Une jeune Sherbrookoise s’est confiée lundi sur les réseaux sociaux en dénonçant publiquement son présumé agresseur. La publication a rapidement circulé accumulant près de 3500 partages en moins de trois jours.
Une jeune Sherbrookoise s’est confiée lundi sur les réseaux sociaux en dénonçant publiquement son présumé agresseur. La publication a rapidement circulé accumulant près de 3500 partages en moins de trois jours.

Agression sexuelle: son témoignage partagé 3500 fois sur les réseaux sociaux

Sabrina Lavoie
Sabrina Lavoie
La Tribune
En moins de 72 heures, le témoignage d’une jeune Sherbrookoise, en lien avec une agression sexuelle dont elle aurait été victime, a été partagé plus de 3500 fois sur les réseaux sociaux. Devant cette grande vague de solidarité, la femme dont l’identité ne peut être dévoilée admet être « plus convaincue que jamais » de l’importance d’agir.

C’était en 2013. En échange d’une entrée gratuite dans un bar accompagnée de ses amies, la jeune femme mineure à l’époque avait rendu un service à un homme plus âgé qu’elle.

 « Il se cherchait une place où dormir. Mon père était parti pour la semaine et j’avais un endroit pour lui. [...] Finalement, il s’est invité plus tôt que prévu et il ne voulait plus repartir », raconte la jeune femme qui a porté plainte pour une première fois en 2018 sans que l’histoire n’aille plus loin.

Voyant la vague de dénonciations d’agressions sexuelles prendre de l’ampleur sur les réseaux sociaux et à laquelle plusieurs personnalités publiques ont pris part, la Sherbrookoise s’est jointe au mouvement en dénonçant son présumé agresseur aux amies qu’elle avait en commun avec lui.

« Je l’avais bloqué. [...] Les dénonciations m’ont donné envie de voir si j’avais des amies en commun avec lui pour les aviser de ce qu’il m’avait fait. J’ai écrit aux six personnes concernées pour leur expliquer la situation ». L’une d’entre elles lui a alors avoué avoir été victime de comportements inappropriés de la part du même homme.


« Il s’y prend toujours de la même façon et il a plusieurs comptes Facebook. »
La victime

Sous une publication qu’elle a finalement choisi de rendre publique, d’autres témoignages et captures d’écran concernant le présumé agresseur ont été partagés. Près de 20 personnes se seraient également confiées par messagerie privée à l’investigatrice.

« Il s’y prend toujours de la même façon et il a plusieurs comptes Facebook. Il commence par écrire aux jeunes filles sur les réseaux sociaux et demande quel âge elles ont. Quand elles lui disent qu’elles sont trop jeunes pour lui, il répond que ça ne lui dérange pas », explique la jeune femme.

De l’écoute 24/7

Le Centre d’aide et de lutte contre les agressions à caractère sexuel (CALACS) de la région de l’Estrie indique être prêt à écouter et épauler toutes les jeunes femmes qui en auraient besoin.

« C’est un service volontaire, mentionne Alexandra, intervenante au CALACS [..] On est toujours là pour elles. Si elles ont besoin d’aide et veulent aller dénoncer, nous avons un service 24/7. Nous sommes toujours disponibles », rappelle-t-elle.

« Ce qu’on trouve génial dans ce mouvement c’est que plusieurs femmes ont dénoncé à leur tour. [...] On voit vraiment un mouvement de solidarité. Elles peuvent s’appuyer entre elles et faire avancer les choses », ajoute l’intervenante.

Enquête en cours

De son côté, le Service de police de Sherbrooke confirme que des allégations ont été faites en lien avec ce dossier et qu’une enquête est présentement en cours.

« On encourage les gens qui ont été victimes de harcèlement ou d’agressions sexuels à nous contacter et à déposer une plainte », affirme Samuel Ducharme, porte-parole du Service de police de Sherbrooke.