Le Cégep de Sherbrooke pourrait devoir se contenter d’une somme d’environ 500 000 $ plutôt que les quelque 800 000 $ d’aide d’urgence réclamée afin de faire face à une situation financière difficile.

Aide d'urgence : le Cégep espérait 300 000 $ de plus

Le Cégep de Sherbrooke pourrait devoir se contenter d’une somme d’environ 500 000 $ plutôt que les quelque 800 000 $ d’aide d’urgence réclamée afin de faire face à une situation financière difficile.

C’est du moins ce qu’en retient la directrice générale Marie-France Bélanger, à la lumière des informations reçues. « Je suis un peu déçue. On aurait aimé avoir un coup de pouce particulier pour notre situation particulière (...) On va continuer à parler aux gens du Ministère pour qu’ils comprennent notre situation. » Elle tempère en soulignant que le fait de recevoir des fonds n’est pas une mauvaise nouvelle.

La ministre de l’Enseignement supérieur, Hélène David, a annoncé lundi 202 M$ dans le réseau collégial, principalement pour les infrastructures.

Le Cégep de Sherbrooke touche environ 6 M$, mais il s’agit d’une somme qui avait déjà été estimée. « Ce sont les budgets d’investissements immobiliers en cours », explique Mme Bélanger, en précisant qu’il s’agit de sommes pour 2017-2018. Elle précise du même coup qu’il n’y a pas d’argent additionnel. Ces montants ont servi à des travaux comme la réfection des résidences.

Québec a aussi précisé qu’une enveloppe d’environ 17 M$ est disponible pour l’entretien des bâtiments du réseau. C’est avec cette mesure que le Cégep touche quelque 500 000 $, qui semble faire office d’aide que le Cégep espérait voir se chiffrer à 800 000 $. « C’est un financement ad hoc qui vient de nous être avancé », précise-t-elle.

L’institution a une dette de près de 400 000 $ liée au plan de redressement qu’elle a dû adopter en 2016 à la suite d’un budget déficitaire. Mme Bélanger avait réclamé publiquement avant les Fêtes une aide financière d’urgence de 800 000 $. Comme le Cégep a respecté les objectifs du plan de redressement, le Ministère lui a versé 100 000 $ pour 2015-2016 et 2016-2017.

De plus, la directrice générale espérait 150 000 $ pour le soutien de la coexistence travail-études, une formule « qui permet d’étaler la dernière année de formation sur deux ans » et ainsi de combiner, dans une même semaine, un travail rémunéré en entreprise et la formation en classe. « C’est une solution au manque de main-d’œuvre et aux difficultés de recrutement. Une somme de 50 000 $, ce n’est vraiment pas suffisant. »

Marie-France Bélanger

Le président du Syndicat du personnel enseignant du Cégep de Sherbrooke (SPECS-CSN), Steve McKay, déplore l’approche du gouvernement en vue des élections provinciales.

« Il nous coupe un bras, et il nous redonne deux doigts », lance-t-il en déplorant « l’absurdité » de la politique d’austérité du gouvernement libéral.

Le Cégep de Sherbrooke a subi des coupes d’environ quatre millions $ au cours des dernières années. L’institution a besoin d’un financement adéquat et non d’une aide ponctuelle, croit M. McKay.

L’institution risque de devoir faire des coupes dans des projets pédagogiques en raison de la surembauche d’enseignants. La planification des professeurs dépend du nombre d’étudiants inscrits. Or, de plus en plus, certains s’inscrivent et quittent les études après quatre semaines, indique Mme Bélanger, en soulignant qu’il s’agit d’un phénomène nouveau et en croissance.

L’établissement collégial entreprendra la troisième phase de réfection de sa résidence cet été. Le revêtement et les fenêtres de l’autre façade de la résidence seront changés. « On enlève la brique et on change toutes les fenêtres... »

Manifestation
Par ailleurs, le président du Syndicat de l’enseignement de l’Estrie (SEE) Richard Bergevin sera au nombre des manifestants d’une mobilisation organisée par la CSQ, mardi à Québec, en prévision du budget du gouvernement provincial. « On veut signifier et rappeler l’importance d’investir en éducation, dit-il en rappelant les M$ coupés au fil des ans. Il faut porter une attention particulière aux annonces : ce gouvernement a tendance à reprendre les mêmes annonces dans les médias. »