L'arrivée du magnat de la presse Pierre-Karl Péladeau comme candidat du PQ s'impose comme le fait saillant de la semaine.

Analyse : PKP, le fait saillant de la semaine

L'arrivée du magnat de la presse Pierre-Karl Péladeau comme candidat du Parti québécois (PQ) s'impose comme fait saillant de la campagne électorale cette semaine.
<p>Isabelle Lacroix</p>
«Ce qui est impressionnant, c'est qu'il est demeuré le fait saillant toute la semaine», observe Isabelle Lacroix, professeure à l'École de politique appliquée de l'Université de Sherbrooke.
L'annonce a été faite dimanche dernier et a continué de faire couler de l'encre depuis, pendant que les chefs du Parti libéral du Québec (PLQ) et de la Coalition avenir Québec (CAQ) Philippe Couillard et François Legault, faisaient ressortir les enjeux éthiques de cette candidature dans Saint-Jérôme.
Beaucoup de voix se sont élevées, cette semaine, en raison du fait que Pierre-Karl Péladeau est l'actionnaire de contrôle de Québecor. Plusieurs s'inquiètent notamment des répercussions sur la liberté de presse et de l'influence qu'il pourrait exercer sur le gouvernement.
L'annonce s'est faite un dimanche, alors que la campagne était un peu plus tranquille; elle a été bien planifiée par le PQ, estime Mme Lacroix.
L'arrivée de cette grosse pointure au sein du PQ pourrait toutefois être une arme à double tranchant.
Certes, PKP est un candidat vedette, qui rallie une partie de l'électorat. En contrepartie, il n'est pas nécessairement associé à l'image que se fait l'électorat du PQ.
«Les gens ont une image plus sociale-démocrate du PQ, qui ne colle pas à M. Péladeau. Il y a un danger qu'une partie de l'électorat se dise : Si c'est là que le PQ s'en va, je n'embarque pas.''»
La professeure de l'UdeS cite au passage les nombreux lock-out décrétés sous la gouverne de M. Péladeau. Les prochains sondages risquent donc d'être forts intéressants.
La fortune de M. Péladeau suscite aussi l'attention, comme ce fut le cas pour la première ministre Pauline Marois. «Qu'est-ce qui dérange les Québécois dans le fait d'avoir des élus fortunés? La question de la représentativité, que cette personne ne représente pas le Québécois moyen? Est-ce l'impression qu'ils viennent chercher autre chose?», dit-elle en faisant allusion au fait que M. Péladeau n'a pas besoin d'un salaire de député pour vivre.
Chose certaine, l'arrivée de M. Péladeau au sein du PQ a mis la question de la souveraineté à l'avant-scène, ce qui n'est pas nécessairement une bonne chose pour le parti souverainiste. «Quand il parle de ça, il ne parle pas d'autre chose», note Mme Lacroix.
Cela a aussi donné des munitions au PLQ, qui a pu taper sur le clou de l'indépendance. Interrogée sur les bons coups de la semaine, elle cite d'ailleurs au passage Philippe Couillard, qui a récupéré la question de la souveraineté pour taper sur ce clou.
Un mauvais coup? «Du côté de M. Legault, j'ai été surprise qu'il tape sur les syndicats si tôt dans la campagne», dit-elle en notant qu'il s'est ainsi placé dans un «mode conflictuel». M. Legault a mis de l'avant, mardi, certaines propositions visant à «moderniser» le syndicalisme. Il a notamment fait valoir qu'un gouvernement caquiste exigera des instances syndicales la divulgation de leurs états financiers et qu'il modifiera le Code du travail afin d'instaurer le vote secret pour toute demande d'accréditation ou pour son maintien.
NDLR : Isabelle Lacroix, professeure à l'École de politique appliquée de l'Université de Sherbrooke, commentera les allures que prend la campagne électorale chaque samedi dans les pages de La Tribune.