Tristan Grégoire s’est rendu au camp de base du mont Everest avant d’entreprendre l’ascension du sommet du mont Lobuche, à 6120 mètres d’altitude. Son expédition lui a permis d’amasser 30 000 $ pour dix organismes de bienfaisance de l’Estrie.

Atteindre les sommets pour des bonnes causes

L’an dernier, son expédition au sommet du Kilimandjaro lui a permis d’amasser 13 000 $ pour la Maison Aube-Lumière. Cette année, Tristan Grégoire a atteint le camp de base de l’Everest et a fait l’ascension du Lobuche Peak. Une aventure qui lui a permis d’amasser 30 000 $ qui seront distribués à dix organismes de bienfaisance de la région.

« C’est vraiment un projet communautaire. Sans les gens, je n’aurais pas pu atteindre mes objectifs. Autant au niveau des dons qu’au niveau des ascensions », explique le Sherbrookois de 25 ans qui est revenu au pays lundi dernier. 

Lorsqu’il est revenu l’an dernier, Tristan Grégoire savait qu’il repartirait. Mais pas aussi rapidement. Finalement, par un concours de circonstances, les événements se sont bousculés. Une invitation du célèbre alpiniste Gabriel Filippi pour se rendre au camp de base du mont Everest a été l’élément déclencheur. « Le tout s’est décidé en 24 h en décembre dernier. Initialement, on devait juste aller au camp de base, qui est à 5364 mètres d’altitude. Mais comme j’avais déjà monté le Kilimandjaro, qui est à 5800 mètres, et que je voulais me dépasser en allant encore plus haut, on a ajouté le défi du Lobuche Peak dont le sommet est à 6120 mètres. » 

Une urgence de vivre a aussi motivé celui qui, un mois après son retour du Kilimandjaro, recevait un triste diagnostic. Atteint d’une maladie dégénérative qui touche les vertèbres dorsales, Tristan Grégoire ne sait pas à quel rythme la maladie évoluera. « En résumé, je vais devenir comme le bossu de Notre-Dame. Certains sont en fauteuil roulant à 30 ans. Pour d’autres, la maladie peut être dormante pendant des années », souligne le sportif de nature.

L’expédition s’est déroulée entre le 27 mars et le 22 avril. « L’ascension vers le camp de base s’est bien passée. Pour le Lobuche Peak, ç’a été plus compliqué. On était dans la grosse neige avec nos cordes, nos harnais et nos crampons et la dénivellation était énorme. Un faux mouvement pouvait être extrêmement dangereux. On devait s’acclimater à l’altitude, il y avait des risques d’œdème cérébral ou pulmonaire », note-t-il.

Deux des cinq participants de l’expédition au Lobuche Peak ont d’ailleurs dû abandonner et faire demi-tour. « Il faut vraiment écouter son corps et ne pas vouloir à tout prix atteindre le sommet. Moi aussi, j’ai vraiment pensé abandonner. » 

Le plus beau et le pire moment de l’aventure sont liés. « Ce sont les dernières heures avant le sommet du Lobuche. J’avais froid, j’avais le souffle court, ma réserve d’énergie était à 10 ou 15 %. Au moment où j’ai pensé baisser les bras, j’ai commencé à nommer mes pas. À chaque pas, je nommais un donateur ou un commanditaire. Et une chance, ils étaient nombreux. Ça m’a permis de cumuler mes pas jusqu’au sommet tout en me permettant de me connecter à tous ces gens. Au sommet, j’ai pleuré comme un bébé. » 

Au départ, l’objectif du Sherbrookois était de récolter 15 000 $. Il en a amassé le double. Les dix bonnes causes ont été sélectionnées par le grimpeur. « Ce sont des coups de cœur. Aussi, j’ai essayé de choisir des causes peut-être moins connues du grand public et cette année, je voulais partager la somme pour en aider plusieurs », explique celui qui tient à remercier tous ceux qui lui ont fait un don en argent, en équipement, en temps d’entrainement.

« Tous les dons en argent vont aux causes. De mon côté, j’ai payé tous les frais liés à mon voyage », précise le jeune entrepreneur.

La Fondation des sports adaptés, les Résidences Monchénou, le Groupe Probex, la Fondation du Salésien, la Grande Table, les Enfants GIOIA, l’Association sportive des jeunes handicapés de l’Estrie, les sourires d’Emrick, la Fondation de la fontaine et la Libellule sont les organismes qui se diviseront le 30 000 $.

Tristan Grégoire ne prévoit pas se mesurer à un autre sommet de cette taille à l’avenir. En marchant, il a pensé à un nouveau défi. Former sa petite famille. Il a déjà commencé à remplir les formulaires d’adoption.