Aide aux enfants en difficultés à la CSS : le syndicat espérait davantage

L’argent supplémentaire annoncé par Québec ne permet pas de répondre adéquatement aux besoins des élèves en difficulté, estime le Syndicat du personnel de soutien de la Commission scolaire des Sommets (CSS), qui se montre déçu du nombre d’heures additionnelles accordées aux techniciens en éducation spécialisée (TES).

Un communiqué du syndicat faisait d’abord état d’un « maigre ajout de 35 heures » pour les TES. La CSS, pour sa part, parle plutôt d’un ajout de 70 heures, qui inclut cependant les préposés aux élèves handicapés (PEH).

La directrice de la commission scolaire, Édith Pelletier, estime que le nombre d’heures a augmenté depuis la présentation faite au syndicat la semaine dernière. Mais pour le président du Syndicat du personnel de soutien, Sébastien Roy, ces chiffres demeurent insuffisants.

« On a été vraiment surpris. Le ministre nous disait de ne pas lâcher, que la cavalerie s’en venait », commente M. Roy, ajoutant que ces ressources sont loin de répondre aux besoins des enfants. « On a des situations où une TES a de six à huit enfants à sa charge, en travaillant 25 heures par semaine, dans des classes différentes. Je ne pense pas qu’on puisse faire de la prévention, on fait seulement éteindre des feux. Ça ne marche pas. La plupart des TES ont une deuxième job. Le salaire moyen est d’environ 29 000 $, et je n’ai pas enlevé l’impôt », ajoute M. Roy, en rappelant qu’il s’agit majoritairement de femmes.

Le fait d’offrir des postes à temps complet faciliterait également l’attraction et la rétention, plaide-t-il. Le syndicat représente environ 600 membres, dont 142 techniciens.

Le Syndicat du personnel de soutien de la Commission scolaire des Sommets (CSN) s’est demandé « si la promesse du ministre de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur, Jean-François Roberge, de vouloir injecter de façon récurrente 70 M$ dans le réseau scolaire afin d’instaurer un plancher de services pour les élèves en difficulté est réellement appliquée dans chacune des commissions scolaires du réseau québécois ».

L’instance syndicale a fait une sortie publique alors que l’organisation scolaire s’apprêtait à adopter le plan d’effectifs 2019-2020 officiellement mardi soir.

Aide bonifiée

La directrice de la CSS souligne pour sa part que les mesures d’aide ciblées qui appuient notamment les élèves handicapés ou en difficulté d’adaptation ou d’apprentissage (HDAA) ont été bonifiées dans le budget de l’organisation. Selon Mme Pelletier, le montant a été bonifié de 300 000 $ au primaire et de la même somme au secondaire.

« Il y a aussi d’autres choix qui ont été faits, comme bonifier les postes de professionnels (psychoéducateurs, psychologues, orthophonistes) et d’allouer aux écoles des budgets pour leur permettre l’embauche d’enseignants supplémentaires. Le Syndicat du personnel de soutien voit sa partie, une partie de l’enveloppe totale, mais il y a d’autres enveloppes qu’il ne faut pas négliger, celles des professionnels et des enseignants. »

Est-ce que ces ajouts permettront de répondre aux besoins des enfants ?

« On répond aux besoins en fonction des paramètres du Ministère, en fonction de l’analyse qui a été faite par la directrice de l’adaptation scolaire et les directions d’école. On applique les paramètres ministériels et on répond aux besoins du Ministère. Ce qu’il est important de dire, de façon historique, c’est qu’on a toujours pris soin des élèves HDAA. On a toujours mis en place plus de services que les sommes reçues ne nous le permettaient. Ça fait partie de notre couleur. »