Sarah-Maude Thivierge, élève en coiffure, était heureuse d’offrir de son temps pour coiffer des résidents et des résidentes du CHSLD Argyll, dont Camille Audy qui, elle, était très heureuse de profiter de ce moment détente et beauté.

Argyll transformé en salon de beauté

Le CHSLD Argyll s’est transformé en salon de beauté mercredi après-midi. Une dizaine d’élèves en coiffure du Centre 24-Juin ont passé l’après-midi à l’Hôpital et centre d’hébergement Argyll pour couper les cheveux ou coiffer une vingtaine de résidents de l’endroit.

L’initiative d’inviter les élèves en coiffure est née de Margaux Terrier, chef de service au CHSLD Argyll. « Se faire coiffer, c’est un moment de bonheur, une douceur pour les résidents. L’idée est de faire plaisir aux résidents, qu’ils puissent se faire dorloter, chouchouter. Ce sont souvent des gens qui ont moins l’occasion d’avoir des activités comme celles-là. C’est un beau partenariat qu’on fait avec la communauté, avec l’école du 24-Juin. Ça permet aussi d’introduire la communauté ici, dans nos murs, et ça c’est toujours positif », soutient Mme Terrier.

« Ce projet est porteur et motivant pour nos élèves. En plus de mettre à contribution leur savoir-faire, il leur permet de développer leur savoir-être, un élément essentiel pour les professionnels de la coiffure », explique Julie Marcoux, directrice adjointe au Pavillon du Vieux-Sherbrooke du Centre 24-Juin.

Les usagers étaient heureux de l’activité. Rarement y a-t-il autant d’animation l’après-midi dans leur routine quotidienne.

Camille Audy a quelques mèches rouges dans ses cheveux. Visiblement, elle se fait coiffer régulièrement.

« J’aime ça me faire coiffer! Moi vous savez, j’ai vécu toute ma vie à East Angus. J’ai travaillé à la Domtar toute ma vie. Mais aujourd’hui, je n’ai plus de parenté là-bas alors c’est correct d’être à Sherbrooke. Je suis toute seule maintenant », dit-elle d’une seule traite.

« Ça fait du bien! »

« Je suis bien heureux de me faire couper les cheveux. Et bien heureux d’avoir eu une aussi jolie coiffeuse », ajoute d’un air gêné Claude Bournival.

« Moi je vais être honnête : c’est l’fun, ça fait du bien! », s’exclame Aline Labrie entre deux chansons - visiblement, cette dame adore la chanson.

Les élèves en coiffure, des nouvelles comme des finissantes, étaient aussi ravies de sortir des murs de l’école pour donner de leur temps généreusement auprès de la clientèle hébergée.

« Quand les professeurs nous l’ont proposé, j’étais très contente. Ça nous permet de pratiquer, mais c’est surtout une occasion de faire plaisir, de faire du bien à d’autres », souligne l’étudiante Sarah-Maude Thivierge.

Dans le cadre de l’activité, personne n’a été oublié. Tous les résidents intéressés ont eu droit à leurs coups de ciseaux. « Nous avons une partie de notre clientèle qui présente des troubles cognitifs avec des risques d’agressivité. On ne peut pas nécessairement laisser n’importe qui les approcher. Mais il y avait deux élèves en coiffure qui ont des formations de préposées aux bénéficiaires (PAB) et qui ont accepté de venir les coiffer. Nous étions contents, parce que c’est aussi important que cette clientèle-là puisse vivre de beaux moments », soutient Mme Terrier.

Parmi elles, il y avait Catherine D’Amour, qui était heureuse de coiffer cette clientèle aux besoins particuliers.

« Comme ancienne PAB, ça me touchait beaucoup de faire ça avec ma classe. J’ai un lien facile avec les personnes âgées. Pour les personnes qui avaient un risque d’agressivité, ça ne m’a pas arrêtée; j’aime travailler avec cette clientèle-là », souligne-t-elle.

L’ensemble du personnel du CHSLD a dû mettre l’épaule à la roue pour réussir à mener l’activité à bien dans le cadre de leurs journées très bien remplies. Une préposée aux bénéficiaires, par exemple, ne s’est pas laissé décourager quand une de ses patientes a refusé de faire coiffer dans sa chambre. Elle l’a amenée dans le salon où se déroulait une grande partie des activités de coiffure et de mise en plis pour tenter de la convaincre de se faire dorloter à son tour. « Je vais essayer de la convaincre; ça lui ferait du bien », a-t-elle dit.