilités qu’il va me confier, quand il sera prêt à en parler. Si je me fis à l’expérience de 2015, c’est à suivre d’ici 10 à 15 jours. »