Philippe Couillard

Allégations: Couillard réitère sa confiance en Jean-Marc Fournier

Le premier ministre Philippe Couillard a réitéré sa confiance dans son leader parlementaire, Jean-Marc Fournier, lundi, à la suite des révélations du Journal de Montréal selon lesquelles M. Fournier et un de ses collègues du cabinet auraient participé à une rencontre avec un influent promoteur immobilier, dont l'objet visait une «question de développement et/ou de dézonage de terrains en retour de contributions au Parti libéral du Québec».
Ces allégations font partie d'une lettre de huit pages que le président de la Fraternité des policiers de Montréal, Yves Francoeur, aurait transmise à la Sûreté du Québec.
«Il faut prendre ça avec un grain de sel, a dit M. Couillard. Moi, j'ai confiance en M. Fournier, qui va continuer à présenter son côté de cette histoire-là.»
M. Couillard s'est refusé à attaquer la crédibilité du président de la Fraternité des policiers de Montréal, mais a souligné qu'il y avait «une erreur de fait majeure dans ce qui est publié ce matin quant à la présence de M. (Raymond) Bachand à un événement».
En entrevue avec Cogeco Nouvelles, le leader parlementaire, Jean-Marc Fournier, a admis avoir assisté à la rencontre avec le promoteur immobilier, mais il a indiqué qu'il avait été accompagné non pas de Raymond Bachand, mais de l'ex-ministre Claude Béchard, décédé à l'âge de 41 ans en 2010.
La rencontre avec le promoteur immobilier s'est tenue dans un immeuble d'habitation connu situé au 1000, rue de la Commune, à Montréal.
Le premier ministre, qui participait à New York à une table ronde sur le changement climatique dans le cadre de Climate Week NYC, a rappelé que dès que M. Francoeur a lancé ses accusations initiales, tant la Direction des poursuites criminelles et pénales (DPCP) que l'Unité permanente anticorruption (UPAC) ont ouvert des enquêtes. «Et à ce que je sache, il n'y a rien qui est sorti de là», a dit M. Couillard.
«Les gens font leur travail et j'ai confiance en M. Fournier», a-t-il ajouté.
M. Couillard a exprimé des réserves quant à la mise sur pied éventuelle d'un mode de nomination indépendant du commissaire de l'UPAC et du directeur du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM). «Il y a très peu d'exemples dans le monde où on mélange le pouvoir législatif à ce type de pouvoir exécutif-là que sont les forces policières», a-t-il dit.
M. Couillard a rappelé que le rapport de la Commission Charbonneau n'a pas fait une telle recommandation. «Il y a un comité de sélection, il y a un processus rigoureux. Est-ce qu'il y a quelqu'un honnêtement, avec les enquêtes en cours, les procès, est-ce qu'il y a quelqu'un qui sérieusement peut dire actuellement que l'UPAC est sous influence politique? Bien non, c'est clair.»
L'opposition veut la tête de Fournier
Les propos du premier ministre Couillard n'ont cependant pas convaincu le chef de l'opposition officielle, Jean-François Lisée, et le député solidaire de Mercier, Amir Khadir.
Tous deux ont réclamé la tête du ministre et leader du gouvernement.
Selon M. Lisée, le premier ministre devrait écarter M. Fournier du conseil des ministres, au moins le temps que les enquêtes policières menées sur les allégations proférées par M. Francoeur aient connu leur conclusion.
«Pourquoi est-ce que le premier ministre ne le suspend pas pour le temps de l'enquête? C'est incompréhensible», a commenté M. Lisée en point de presse, en marge d'une réunion du caucus péquiste, dénonçant au passage ce qu'il a appelé «l'immunité libérale» dont aurait apparemment bénéficié M. Fournier auprès des corps policiers.
Le député solidaire Amir Khadir pense quant à lui que M. Fournier devrait démissionner, à la fois en raison des allégations récentes et de son passé politique.
«Ça fait longtemps qu'il aurait dû démissionner», a-t-il dit, lors d'un point de presse, associant M. Fournier aux «années de corruption libérale» du l'ancien gouvernement Charest.