Les autobus scolaires ne sont pas allés chercher les enfants à l’école, vendredi après-midi.

Annulation des transports scolaires vendredi : bon ou mauvais choix ?

Était-ce un bon ou un mauvais choix d’annuler le transport scolaire vendredi après-midi dernier en pleine tempête automnale? Si des parents et des automobilistes ont décrié la situation, d’autres ont plutôt défendu la Commission scolaire de la Région-de-Sherbrooke.

Andréanne Douillard est maman de deux enfants qui vont à deux écoles différentes. L’un étudie à l’école Larocque dans une classe spéciale et l’autre à l’école de quartier. Elle considère que la CSRS aurait dû offrir le service de transport scolaire. L’école Larocque lui a laissé un message sur le téléphone résidentiel, tandis que Notre-Dame-du-Rosaire lui a envoyé un courriel, raconte-t-elle. 

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« Je comprends qu’il aurait fallu trouver des routes alternatives pour certains circuits d’autobus, mais est-ce que ç’a valu la peine de prendre tout le monde en otage pour quelques circuits? » demande la mère de famille.  

Stéphane Simoneau relativise

Le coordonnateur aux mesures d’urgence pour la Ville de Sherbrooke, Stéphane Simoneau, a tenu à relativiser le tout. « Ce que j’ai dit à la commission scolaire, c’est que ça m’apportait des difficultés supplémentaires, que je ne comprenais pas pourquoi ils le faisaient, mais je n’avais pas toutes les données de l’organisation qui la menait à cette décision. Quand on gère une situation d’urgence, que ce soit une ville, une entreprise ou un organisme, on fait un portrait global de nos opérations. Il faut le connaître et mesurer chacun des impacts, ce que je ne suis pas capable de faire pour la commission scolaire », exprime-t-il, soulignant qu’il ne veut pas mettre d’animosité entre les deux organisations. 

« Eux, dans leur prise de décision, ils ont eu l’analyse d’une réflexion, mais je ne suis pas au courant des impacts, enchaîne M. Simoneau. Est-ce que c’était possible de ne pas annuler le transport scolaire? Avec le peu qu’on m’a dit après, je comprends mieux pourquoi ils ont pris la décision. Ils ont de bonnes raisons de le faire et ça a totalement du sens. Est-ce que ça m’a causé des problèmes? C’est sûr que ç’a été énorme à gérer. »

« Il faut faire attention, les gens vont penser que la CSRS a fait une erreur. Je ne pense pas qu’ils ont fait une erreur. [...] On devrait s’asseoir, la commission scolaire et nous, pour mesurer les impacts. On aurait peut-être dû appeler la commission scolaire le matin même pour décider de ne pas ouvrir les écoles. Ç’a dégénéré tellement vite, personne ne l’avait vu venir. Même si on avait pris de l’avance, on a été dépassés. Il y a certainement des leçons à apprendre de cela, je ne veux surtout pas perdre le niveau de collaboration de cette organisation », résume-t-il. 

La CSRS explique

Dans une lettre envoyée à la direction des écoles dont La Tribune a obtenu copie, la CSRS explique sa décision. « [...] En milieu de journée, 25 % des parcours ne pouvaient être effectués, ayant un impact sur une multitude d’autres parcours. Devant ce constat, nous avons préféré annuler l’ensemble du transport scolaire plutôt que de laisser des parcours scolaires être débutés, sans savoir s’ils seraient complétés. Nous étions conscients qu’en annulant le transport à cette heure de la journée, vous auriez à gérer une situation complexe.   

« Nous savions aussi que cette décision créerait une pression sur le réseau routier, et c’est la raison pour laquelle nous avons communiqué avec l’équipe des mesures d’urgence de la Ville de Sherbrooke de même qu’avec le Service de police afin de les informer de notre décision. Il nous apparaissait impensable de prendre le risque de laisser partir des enfants en autobus, sans savoir s’ils se rendraient en toute sécurité à la maison », explique-t-elle. 

La CSRS n’a pas voulu commenter la situation dimanche.