Yves Desjardins est président-directeur général du Regroupement québécois des résidences pour aînés (RQRA), un organisme qui regroupe 751 gestionnaires et propriétaires de résidences, à la tête de plus de 89 000 unités locatives dans tout le Québec.

Appel à l’aide des petites résidences pour aînés

Au cours des cinq dernières années, 450 résidences pour aînés ont fermé leurs portes au Québec, dont 395 sont des petites résidences de moins de 50 unités situées en milieu rural. Et alors que se rapproche la date butoir pour l’installation des gicleurs dans les résidences, l’étau se referme sur les propriétaires qui sont incapables d’augmenter leurs revenus au même rythme que leurs dépenses. Des dizaines de résidences sont à risque de fermeture.

« Chaque fois qu’une résidence en milieu rural ferme ses portes, on sort les aînés de leur communauté. On les déracine. Pourtant, c’est un droit de vieillir dans sa communauté », soutient Yves Desjardins, président-directeur général du Regroupement québécois des résidences pour aînés (RQRA), un organisme qui regroupe 751 gestionnaires et propriétaires de résidences, à la tête de plus de 89 000 unités locatives dans tout le Québec.

Dans la dernière année en Estrie, une résidence pour aînés à Weedon et une à Cookshire-Eaton ont fermé leurs portes.

Au total, il y a présentement 140 000 aînés québécois qui habitent dans quelque 1797 résidences privées.

De ces 1797 résidences, il y en a encore 600 à ce jour qui n’ont pas de systèmes de gicleurs. Le travail pour en arriver à une finalité avant la date butoir du 20 décembre 2020 est énorme. Voire impossible.

Espoir

Mais l’espoir est peut-être permis. En effet, l’automne dernier, la ministre Marguerite Blais a affirmé sa volonté d’agir rapidement pour sauver ces résidences pour aînés.

« Nous en sommes très contents et nous réitérons notre intention de travailler main dans la main avec elle ainsi que son ministère afin de mettre en place l’accompagnement nécessaire pour les résidences pour aînés en difficulté. Plusieurs pistes de solution sont envisagées, dont la bonification du crédit d’impôt pour le maintien à domicile des aînés, la mise en œuvre d’une stratégie de recrutement et de rétention de la main-d’œuvre en résidences et l’application d’une méthode de fixation des loyers tenant mieux compte de la réalité des résidences pour aînés », explique M. Desjardins.

« La ministre responsable des aînés, Marguerite Blais, nous a écoutés avec attention. Nous lui avons exposé certains problèmes. Par exemple, il y a une subvention assez généreuse pour le financement des systèmes de gicleurs. Par contre, le remboursement est effectué après les travaux, étalé sur cinq ans. Pour les petites résidences qui doivent tout financer, le défi financier est impossible. L’argent du gouvernement est là, donc, mais il n’arrive pas assez tôt dans le processus. La ministre a laissé entendre qu’elle pourrait revoir la façon d’offrir le remboursement. Ce serait un énorme pas en avant », clame M. Desjardins.

« Pendant que les petites résidences ferment dans les plus petites municipalités, il y a des grosses résidences qui naissent dans les grands centres comme Sherbrooke. C’est bien et ça répond à des besoins, mais ça ne répond pas à ceux des gens qui veulent rester dans leur communauté », nuance Yves Desjardins.

Au fil des années, les normes de sécurité se sont resserrées pour les résidences pour aînés. Les dépenses ont sans cesse continué d’augmenter; il suffit de penser au coût de la nourriture, de l’électricité, etc. Mais les revenus demeurent fixes.

« Notre modèle d’affaires est simple; il n’y a que trois choses à prendre en compte. D’abord il y a les dépenses. Ensuite il y a les revenus, qui sont les loyers, tout simplement. Ensuite, il faut prendre en compte la capacité de payer de nos locataires. Plusieurs ne sont pas capables de payer plus », ajoute-t-il.