Ce contenu vous est offert gratuitement, il ne vous reste plus de contenu à consulter.
Créez votre compte pour consulter 3 contenus gratuits supplémentaires par jour.
 Christine Labrie
 Christine Labrie

Agression et violence : Labrie appuie le tribunal spécial

René-Charles Quirion
René-Charles Quirion
La Tribune
Article réservé aux abonnés
« Il y a une volonté politique réelle de changer les choses en matière d’agression sexuelle et de violence conjugale. Nous sommes déjà en action et ce n’est que le début. »

La députée solidaire de Sherbrooke Christine Labrie faisait partie du comité transpartisan en compagnie de la ministre de la Condition féminine du Québec, Isabelle Charest, et de ses collègues de l’opposition Isabelle Melançon du Parti libéral du Québec et de la péquiste Véronique Hivon qui a déposé, mardi, le rapport du Comité d’experts sur l’accompagnement des victimes d’agressions sexuelles et de violence conjugale.

Ce rapport formule 190 recommandations, dont l’implantation d’un tribunal destiné spécifiquement et uniquement à ce type de crimes.

Christine Labrie croit que le tout le système judiciaire sortirait gagnant d’un tribunal spécialisé comme recommandé.

« Il faut que des intervenants allant du juge aux procureurs en passant par le personnel de cour ou les policiers soient spécialisés pour les agressions sexuelles et la violence conjugale. Le processus judiciaire doit aussi être fait de façon plus cohérente. Il n’est pas logique de déterminer la garde d’un enfant avant que le dossier de violence conjugale soit réglé devant le tribunal criminel. Il faut aussi que les mesures soient adaptées d’une région à l’autre. Les besoins ne sont pas les mêmes à Sept-Îles, Montréal ou Sherbrooke », signale la députée Labrie.


« Il n’est pas logique de déterminer la garde d’un enfant avant que le dossier de violence conjugale soit réglé devant le tribunal criminel. »
Christine Labrie

En entrevue à La Tribune, Christine Labrie signale que les démarches sont entreprises pour rencontrer les ministres et instances concernées afin que des recommandations ne demeurent pas lettre morte.

« Certaines mesures peuvent être mises en place rapidement et certaines sont même contenues notamment dans la réforme de l’IVAC ou le plan d’action en matière de violence conjugale présenté récemment. La différence maintenant est qu’il y a une réelle volonté de changer les choses », assure Christine Labrie.

L’octroi de conseil juridique aux victimes demeure l’une des recommandations phares.

« Il faut que les victimes connaissent le processus judiciaire avant de porter plainte. Elles doivent être préparées afin que leur crédibilité ne soit pas affectée devant le Tribunal parce qu’elles ignorent certains aspects du processus parce que le moindre détail peut être retenu contre elle. Elles doivent recevoir des services psychosociaux et juridiques avant même le dépôt de leur plainte », croit Christine Labrie.

Le comité, créé en mars 2019 par l’ex-ministre de la Justice Sonia LeBel, veut que les victimes regagnent la confiance envers le système judiciaire, et se sentent plus à l’aise de porter plainte.

Lebel et Rozon

La députée de Sherbrooke a commenté l’arrestation du député péquiste de Rimouski, Harold LeBel, pour agression sexuelle. Le Parti québécois l’a du même coup exclu de son caucus au moins pour la durée du processus judiciaire.

Le député LeBel n’a pas encore été accusé. 

« Je pense surtout à la plaignante qui a dû continuer à le côtoyer depuis 2017. Ça prend beaucoup de courage pour porter plainte contre un collègue qui est estimé. J’espère que cette dénonciation pourra la libérer », mentionne la députée Labrie.

Concernant l’acquittement de Gilbert Rozon, la députée solidaire s’est dite découragée de ce verdict.

« Je ne suis pas la seule. Il faut espérer que les recommandations que nous avons présentées au même moment viennent redonner une lueur d’espoir aux victimes, parce qu’il y a une volonté réelle de changement en leur faveur », signale la députée de Sherbrooke.