Ce contenu vous est offert gratuitement, il ne vous reste plus de contenu à consulter.
Créez votre compte pour consulter 3 contenus gratuits supplémentaires par jour.
Il est tout à fait possible d’avoir un bon contrôle de ses allergies saisonnières.
Il est tout à fait possible d’avoir un bon contrôle de ses allergies saisonnières.

Allergies saisonnières ou COVID-19 ?

Marie-Christine Bouchard
Marie-Christine Bouchard
La Tribune
Article réservé aux abonnés
La saison des allergies saisonnières est déjà bel et bien commencée au Québec. Comme chaque année, un Québécois sur cinq affrontera ses désagréables symptômes durant une partie des trois saisons fleuries : nez qui coule et qui pique, éternuements, yeux rouges et enflés qui chauffent ou qui pleurent, mal de gorge ou congestion nasale et même perte du goût et de l’odorat…

Mais pour la deuxième année consécutive, les gens souffrant d’allergies saisonnières devront se poser des questions quand leurs symptômes débuteront afin de protéger ceux qu’ils côtoient : est-ce vraiment une allergie? Est-ce que mes symptômes pourraient être ceux d’une infection à la COVID-19?
« Nous sommes dans une année où on surveille nos symptômes plus qu’habituellement, où tout symptôme prend une plus grande importance », soutient la Dre Alexandra Langlois, allergologue et immunologue clinique au CIUSSS de l’Estrie-CHUS.
Or quand on regarde la liste des symptômes qui nécessitent d’aller passer un test de dépistage de la COVID-19 sur l’Outil d’évaluation des symptômes de la COVID-19, on y retrouve le « mal de gorge, le nez qui coule ou la congestion nasale (de cause inconnue) et la perte du goût et de l’odorat ».
Cause connue?
Mais attention, il existe quelques trucs pour faire la distinction entre les symptômes des allergies saisonnières et ceux de la COVID-19, de même qu’il existe plusieurs traitements efficaces pour lutter contre les symptômes.
« Quand on a des allergies depuis plusieurs années et que l’on connait ses symptômes, la mention entre parenthèses « de cause inconnue » est importante parce que si on sait qu’on mouche parce que le niveau du pollen de l’érable ou du bouleau est élevé, alors on n’a pas besoin de s’inquiéter », nuance la Dre Langlois.
Une caractéristique distingue aussi les allergies saisonnières des infections virales : les allergies, ça pique!
« Les allergies, ça pique, que ce soit le nez, la gorge, les yeux. C’est assez typique comme symptôme d’allergie », indique l’allergologue et immunologue.
De plus, les allergies répondent généralement bien aux antihistaminiques. « Le soulagement n’est pas toujours à 100 %, mais les antihistaminiques font généralement une différence au moins partielle », ajoute-t-elle.
La perte du goût et de l’odorat peut aussi survenir chez les gens qui souffrent d’allergie. Or on sait que ce sont des symptômes fortement caractéristiques de la COVID-19.
« Avec la COVID-19, la perte du goût et de l’odorat arrive subitement. Avec les allergies, ça s’installe graduellement au cours des jours », précise l’allergologue-immunologue.

Les enfants aussi peuvent souffrir d’allergies saisonnières, parfois dès l’âge de trois ans.

Des solutions
Cette année, alors que s’amorce la troisième vague sur le Québec, les gens qui mouchent ou éternuent auront peut-être tôt fait d’inquiéter leurs collègues de travail ou leurs camarades de classe. En effet, il y a beaucoup de personnes qui souffrent d’allergies saisonnières qui ont tendance à banaliser leurs symptômes, à dire qu’il s’agit « juste » d’allergies. Mais ces allergies peuvent avoir des conséquences invalidantes, menant à de l’absentéisme au travail ou à l’école par exemple.
« Il faut aussi savoir que les gens n’ont pas besoin de souffrir ou d’endurer les symptômes. Il existe des trucs simples pour traiter ou éviter les allergies », indique la Dre Alexandra Langlois.
Outre les trucs d’éviter la corde à linge et de préférer la climatisation aux fenêtres ouvertes quand le niveau de pollen est élevé, il y a aussi des médicaments qui peuvent être recommandés par son médecin de famille ou par son pharmacien. Plusieurs sont en vente libre.
« Pour les gens qui ont des symptômes légers, il y a les comprimés d’antihistaminiques. Il y a plusieurs classes, vendues sous des noms comme Réactine, Claritin et Aérius. Il faut cependant mettre en garde contre l’utilisation du Benadryl. Oui, il est efficace pour les allergies saisonnières, mais son effet dure moins longtemps que les autres et il a plus d’effets secondaires comme la somnolence et la difficulté à se concentrer », explique la Dre Alexandra Langlois.
Et si ça ne fonctionne pas, il y a d’autres alternatives. L’eau salée sert à nettoyer le nez. Il y a aussi différents médicaments en vaporisation nasale, soit de cortisone qui sert à réduire l’inflammation dans le nez, soit des antihistaminiques pour lutter directement contre l’allergie.
Et quand rien ne fonctionne, les patients peuvent choisir d’aller jusqu’à la désensibilisation, qui évolue sans cesse.
« Il faut bien s’informer. C’est tout à fait possible d’avoir un bon contrôle de ses allergies saisonnières », insiste la Dre Langlois.
Fait à noter, les enfants aussi peuvent souffrir d’allergies saisonnières, parfois dès l’âge de trois ans, et être soulagés par les mêmes médicaments mais adaptés à leur âge. Les allergies peuvent cependant apparaître à tout âge, parfois même après la quarantaine.
Toutefois, si son état s’aggrave, que la fièvre se met de la partie ou que la toux augmente de façon importante, il faut aussi être vigilant et consulter si nécessaire. « Il n’est pas impossible d’avoir des allergies et de contracter aussi la COVID-19 », précise la Dre Langlois.