L’agrile du frêne a fait beaucoup de dégâts dans certaines régions de l’Ontario et de l’ouest du Québec ces dernières années. Sherbrooke a eu la confirmation de la présence de l’insecte ravageur sur son territoire en octobre. Sur la photo, un arbre voué à l’abattage à Montréal en 2016.

Agrile du frêne : le plan d’action bientôt connu

Au cours du dernier mois, 173 Sherbrookois ont pris la peine de répertorier leurs frênes sur le site web de la Ville de Sherbrooke, pour un total de 700 arbres.

La Ville espère qu’ils seront imités en grand nombre puisqu’elle estime à 12 000 le nombre de frênes de propriété privée sur son territoire.

À titre comparatif, il y en a 2500 dans le domaine public, en plus de ceux présents dans les grands boisés comme le mont Bellevue et le bois Beckett.

« On n’a pas relancé les citoyens depuis un mois alors on est très satisfait. On ne pensait pas avoir une réponse aussi importante », commente la directrice du service de l’entretien et de la voirie à la Ville, Guylaine Boutin.

Rappelons que le 20 octobre dernier, la Ville de Sherbrooke annonçait qu’elle déployait l’artillerie lourde pour contrôler la propagation de l’agrile du frêne sur son territoire après avoir obtenu la veille, de l’Agence canadienne d’inspection des aliments, la confirmation de la présence de l’insecte ravageur dans le secteur Rock Forest.

Comme première étape, elle invitait alors les propriétaires de frênes à répertorier leurs arbres sur une carte interactive sur le site web de la Ville.

Pour le moment, il n’y a pas péril en la demeure puisque l’insecte est en dormance pour l’hiver.

Le traitement des arbres touchés commencera au printemps.

La Ville tiendra toutefois des assemblées d’informations pour les citoyens dans les quatre arrondissements de la ville en janvier et le recensement lui fournira une option supplémentaire pour informer et soutenir les propriétaires.

Ceux qui omettent d’inscrire leur arbre pourraient tout de même voir des employés de la Ville se présenter chez eux puisque dans un rayon de 300 mètres d’un arbre infesté, tous les frênes devront être inspectés, traités ou abattus selon le cas.

Les coûts du plan d’action ont été évalués entre 4 et 6 millions $ sur les dix prochaines années, incluant le coût de remplacement des arbres qui devront être coupés, a-t-on précisé en octobre.

Certains lecteurs ont remis en question le coût et la pertinence du traitement des arbres depuis cette annonce. Un lecteur de Gatineau, Bertrand Southière, souhaite bonne chance aux Sherbrookois puisque les trois traitements de ses deux frênes lui ont coûté 1800 $ et qu’ils ont malgré tout été coupés, une autre facture de 1500 $.

Un lecteur de Sherbrooke, Pierre Roy, espère quant à lui que la Ville donnera les moyens aux citoyens de traiter leurs arbres et pas seulement de les abattre.

Selon Guylaine Boutin, qui réfère aux expériences vécues dans d’autres villes de la province, le taux de réussite du traitement de l’agrile du frêne peut atteindre 80 pour cent si l’infestation est prise à temps et si on répète le traitement aux deux ans comme indiqué.

« Mais l’arbre doit être pris à temps », insiste-t-elle.

Mme Boutin n’a pas voulu préciser si le plan d’action prévoit une aide financière pour les citoyens.

Ces mesures feront l’objet d’une présentation lundi à l’assemblée du conseil municipal.

Le conseil doit également adopter un amendement au règlement général pour permettre la gestion des arbres privés. Le règlement entrerait en vigueur le 7 décembre.