L'aéroport de Sherbrooke

Aéroport: un transporteur aérien en 2019, croit la Ville

La Ville de Sherbrooke a bon espoir de voir un transporteur aérien s'installer à son aéroport d'ici 2019, a appris La Tribune.
Yves Vermette
Le directeur général de la municipalité, Yves Vermette, dit avoir tenu des pourparlers avec trois compagnies aériennes canadiennes depuis janvier et cherche maintenant un consultant qui pourra lui venir en aide pour répondre à leurs besoins tout en bâtissant des relations avec des entreprises étrangères, toujours dans le but d'offrir une liaison quotidienne Sherbrooke-Toronto ou Sherbrooke-Montréal.
Dans un avis public publié en nos pages samedi, la Ville indique être à la recherche de « services professionnels pour le développement de liens aériens commerciaux réguliers à l'aéroport de Sherbrooke ».
« Ce dont on a besoin, c'est un consultant dans le domaine international avec des contacts, un réseau établi dans le milieu plus grand que le mien, notamment avec des compagnies américaines, explique Yves Vermette. Les transporteurs nous demandent des données, des rapports et des analyses que le consultant retenu pourra élaborer et leur présenter. »
S'il y en a un, le candidat retenu devrait être connu vers la fin du mois d'avril ou au début du mois de mai, estime M. Vermette. Celui-ci devra notamment convaincre un transporteur que la région représente bel et bien un marché viable en dépit de sa proximité avec Montréal. La Ville souhaite offrir deux vols par jour en direction de Toronto ou Montréal, d'où les passagers pourront ensuite décoller vers la destination de leur choix.
« Pour les compagnies aériennes, on est un marché vierge, inconnu, et on le sent que c'est quelque chose qui les fait hésiter. C'est toujours les objections qu'on reçoit. Il faut les convaincre qu'on est un marché en soi et qu'il y aurait la possibilité d'avoir des vols. On veut attirer une ligne aérienne quotidienne qui est déjà un peu partout, un joueur qui est déjà sur le marché. »
Objectif : 2019
Une réalité qui a de fortes chances de se concrétiser pour 2019, étant donné que les transporteurs aériens planifient leurs liaisons plus d'un an à l'avance.
« D'ici 2019, le niveau de confiance est très, très bon. Ce qui nous aide, c'est qu'on fait comprendre que ce n'est plus vrai que c'est une heure et demie se rendre à Montréal. Avec les travaux attendus pour le pont et ailleurs, ce sera toujours plus long. On est certain que si on offre un vol d'ici, on devrait attirer les gens des environs en plus de ceux de Sherbrooke, comme les industriels de Drummondville. Il faut seulement présenter les bons horaires. »
Ce n'est pas la première fois que la Ville prévoit en venir à une entente avec un transporteur aérien. Par le passé, il a été évoqué que le coût annuel d'exploitation de l'aéroport pourrait varier entre 500 000 $ et 2 M$. Puisque l'aéroport de Sherbrooke ne serait pas financé à 100 pour cent par le gouvernement fédéral comme les établissements déjà désignés, un modèle de recouvrement de coûts sera mis en place. Les estimations fournies par l'Administration canadienne de la sûreté du transport aérien (ACSTA) permettraient toutefois à l'aéroport de Sherbrooke d'être viable, assure le directeur général de Sherbrooke.
« On n'a plus d'épine dans le pied. Notre maire et nos députés vont continuer de faire des démarches au fédéral pour obtenir une désignation, mais pour le moment, on peut continuer nos discussions et nos négociations. »
« Il ne faut pas oublier également que c'est un enjeu économique pour la région et que nous sommes nombreux à nous mobiliser pour attirer [la ligne aérienne] ici. Ça va être à nous de la faire vivre. Il faut que le marché montre que le monde l'utilise ou qu'il y a une croissance. Nos industries le réclament et on n'a pas été en mesure d'accueillir des entreprises ou des congrès parce qu'on n'avait pas les lignes aériennes nécessaires », résume Yves Vermette.