C'est dans cette autocaravane que la famille Côté devait vivre une aventure de cinq mois.
C'est dans cette autocaravane que la famille Côté devait vivre une aventure de cinq mois.

Annuler son voyage de cinq mois à cause de la COVID-19

Tommy Brochu
Tommy Brochu
La Tribune
Marie-Ève Lehouillier et sa famille travaillaient sur ce voyage depuis un an. Dans leur autocaravane, ils devaient prendre le chemin du sud-est des États-Unis et revenir par l’Ouest canadien, un périple qui devait durer cinq mois. À cause de la COVID-19, le projet s’est finalement conclu avant même de commencer, le vendredi 13 mars, journée où la malchance a pris tout son sens.

« Sur le coup, c’est difficile. On était dans nos derniers préparatifs. On devait partir le lundi. On avait tout finalisé, il restait seulement à remplir le motorisé », s’attriste la maman de Mégan et Jacob, qui devait quitter le Québec avec eux et son conjoint Martin Côté.

« On se dit qu’en même temps, ça reste un voyage, relativise-t-elle. On est en santé, mais on le préparait depuis longtemps et on a mis beaucoup d’argent de côté pour ça. » 

Selon elle, les enfants prennent la situation un peu plus facilement que les adultes. « Ma grande trouvait ça difficile de partir et de quitter ses amis. Mais elle était avec nous dans la préparation, donc ç’a été difficile. C’est encore un peu difficile, car il y a de l’incertitude. On se demande si on peut retourner au travail, car notre congé différé est commencé. Si tel est le cas, ça veut dire qu’ils devront aller au service de garde. Mon garçon me disait qu’il était content, car on avait le temps de jouer [avec lui] », explique Marie-Ève Lehouillier.

Marie-Ève Lehouillier, Martin, Jacob et Mégan Côté devront reporter ou annuler leur voyage à cause de la COVID-19.

S’ils veulent concrétiser leur rêve, la famille Côté devra recommencer à économiser. « On a quand même investi des dizaines de milliers de dollars, rappelle-t-elle. La pandémie va finir par passer, notre projet n’est pas nécessairement à l’eau. Notre objectif de voyage était de découvrir des paysages, mais c’était aussi de passer du temps en famille et d’arrêter de courir. On peut dire que la deuxième partie est accomplie, mais il va falloir économiser durant longtemps pour la première. »

Déçue, la famille arrive néanmoins à tirer une morale de cette mésaventure. « Je pense que ça va être d’apprendre à vivre avec l’incertitude, on ne peut pas tout contrôler. Si on réussit à faire le voyage, ça va être un exemple de persévérance », résume Mme Lehouillier.

Du positif émerge également de cette crise. « Tout le monde ralentit, tout le monde passe du temps en famille, on prend le temps », dit-elle, pensant que du côté environnemental, la situation est également positive.

La mère de famille rappelle que la priorité, c’est la santé publique. « Ce ne sera pas facile dans les hôpitaux pour les semaines à venir. Voyager reste un luxe, on est avec le reste de la population », résume l’auteure du blogue Famille à l’aventure.