Atelier de design : piétonne ou pas la rue Wellington Sud?

La mixité des usages sur la rue Wellington Sud figurait au centre des préoccupations de l'atelier de design participatif du projet Well inc. jeudi soir. Un peu plus de 80 personnes se sont déplacées au Centre des arts de la scène Jean-Besré pour partager leur vision d'avenir pour cet axe routier.
Divisés en 14 équipes, les participants ont été appelés à proposer des aménagements de l'espace public pour une partie de la rue Wellington Sud, ce qui alimentera la rédaction du plan directeur d'aménagement et de développement du secteur en question. « L'exercice nécessitait que les gens fassent des choix parce que l'espace public n'est pas illimité. Nous leur avions fourni des plans identiques à ceux qu'utilisent nos urbanistes pour travailler », résume Philippe Cadieux, responsable des partenariats publics pour le Quartier Well inc.
« La façon de faire permettait d'avoir des débats. La rue doit-elle être piétonne? Doit-on faire une place pour les cyclistes et les automobilistes? C'est l'enjeu majeur qui est ressorti. Les gens sont arrivés à un consensus selon lequel il doit y avoir une place mieux définie pour chacun dans cette rue. Majoritairement, il y avait une préoccupation de donner au moins un accès sporadique aux automobiles. La Wellington Sud doit aussi devenir un lieu de rencontre. »
La place importante qu'on souhaite accorder aux piétons constitue l'une des surprises de cette soirée. « Si nous avions tenu cette consultation il y a dix ans, nous n'aurions pas du tout été au même point. Il y a beaucoup de gens qui utilisent le transport actif. On voit qu'il y a eu un cheminement à travers les années. La population veut une place plus conviviale pour le transport actif. »
M. Cadieux souligne le besoin d'homogénéité du secteur, pour permettre une connectivité plus importante avec la rue du Dépôt ou le secteur des Grandes-Fourches. Mais il ajoute du même souffle l'importance d'être innovant. « Nous voulons une signature unique. Évidemment, il y a une limite budgétaire, mais il y a moyen de faire quelque chose qui se distinguera. Ferons-nous la piste cyclable au centre? Aurons-nous des lampadaires particuliers? Ça reste à définir. »
Concrètement, l'ajout d'un parc dans le tronçon de rue et la possibilité d'organiser les terrasses des restaurants comme en Europe ont été évoqués. « Il faut quelque chose d'attrayant qui incitera les gens à aller sur Wellington Sud. Il faudra des éléments qui connectent avec la philosophie du plan directeur de la rue King Ouest également, mais il faut aussi créer une unicité pour chaque secteur. Il faut la même philosophie, mais des identités différentes. »
La question du verdissement de la rue Wellington Sud pour réduire les îlots de chaleur a aussi été abordée.
M. Cadieux se dit satisfait de l'achalandage à l'atelier de design. « Nous avons rencontré la firme responsable du plan directeur pour la première fois le 13 juillet et nous avons tenu la consultation le 20. La page est encore blanche. Tout est à faire. Nous avons vu des participants que nous ne sommes pas habitués de voir dans les consultations publiques, notamment des gens qui vivent au centre-ville depuis plus de 20 ans et qui ont vu le quartier évoluer. La mobilisation était mixte. Il y avait aussi 13 commerçants. Ce n'est pas rien, surtout qu'ils sont extrêmement occupés dans leurs commerces. Nous pouvions donc voir les propositions sous divers angles. »
L'objectif est d'arriver à un plan d'action au courant de l'automne. Une nouvelle consultation est prévue en novembre. Le plan final devrait être déposé aux élus du nouveau conseil municipal en décembre.
Un sondage est par ailleurs en ligne jusqu'au 29 septembre au sherbrooke.ca/wellinc. Il comporte les mêmes questions que lors de l'atelier de design. « J'ai reçu plus de 200 courriels de gens qui veulent s'exprimer sur le projet. Nous accueillons toutes les suggestions. »