Un cas de punaises de lit a été détecté à la Résidence Bellevue, qui fermera ses portes le 28 février.

Alerte aux punaises de lit

Un cas de punaises de lit a été détecté à la Résidence Bellevue, qui fermera ses portes le 28 février. Le problème a été constaté par Pierre Chapdelaine, propriétaire de la Résidence Murray, un des cinq centres d'hébergement qui accueilleront la semaine prochaine les 44 locataires de la Résidence Bellevue.
Le propriétaire de la Résidence Murray Pierre Chapdelaine.
M. Chapdelaine procède systématiquement à l'inspection de l'ancien appartement de tous les nouveaux pensionnaires de la Résidence Murray.
« Le transfert de pensionnaires d'une résidence à une autre peut contribuer à la propagation de punaises de lit, un fléau au Québec qui ne touche pas uniquement les résidences pour personnes âgées, mais aussi les immeubles à appartements et les hôtels. Comme j'ai déjà vécu le problème, notamment après l'accueil d'une personne qui arrivait de la Résidence Bellevue, je ne prends aucun risque. J'ai demandé à un exterminateur, hier, de faire une inspection dans la chambre des deux résidents qui arriveront dans les prochains jours », note M. Chapdelaine qui préfère payer une soixantaine de dollars pour une inspection avant le déménagement de ses nouveaux locataires plutôt que de devoir débourser entre 2000 et 3000 $ pour une extermination ultérieure liée à une infestation de punaises de lit.
« C'est malheureux, les punaises et je sympathise avec le propriétaire de la Résidence Bellevue, mais c'est pas une raison pour pas en parler. C'est pas en fermant les yeux que le problème se réglera. La Résidence Murray a mis en place des mesures pour être certaine de ne plus être infestée. Une autre inspection sera d'ailleurs faite à l'arrivée des deux résidents », ajoute M. Chapdelaine.
Deux punaises trouvées
C'est l'entreprise Maheu Protection Parasitaire qui a procédé lundi à l'inspection de la Résidence Bellevue. « Dans une des deux chambres, nous avons découvert une punaise vivante. Et dans l'autre chambre une punaise morte et des taches ont été détectées. Ces dernières pouvaient dater d'avant la dernière décontamination », note Ronald Maheu qui travaille dans le domaine depuis une soixantaine d'années et qui a observé la hausse récente des infestations de punaises de lit.
Le propriétaire de la Résidence Bellevue confirme qu'il a eu des problèmes de punaises de lit par le passé et qu'environ 15 000 $ ont été investis au cours des dernières années pour l'enrayer. La source de contamination était notamment le transfert des locataires de la Résidence Cathédrale qui fermait ses portes en 2014.
La compagnie Solution Cimex a été mandatée, par le CIUSSS de l'Estrie, pour éliminer la présence de punaises de lit à la Résidence Bellevue avant le déménagement de certains locataires. « L'application de cette mesure est exceptionnelle. Certaines résidences exigent maintenant une preuve de non-contamination sans quoi elles refusent les résidents. Pour faciliter la relocalisation de personnes d'une très grande vulnérabilité, on peut se charger de fournir la preuve », souligne Geneviève Lemay, conseillère en communications au CIUSSS de l'Estrie.
En plus de la Résidence Murray, les pensionnaires de la Résidence Bellevue seront transférés à la Résidence Saint-Philippe de Windsor, au Domaine Fleurimont, à la Cité Fleurie et à une nouvelle résidence de la rue Montréal.
Pas de déclaration obligatoire
« La punaise de lit n'est pas une problématique à déclaration obligatoire d'un point de vue de santé publique. On ne peut donc infirmer ni affirmer si une résidence pour personnes âgées vit une problématique à cet effet », mentionne Mme Lemay.
« Toutefois, lorsque nos équipes de services dans le milieu, par exemple des infirmières et des travailleurs sociaux qui se déplacent dans les résidences, ont connaissance d'une présence importante de punaises de lit, une lettre peut être envoyée à l'exploitant d'une résidence privée pour aînés pour lui rappeler son obligation de respecter les règlements municipaux en matière d'hygiène et de salubrité », ajoute Mme Lemay.
La lettre envoyée aux propriétaires de résidences infestées inclut également un rappel de son obligation de faire connaître aux membres de son personnel le Guide de prévention des infections dans les résidences privées pour aînés, publié par la Direction générale de la santé publique du ministère de la Santé et des Services sociaux et son obligation de faire respecter et mettre en application les principes et recommandations de ce guide.
« Il est à noter qu'une copie de cette lettre est entre autres envoyée à un inspecteur en salubrité et environnement de la Ville de Sherbrooke et au commissaire aux plaintes et à la qualité des services du CIUSSS de l'Estrie - CHUS », indique Mme Lemay.