Sophie Robillard proposera une activité d’une heure trente aux activités aux aînés.

Alzheimer : deux types d’intimidation à bannir

Les gens souffrant de la maladie d’Alzheimer sont souvent victimes d’intimidation. Pour la chargée de projets et animatrice à la Société Alzheimer de l’Estrie, Sophie Robillard, des discussions sont nécessaires pour que les aînés soient sensibilisés à la situation.

Selon Mme Robillard, les aînés malades sont victimes de deux types d’intimidation : sociale et verbale. « L’intimidation sociale, c’est de l’exclusion. C’est de ne pas inclure une personne dans les activités, car elle n’est pas assez vite, car elle oublie tout le temps. Aussi, celles-ci se font parfois insulter ou les gens font des commentaires comme “elle n’est pas vite vite” qui peuvent blesser la personne malade », indique-t-elle.

« Il y a plus d’intimidation chez les gens atteints d’alzheimer que chez les aînés en général, poursuit Sophie Robillard. Quand les personnes sont malades, ils ont parfois des comportements déroutants. Ils ont un comportement involontaire qui est causé par la maladie, qui occasionne de l’inconfort et des questionnements chez les personnes autour d’eux. »

Même s’ils sont malades, la plupart des gens exclus comprennent qu’ils sont laissés de côté. « Certains s’en rendent compte et d’autres non, explique l’animatrice. En début de maladie, ils comprennent très bien ce qui est en train d’arriver et ça paraît sur leur comportement. Ils vont s’isoler un peu plus. Ça blesse autant quelqu’un de malade que n’importe qui. »

Cette situation existe depuis longtemps, selon Mme Robillard. « C’est comme à l’école. Ça doit exister depuis que les maisons pour personnes âgées existent, mais on en parle peu et c’est peu dénoncé », affirme-t-elle.

Des solutions
Pour sensibiliser les aînés, Mme Robillard se déplacera dans les nombreuses résidences pour personnes âgées de l’Estrie. Des 50 résidences visées, déjà 30 se sont dites intéressées à recevoir la visite de la Société Alzheimer de l’Estrie.

« On a tourné des capsules vidéo qui mettent en scène des situations d’intimidation, explique Mme Robillard. Avec l’aide du public, on réfléchit à des scènes alternatives à l’intimidation. Dans la deuxième portion, il y a un jeu-questionnaire qui sert à défaire des mythes et à donner de l’information sur la maladie d’Alzheimer. »

« La campagne contre l’intimidation du ministère de la Famille nous a aidés à démarrer le projet. Les conseillères et accompagnatrices ont vu des situations. On trouvait important de mettre cela sous les projecteurs. Les capsules sont généralement faites à partir de faits vécus », assure l’animatrice.

Mme Robillard aimerait que les aînés de partout en province soient sensibilisés à l’intimidation des gens atteints de la maladie d’Alzheimer. « Pour l’instant, nous sommes partout sur le territoire de l’Estrie. J’ai proposé de faire un clé en main pour que d’autres Sociétés Alzheimer puisse s’en servir. Ils auraient les capsules et un mode d’emploi pour l’animation. J’aimerais que ça fasse des petits », résume-t-elle.

Les premiers rendez-vous sont prévus pour le 3 avril.