Ce contenu vous est offert gratuitement, il ne vous reste plus de contenu à consulter.
Créez votre compte pour consulter 3 contenus gratuits supplémentaires par jour.
L’éclosion survenue en cancérologie du CIUSSS de l’Estrie – CHUS a affecté 16 patients, dont 4 sont décédés. Quinze médecins de cette unité de soins demandent au Ministère de resserrer les règles de contrôle.
L’éclosion survenue en cancérologie du CIUSSS de l’Estrie – CHUS a affecté 16 patients, dont 4 sont décédés. Quinze médecins de cette unité de soins demandent au Ministère de resserrer les règles de contrôle.

Alain Poirier « surpris » que des travailleurs de la santé ne soient pas vaccinés

Alain Goupil
Alain Goupil
La Tribune
Article réservé aux abonnés
Même s’il comprend que la vaccination est offerte sur une base volontaire, le docteur Alain Poirier se dit toujours surpris de constater que des travailleurs de la santé ne sont toujours pas vaccinés contre la COVID-19, malgré les recommandations qui leur ont été communiquées depuis près d’un an.

Le directeur de la santé publique en Estrie a dû répondre à plusieurs questions, mercredi, concernant l’éclosion survenue en cancérologie à l’Hôpital Fleurimont du CIUSSS de l’Estrie – CHUS. En mai, dernier, 16 patients de ce département ont contracté la COVID-19 et 4 d’entre eux sont décédés des suites d’une infection. Deux patients sont toujours aux soins intensifs.

Inquiets, 15 médecins du CIUSSS de l’Estrie – CHUS ont écrit une lettre au ministère de la Santé et des Services sociaux afin d’exiger un resserrement des mesures de contrôle auprès du personnel soignant en oncologie afin d’éviter pareille éclosion ailleurs au Québec.

Dans la lettre, dont Le Devoir a obtenu copie, on indique que 7 membres du personnel ont aussi été infectés lors de cette éclosion. « La majorité de ceux-ci n’avaient pas été vaccinés jusqu’à maintenant », indiquent les médecins dans leur missive. Il s’agit, selon eux, d’un cas de transmission nosocomiale puisque tous les patients avaient reçu un résultat négatif à la COVID-19 préalablement à leur admission à l’hôpital.

Appelé à réagir au fait que du personnel soignant non vacciné puisse se trouver en présence de patients dont le système immunitaire a été affaibli par la chimiothérapie, le Dr Poirier n’a pas caché son incompréhension.

« Je suis toujours surpris que des travailleurs dans le réseau de la santé ne soient pas vaccinés. C’est à se demander où est-ce qu’ils ont été formés », a d’abord réagi le directeur de la Santé publique en Estrie. Celui-ci ajoute avoir fait des pieds et des mains depuis des mois, notamment avec son collègue Alex Carignan, afin de convaincre les employés du réseau en Estrie à se faire vacciner.

Les mesures de contrôle et de prévention auxquelles les employés doivent se soumettre sont contenus dans arrêté ministériel, adopté en avril dernier. Ces mesures s’appliquent dans certaines unités de soins ou établissements où l’on retrouve des zones chaudes, mais pas en oncologie, a reconnu le Dr Poirier.

« Dans l’analyse du Ministère sur les niveaux de risques, on a mis toutes les zones où on sait qu’il y a des cas. Pour tous les autres lieux de traitement, comme la cancérologie, il n’y a pas eu ces exigences-là dans l’arrêté. »

L'éclosion « sous contrôle »

La direction du CIUSSS de l’Estrie – CHUS a réagi par courriel en affirmant que l’éclosion en question est « sous contrôle ».

« Aucun nouveau cas positif n'a été enregistré depuis le dernier dépistage du 4 juin. De plus, un dépistage massif est prévu le 11 juin prochain, date correspondant à la 14e journée sans transmission. Si tous les résultats de tests s'avèrent négatifs, l'éclosion pourra être levée dans ce secteur. »

Le CIUSS de l’Estrie – CHUS a indiqué ne pas pouvoir fournir de données sur le nombre d’employés non vaccinés en oncologie puisque ce département ne fait pas partie de l’arrêté ministériel.                                     

