La protestation des jeunes Américains contre les armes à feu se poursuit aux États-Unis.

Armes à feu : Bishop’s lance un appel aux étudiants américains sanctionnés

Dans la foulée de la fusillade meurtrière en Floride, le principal de l’Université Bishop’s Michael Goldbloom lance un appel aux étudiants américains qui pourraient être sanctionnés pour avoir manifesté pacifiquement. Bishop’s emboîte ainsi le pas à plusieurs institutions américaines au sein du mouvement #neveragain.

« Au cours des prochaines semaines, nous sommes conscients que plusieurs étudiants et étudiantes d’écoles secondaires américaines entreprendront des actions pacifiques afin de contester la violence causée par les armes à feu et ainsi influencer l’établissement de mesures plus strictes sur la possession d’armes à feu. Certaines écoles ainsi que certains directeurs ont mentionné que les étudiants manifestants pourraient faire face à des mesures disciplinaires à la suite des protestations. Si vous considérez l’Université Bishop’s pour vos études postsecondaires, sachez que vous êtes, à notre égard, de véritables sources d’inspiration et que nous sommes là pour vous », a fait valoir M. Goldbloom dans un message diffusé sur les médias sociaux.

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Bishop’s dit ne pas savoir quelles sanctions seront imposées, puisque plusieurs événements sont à venir, dont une grande marche le 24 mars.

Un courriel a aussi été transmis « à plus de 200 étudiants américains potentiels qui ont soumis une demande d’admission » à Bishop’s pour la session d’automne 2018. Un envoi a aussi été fait par courriel auprès de 300 conseillers en orientation américains.

Rappelons qu’une tuerie dans une école a fait 17 morts à Parkland en Floride. Le tireur était un ancien élève du lycée. À la suite de la tragédie, le président américain Donald Trump a proposé d’armer une partie des enseignants au pays. Sa proposition a soulevé l’ire de nombreux citoyens à travers le pays.

Sous l’impulsion du mouvement #neveragain, des jeunes se sont mobilisés pour réclamer un meilleur encadrement des armes à feu.

Après avoir constaté ce qui se passait en sol américain, Michael Goldbloom dit s’être rappelé la tuerie de l’Université d’État de Kent (ou Kent State) alors qu’il étudiait aux États-Unis. 

La garde nationale avait alors tiré sur des étudiants qui manifestaient pacifiquement le 4 mai 1970. Quatre d’entre-eux sont décédés. Ils manifestaient contre l’intervention américaine au Cambodge annoncé par le président Richard Nixon. Des manifestations et une grève s’en étaient suivies. Michael Goldbloom se souvient qu’une proposition de grève était sur la table dans l’établissement où il étudiait.

« L’administration de notre école nous a avisés que si on faisait quelque chose, on risquait d’être expulsés et que notre admission à l’université serait peut-être retirée. J’avais 17 ans, j’étais admis à Harvard. On se disait que nos admissions étaient importantes (...), mais qu’il fallait démontrer qu’on était solidaire, malgré cette menace. Nous avons décidé de faire la grève. Je me disais que ça aurait été bien, en 1970, si les universités nous avaient dit qu’elles ne mettraient pas en péril nos admissions. »

Bishop’s fait partie des établissements au pays qui a connu une hausse des demandes d’admission des étudiants américains à la suite de l’élection du président Donald Trump. Ces demandes d’admission ne se sont cependant pas traduites par un nombre important d’inscriptions réelles.

Bishop’s compte environ 150 étudiants des États-Unis.

Michael Goldbloom