Lisa Pometti a suivi ses cours de l’Université de Sherbrooke à distance depuis la France.
Lisa Pometti a suivi ses cours de l’Université de Sherbrooke à distance depuis la France.

Attendre dans l’incertitude 

Lilia Gaulin
Lilia Gaulin
La Tribune
SHERBROOKE — Lisa Pometti, étudiante à la maîtrise en génie mécanique à l’Université de Sherbrooke, a dû attendre plusieurs mois afin d’obtenir tous les documents nécessaires dans l’optique de venir étudier dans la Belle Province. 

L’obtention de la certification d’acceptation du Québec (CAQ) et du permis d’études sont une route remplie d’incertitude pour les étudiants internationaux notamment en temps de pandémie. 

Mme Pometti était à Sherbrooke au moment de faire sa demande pour son permis d’études au mois de juillet dernier. Un long processus s’en est suivi. Elle a dû rentrer en France pour prendre ses données biométriques, pour répondre aux exigences gouvernementales, comme les Centres de Service Canada étaient fermés en raison de la COVID-19. « J’ai dû retourner en France pour prendre les données en sachant très bien que je ne pouvais pas retourner au Québec, puisque les frontières étaient fermées », note l’étudiante.  

La jeune femme effectue une maîtrise en recherche. « J’ai commencé à distance depuis le 31 août. Comme je n’ai pas beaucoup de cours, je peux m’arranger. J’ai de la chance, car mes cours sont le matin à Sherbrooke, donc l’après-midi en France. Par contre, pour tous ceux qui ont des cours l’après-midi au Québec et bien c’est tard le soir ici. Je pense qu’il y a des étudiants qui sont dans des positions beaucoup plus difficiles que je le suis », explique-t-elle humblement. 

Selon Mme Pometti, l’UdeS a assuré un bon suivi avec les étudiants internationaux. « Je trouve que l’université nous a prévenus assez d’avance. J’ai reçu un courriel si je me rappelle bien en juillet qui nous disait que les cours allaient être à distance. Si je compare avec la France, personne ne savait ce qui allait se passer durant l’été. L’Université de Sherbrooke avait l’air assez bien organisée et elle nous a encadrés. »  

Une communication déficiente

La communication entre les étudiants internationaux et les instances gouvernementales canadiennes et québécoises est complexe. « C’est très difficile. En fait, je n’ai même pas essayé de savoir, car en fait, personne ne peut donner les informations. Au début du mois d’octobre, il y a eu une conférence de presse annonçant que les frontières allaient rouvrir pour les étudiants internationaux le 20 octobre. Avant cette conférence de presse, nous n’avions pas d’information à propos de quand elles allaient rouvrir. Par contre, je ne dénonce pas la situation, car les étudiants sont privilégiés par rapport aux travailleurs en ce moment. Je m’estime chanceuse de pouvoir venir étudier au Québec », évoque-t-elle. 

Le soir avant de s’entretenir avec La Tribune, la jeune femme a reçu la lettre tant attendue en vue de l’obtention de son permis d’études après plusieurs mois d’attente. Elle s’envolera dimanche prochain pour le Québec. Elle devra effectuer une quarantaine de deux semaines à son arrivée. 

« Il y a des gens qui ont fait leur demande avant moi et qui n’ont toujours pas reçu leur lettre. C’est hyper particulier. Tu ne peux pas savoir quand tu vas la recevoir. Tu ne peux donc pas prévoir ton voyage. Dès que tu l’as reçue, tu peux partir », conclut-elle.