Le chef de la direction d’Alliance Magnésium, Dr Joël Fournier, a expliqué que l’usine de démonstration commerciale permettra de fignoler le procédé en produisant 11 700 tonnes métriques de magnésium par année.

Alliance Magnésium franchit une nouvelle étape

Le gouvernement du Québec octroie près de 31 M$ pour l’implantation d’une usine de démonstration commerciale d’Alliance Magnésium. Cette usine de fabrication, construite à Danville, entraînera la création de 63 emplois.

Le député de Sherbrooke Luc Fortin et la députée de Richmond Karine Vallières en ont fait l’annonce mardi en conférence de presse.

« C’est un projet d’un peu plus de 104,9 M$. Évidemment, il y a une contribution du gouvernement de 31 M$, c’est une somme quand même importante. Ça démontre que l’on croit au potentiel de ce projet-là », indique M. Fortin.

L’entreprise et ses partenaires travaillent sur le projet depuis 2014, année où l’installation d’Alliance Magnésium avait été annoncée à Asbestos. « C’est une annonce majeure pour le développement économique, social et culturel chez nous », ajoute Mme Vallières.

Cette étape est la phase de précommercialisation d’Alliance Magnésium, qui produit du magnésium contenu dans la roche serpentine. Il s’agit d’un test pour l’entreprise, avant qu’elle se lance dans la construction d’une grande usine commerciale.

« On lance la production commerciale à petite échelle, ça va nous permettre d’entrer sur le marché et de vendre notre métal aux acheteurs qui vont l’utiliser et le qualifier. On vise deux grands marchés principalement l’aluminium, mais aussi l’industrie automobile et aérospatiale », explique le Dr Joël Fournier, chef de la direction technologique de l’entreprise.

Le magnésium, extrait des résidus miniers, permet d’alléger les composantes des structures industrielles ; le secteur des transports en est notamment le principal acheteur.

Une deuxième étape

L’usine de démonstration qui assurera la production de 11 700 tonnes métriques de magnésium par année représente donc la deuxième étape sur trois du projet. 

Cette phase s’avère essentielle pour que l’entreprise se dirige vers la construction de l’usine commerciale prévue pour 2022. Celle-ci doit fournir pas moins de 50 000 tonnes métriques de magnésium par an. L’usine de démonstration permettra de tester et d’améliorer certains aspects de la technologie avant l’étape finale du projet.

« On accompagne l’entreprise depuis le début du projet pilote, on souhaite aller vers cette grande usine commerciale qui pourra employer 300 personnes ici dans la région. On sera encore là pour soutenir l’entreprise au besoin », a commenté le ministre de la Famille Luc Fortin concernant l’implication du gouvernement dans la troisième étape du projet.

En mai 2017, le gouvernement avait accordé un prêt de 4,1 M$ à Alliance Magnésium pour la mise en activité de l’usine pilote, qui représentait la première étape du projet.


« On accompagne l’entreprise depuis le début du projet pilote, on souhaite aller vers cette grande usine commerciale qui pourra employer 300 personnes ici dans la région. »
Luc Fortin

En décembre 2017, l’entreprise annonçait avoir fait l’acquisition de la quasi-totalité des actions des sociétés Métallurgie Magnola et Mines Magnola. Alliance Magnésium devenait donc propriétaire des sites industriel et minier de Magnola. D’ailleurs, l’usine de démonstration sera construite sur les anciennes fondations.

Pas comme Magnola

Sachant que l’ancienne usine de magnésium Métallurgie Magnola a cessé ses activités en 2003, en raison principalement de la chute du prix du magnésium sur les marchés, est-ce qu’il faut s’inquiéter de la réussite d’Alliance Magnésium ?

« Le marché est complètement différent. On annonce une usine de 2000 tonnes, dans un paysage d’au-delà d’un million de tonnes qui se vend et qui s’utilise, on est dans une situation de très forte croissance de la demande, ce qui n’était pas le cas à l’époque », rassure le Dr Fournier.

Le Dr Joël Fournier explique que l’usine pilote d’Alliance Magnésium fera bientôt place à une usine de démonstration commerciale, à Danville.

Une production sécuritaire

Dans les derniers mois, le gouvernement fédéral ainsi que plusieurs directeurs de la Santé publique au Québec ont dit souhaiter restreindre l’utilisation de l’amiante, une substance cancérigène trouvée dans les résidus miniers. Sachant qu’Alliance Magnésium manipulera des résidus ciblés, cela pourrait-il inquiéter?

« La première des choses, c’est qu’on n’est pas une partie du problème, mais une partie de la solution. On fait une digestion du résidu, ça détruit 100 % des fibres (dont l’amiante). On élimine le problème. Et la manutention, ça va se faire avec les plus hauts degrés de sécurité. Le matériel est déjà extrait et on l’amène à l’usine, c’est 250 pieds de camions à faire, on n’a pas à approcher la population », explique le Dr Joël Fournier, chef de la direction technologique de l’entreprise.

Plusieurs suivis récurrents de mesure de qualité seront faits auprès du ministère de l’Environnement et de la Santé publique.

« L’entreprise a des pratiques exemplaires et est en lien constant avec la direction générale de la Santé publique et le Dr Généreux, qui s’est d’ailleurs déjà prononcée sur la place publique sur ce projet-là. Il faut dire que dans le produit fini, l’amiante est complètement extrait », commente le député de Sherbrooke Luc Fortin.

La directrice de la Santé publique en Estrie, Dr Mélissa Généreux, qualifiait de positif le projet de décontaminer les résidus pour extraire le magnésium, ce que propose l’entreprise d’Asbestos, puisque cette pratique contribuera à détruire les fibres d’amiante dans les résidus miniers.

« C’est la production de magnésium la plus verte au monde, on va se démarquer non seulement par cet aspect, mais aussi par la production en général. On est sur la carte Asbestos et Danville avec cette entreprise en croissance. On va devenir un joueur compétitif et essentiel dans cette industrie », a commenté la députée Karine Vallières.