Il n'est pas question de relancer les mines de chrysotile à Thetford Mines (notre photo) et à Asbestos, selon le Mouvement ProChrysotile, mais des projets de valorisation des résidus miniers sont en marche et pourraient être compromis si le projet de loi C-321 est adopté.

Amiante: ProChrysotile joint sa voix à l'opposition

Dans une lettre adressée aux premiers ministres Justin Trudeau et Philippe Couillard, le président du Mouvement ProChrysotile, Serge Boilard, affirme que le Mouvement ProChrysotile s'oppose au bannissement tous azimuts de tout produit contenant de l'amiante.
Le président du Mouvement ProChrysotile dénonce vivement les pressions des lobbies anti-amiante et le dépôt récent du projet de loi C-321 par une députée du NPD réclamant de bannir l'amiante sous toutes ses formes et surtout tous les produits qui en contiennent.
M. Boilard fait remarquer au premier ministre Trudeau que l'adoption d'un tel projet de loi mettrait en péril d'importants projets de valorisation des résidus miniers de même que tous les projets de recherche et de développement en cours. « L'impossibilité de valoriser de manière responsable ces résidus constituerait un frein majeur à la diversification économique de nos régions. »
Le président Boilard précise qu'il n'est nullement question de relancer les mines de chrysotile fermées depuis au moins cinq ans à Thetford Mines et à Asbestos.
« Nous sommes à l'ère post-exploitation de la fibre chrysotile. (...) Les centaines de millions de tonnes de résidus miniers contiennent plus de 22 pour cent de magnésium, de nickel et de chrome. Des projets d'extraction de ces métaux sont déjà amorcés. Des centaines d'emplois pourraient être créés d'ici peu. Votre gouvernement doit tenir compte de cette réalité et accompagner nos populations dans notre développement économique régional que nous voulons responsable, durable et ambitieux », plaide-t-il auprès du premier ministre Justin Trudeau.
Quant à l'appel lancé au premier ministre du Québec, il est de la même nature.
« Nos populations sont vivement préoccupées par l'hypothèse plausible de l'adoption d'un projet de loi radical et potentiellement catastrophique pour nos régions en Chaudière-Appalaches et en Estrie qui comptent environ 750 000 personnes », fait valoir M. Boilard dans sa lettre au premier ministre Philippe Couillard.
« Monsieur le premier ministre, c'est un S.O.S que nous vous lançons et nous vous demandons à nouveau d'intervenir énergiquement auprès du premier ministre du Canada afin que le projet de loi du NPD soit rejeté. »
Dans les deux lettres, Serge Boilard insiste également sur le fait que l'amiante exploité dans les régions touchées est la fibre chrysotile et que les risques pour la santé et l'environnement sont dans des ordres de grandeur totalement différents que pour les amphiboles.
Pas encore de débat sur l'amiante à l'UMQ
L'éventuel projet de loi du gouvernement fédéral visant à interdire la fabrication, l'utilisation et la vente de l'amiante n'avait pas fait l'objet de discussions au caucus de l'Union des municipalités du Québec (UMQ) avant la réunion qui se tenait mercredi soir à Sherbrooke. Le maire de Sherbrooke et président de l'UMQ, Bernard Sévigny, s'attendait toutefois à ce que le président du caucus, Hugues Grimard, maire d'Asbestos, aborde la question.
« Je m'attends à ce que le président du caucus en parle. C'est le genre de dossier plus ponctuel qui peut faire l'objet de discussions. La position du Conseil régional des élus est déjà connue. Il propose une utilisation sécuritaire des produits de l'amiante. La position régionale est claire là-dessus », a commenté M. Sévigny.
Le maire de Thetford Mines, Marc-Alexandre Brousseau, siège lui aussi au conseil d'administration de l'UMQ. « Le rôle de l'Union est de représenter ses membres, alors il est possible d'amener le sujet. La porte est toujours ouverte, mais nous n'avons pas fait de débat organisé encore sur cette question qui est à la fois scientifique, médicale et économique. Il n'y a pas eu de réflexion sur l'amiante à l'UMQ. »
L'ensemble des municipalités de la province se rangeront-elles derrière la région, où des députés provinciaux, notamment Karine Vallières et Laurent Lessard, et fédéraux, Luc Berthold et Alain Rayes, ont déjà manifesté leurs inquiétudes?
« Il y a franchement un enjeu, mais les intentions fédérales ne sont pas claires. C'est ce qui crée le débat. Encore faut-il avoir de la clarté sur les intentions du fédéral. » Avec Jonathan Custeau