Maïté Dumont, au centre avant, accompagnée de la Brigade de la diversité corporelle d’Arrimage Estrie.

Arrimage Estrie tient une friperie à sa manière

Même lorsqu’il s’agit d’ouvrir une friperie d’un jour, Arrimage Estrie voit les choses autrement. « C’est trompeur de choisir ses vêtements par la grandeur, ça nous limite », estime Maïté Dumont, membre du conseil d’administration de l’organisme sherbrookois.

Les vêtements de la friperie de la diversité culturelle, organisée dimanche à La Capsule Bistro-Cinéma pour marquer la Journée internationale sans diète, ont donc été classés par types. Il s’agit d’une méthode qui impose de se concentrer sur ce qu’on aime porter, plutôt que sur ce qu’on peut porter. Même les morceaux féminins et masculins ont été mélangés. « On voulait mettre ça tout ensemble pour ne pas entrer dans les stéréotypes », mentionne Mme Dumont.

Méthode de sensibilisation

Chez Arrimage Estrie, les intervenantes travaillent principalement sur le développement de l’esprit critique. « On développe les facteurs de protection, comment on fait pour se bâtir une estime de soi. » Selon Maïté Dumont, il faut être ouvert à la diversité corporelle et aux différences pour comprendre que les représentations médiatiques ne sont pas nécessairement la réalité.

Lors des activités d’Arrimage, les membres parlent des causes, ils n’abordent pas les troubles alimentaires tels quels. « On utilise souvent l’image de l’iceberg où le trouble est seulement la pointe », explique Maïté Dumont. Les rencontres de l’organisme permettent aux membres de travailler sur la confiance en soi et sur l’acceptation de ses différences. Cette acceptation les mènera à combattre le trouble et à l’accepter comme une partie d’eux-mêmes.

Un processus de travail sur soi

« Avant, je voyais le trouble alimentaire comme une pathologie, quelque chose que je voulais éradiquer », témoigne une jeune femme rencontrée à la friperie, qui a préféré garder l’anonymat. Bénévole pour l’activité d’un jour, elle s’est d’abord fait recommander Arrivage par des amis et des psychologues. Son cheminement avec l’organisme lui a fait comprendre que son trouble fait partie d’elle. « Arrimage m’a appris à m’accepter avec mes vulnérabilités », partage la femme de 21 ans. Aujourd’hui, elle se considère comme rétablie, mais n’ose toujours monter sur la balance. Elle accepte ses pensées culpabilisantes et apprend à vivre avec ses faiblesses,

Prévenir le plus tôt possible

« J’ai commencé à me préoccuper de mon apparence à l’âge de 7 ans », confie la jeune femme. Elle et Maïté Dumont s’entendent donc pour dire qu’il faut faire de la prévention le plus tôt possible auprès des jeunes, car les problèmes d’estime de soi prennent racine à l’enfance. C’est pourquoi Arrimage Estrie se déplace dans les écoles secondaires pour parler d’apparence et d’acceptation, et non pas pour parler de troubles qui se développeront dans l’adolescence ou à l’âge adulte. « Arrimage nous force à regarder l’intérieur qu’on a tendance à mettre de côté », insiste la jeune femme.

« Je m’apprécie beaucoup plus », c’est ce qu’elle répond aujourd’hui si on lui demande ce qu’elle voit lorsqu’elle se regarde dans le miroir. La jeune femme choisit d’aider lors d’événements comme la friperie pour redonner aux gens ce qu’Arrimage Estrie lui a apporté de positif.