Plusieurs membres de la Vigile en santé et sécurité au travail de l’Estrie se sont rassemblés vendredi devant le pavillon Émile-Noël de l’Hôtel-Dieu pour faire de la sensibilisation concernant l’épuisement professionnel.

Appel aux députés : il faut contrer l'épuisement professionnel

La Vigile en santé et sécurité au travail de l’Estrie interpelle les nouveaux députés de la région pour combattre l’épuisement professionnel. Plusieurs membres se sont rassemblés vendredi devant le pavillon Émile-Noël de l’Hôtel-Dieu pour faire de la sensibilisation.

L’épuisement professionnel ou burnout est encore un véritable fléau pour les travailleurs selon la Vigile qui regroupe des organismes communautaires et des syndicats de la région.

« Les causes et les solutions sont connues, mais malheureusement il n’y a pas assez de volonté politique pour régler la situation, mentionne Patrick Morin, coordonnateur du comité des travailleurs accidentés de l’Estrie. On parle entre autres de conditions de travail précaires et de doubles ou même de triples quarts de travail. Ce qui est pernicieux de l’épuisement professionnel, c’est qu’il n’y a pas seulement une cause. C’est sur le long terme. Ce sont de petites choses qui font que les travailleurs finissent par s’épuiser. »

Les chiffres des départs volontaires sont alarmants selon Emma Corriveau, vice-présidente du Syndicat canadien de la fonction publique section locale 44-75 qui représente environ 5400 travailleurs de soin et de soutien au CIUSSS de l’Estrie-CHUS.

« Pour l’année fiscale 2017-2018, on avait 563 départs, souligne-t-elle. Parmi les raisons de ces départs, il y a quelques insatisfactions du travail, des retraites, des retours aux études et des changements de secteurs, mais les départs volontaires progressent chaque année. Pour la dernière année fiscale, nous avons eu 89 départs volontaires et actuellement nous en avons plus d’une centaine en seulement cinq mois. » 

« Les gens sont prêts à faire des sacrifices financiers pour une meilleure qualité de vie, ajoute-t-elle. Il y a deux fois plus de départs que d’embauche. C’est une question de temps avant qu’on frappe un mur. »

Jusqu’à la maison

Les impacts de l’épuisement professionnel ne se font pas sentir que dans le milieu de travail selon M. Morin.

« Il va y avoir des impacts sur l’économie du Québec, on manque déjà de main-d’œuvre et le taux d’absentéisme élevé fait juste empirer la situation, explique-t-il. Et malheureusement, les impacts concernent aussi la famille autour. On peut parler de violence conjugale, séparation, difficultés à l’école pour les enfants. C’est un fléau qui touche tout le monde. »

Et même aujourd’hui, les préjugés ont leur part de responsabilité selon lui.

« La situation ne cesse d’empirer depuis les années 90, résume-t-il. Il y a beaucoup de pression des collègues de travail qui peuvent penser que la personne est lâche ou simplement fatiguée. Les gens manquent d’outils. On ne compile pas les données de façon précise et on ne reconnaît pratiquement jamais les burnout. On parle beaucoup, mais on ne bouge pas assez. La santé mentale est encore un tabou ce qui fait en sorte que personne ne s’attaque vraiment au problème ».

Les syndicats régionaux multiplieront les efforts dans les prochains mois pour sensibiliser les gens davantage à l’épuisement professionnel. Des rencontres avec les nouveaux députés de la région sont d’ailleurs au calendrier dans les prochaines semaines.