Les personnes souffrant d’Alzheimer, entre autres, ne devraient jamais pouvoir demander celle-ci, selon l’avocat spécialisé en droits des usagers en système de santé, Me Jean-Pierre Ménard, qui était de passage mardi au Centre hospitalier D’Youville pour donner une conférence.

Aide médicale à mourir : pas pour l’Alzheimer, plaide Ménard

L’aide médicale à mourir est faite pour tout le monde, sauf pour les gens qui ne sont pas assez lucides pour la demander en toute conscience. Les personnes souffrant d’Alzheimer, entre autres, ne devraient jamais pouvoir demander celle-ci, selon l’avocat spécialisé en droits des usagers en système de santé, Me Jean-Pierre Ménard, qui était de passage mardi au Centre hospitalier D’Youville pour donner une conférence.

Dans les nombreuses interventions du public, plusieurs se sont questionnés sur le droit des gens atteint de la maladie d’Alzheimer de recourir à l’aide médicale à mourir. Sur cette question, Me Ménard est catégorique. Comme une personne atteinte de cette maladie n’est pas mourante lorsqu’elle est au premier stade et qu’elle n’est pas lucide lorsqu’elle est rendue au quatrième, à titre d’exemple, celle-ci ne peut pas demander ce soin.

Si un amendement passait pour que les gens atteints de l’Alzheimer puissent demander ce soin, Me Ménard s’y opposerait. « Moi je serais un adversaire acharné de ça, assure-t-il. J’ai passé toute ma carrière à défendre les personnes vulnérables. Je vais continuer à le faire. Autant je suis pour l’affirmation du droit des personnes qui sont en mesure de décider, autant je suis en faveur de la plus grande protection possible des gens qui ne sont pas en mesure de le faire. »

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Me Jean-Pierre Ménard juge important d’informer les gens sur ce soin particulier. « Cette loi est faite pour le monde, explique Me Ménard. Celle-ci a du sens uniquement si les gens peuvent se l’approprier. Il faut donc en parler le plus possible et il faut que la population comprenne le bon côté qu’ils peuvent tirer de cette loi », affirme celui qui fait une cinquantaine de conférences par année sur le sujet.

Me Ménard s’investit beaucoup dans les dossiers qui touchent l’aide médicale à mourir. « Je dis les vraies affaires. Je suis très impliqué dans cette pratique, donc je peux raconter des expériences. C’est important que les gens sachent que, lorsque c’est fait selon la loi, c’est fait d’une manière respectueuse, qui tient compte de la volonté des personnes.

Me Jean-Pierre Ménard a expliqué en détail le droit de l’aide médical à mourir, mardi soir, devant une centaine de personnes.

« Il faut aussi que les gens comprennent qu’ils ont le droit d’avoir de bons soins jusqu’à la fin », a-t-il ajouté au terme de la conférence d’une heure trente.

Par contre, des détails peuvent encore être améliorés dans les lois québécoises et canadiennes. « Il y a toujours des choses à améliorer, cogite Me Ménard. Là, c’était une nouvelle façon de fonctionner. On a changé plusieurs choses pour rendre applicable cette loi. On vit l’expérience aujourd’hui. On va voir les leçons qu’on va en tirer. Il y a encore beaucoup de questions qui vont évoluer d’ici cinq ou dix ans. »

Les patients qui demandent l’aide médicale à mourir doivent être lucides, souffrant psychologiquement ou physiquement, être certains que la médecine ne peut rien faire pour un patient et surtout, consentants.

Un large public

L’étudiant en doctorat en gérontologie et président du RÉGUS, Olivier Maureau a organisé la conférence avec ses collègues de classe. Environ 130 personnes se sont déplacées pour l’occasion. « Il y a eu une belle présence de citoyens à qui l’on n’avait pas parlé directement pour les inviter. On a été agréablement surpris », dit-il, réjoui.