Pour ce qui est des services visés par l’arrêté ministériel, on précise que le taux de vaccination est actuellement de 95,5 %,

Pour l’ensemble du CIUSSS de l’Estrie – CHUS, on indique que 86,1 % des travailleurs de la santé ont reçu une dose de vaccin tandis que 33,4 % ont reçu leurs deux doses.

Selon Alain Poirier, la balle est maintenant dans le camp du Ministère qui verra à apporter les resserrements nécessaires après évaluation.

« La cancérologie n’était pas incluse parce que, normalement, il y a du dépistage à l’entrée et toutes sortes d’autres mesures qui font qu’il ne devrait pas y avoir de cas (d’infection). Il n’y a aucune de nos mesures qui sont à l’épreuve de tout. Avec cet exemple-là, peut-être que le Ministère voudra reconsidérer, en incluant d’autres catégories. »

Alain Poirier a néanmoins tenu à réitérer son message.

 « Il n’y a personne en parfaite santé dans le milieu hospitalier, sauf exception. Il y a des risques pour beaucoup de travailleurs de la santé. Mon plaidoyer à moi, c’est svp, les travailleurs de la santé, faites-vous vacciner! »

Même s’il comprend que la vaccination est offerte sur une base volontaire, le docteur Alain Poirier se dit toujours surpris de constater que des travailleurs de la santé ne sont toujours pas vaccinés contre la COVID-19, malgré les recommandations qui leur ont été communiquées depuis près d’un an.

Ajustements des mesures d’isolement

D’autre part, le Dr Poirier a indiqué que les exigences en matière d’isolement à la suite d’un test positif seront réduites en fonction de critères liées au degré d’immunisation de chaque citoyen. Le questionnaire auquel devront répondre les personnes ayant été en contact avec une personne infectée a fait l’objet de modification en fonction du degré d’immunité entourant la personne infectée.

Ainsi, par exemple, une personne qui a reçu ses deux doses de vaccin, ou qui a développé la maladie et qui a reçu une dose du vaccin, n’aura plus à s’isoler puisqu’elle est considérée comme étant adéquatement protégée.

« C’est un incitatif de plus pour dire (à la population) que ça sert à quelque chose, la vaccination. Le risque diminuant, nous on va être moins exigeants pour les contacts, a indiqué Dr Poirier. C’est donc important d’être vacciné, ça va diminuer d’autant l’impact sur leur propre vie. »

Ces nouvelles mesures liées à la gestion des cas et contacts ne s'appliquent pas aux jeunes des milieux scolaires et de garde pour l'instant. En ce qui concerne le personnel de ces milieux, une évaluation sera faite selon les cas individuels à partir de vendredi, a indiqué le CIUSSS de l’Estrie – CHUS par voie de communiqué.

Taux de vaccination

De son côté, le directeur de la campagne de vaccination en Estrie a fait le point en soulignant qu’à ce jour deux Estriens sur trois (66,3 %) ont maintenant reçu au moins une dose du vaccin contre la COVID-19.

La proportion de gens « adéquatement protégée », c’est-à-dire ayant reçu deux doses ou ayant contracté la maladie et reçu une dose, s’élève à 7,5 % de la population admissible à la vaccination.

M. Délisle a aussi indiqué que des équipes mobiles seront déployées aux quatre coins de la ville afin de vacciner ou de sensibiliser la population à l’importance de se faire vacciner, notamment auprès des 12 à 40 ans.

Une de ces unités mobiles sera notamment au parc Jacques-Cartier, le 11 juin, entre midi et 15 h. Par la suite, des équipes se déplaceront du côté de l’école du Phare ainsi que sur le campus de l’Université de Sherbrooke.

Des moyens de transport seront aussi mis à la disposition des écoles et des citoyens de plusieurs villages situés sur le territoire du CIUSSS de l’Estrie – CHUS.