« Demain, si la Ville avait un engagement du fédéral, le maire partirait avec son responsable de l’aéroport et il irait clairement closer un dossier », croit le lieutenant pour le Québec du Parti conservateur, Alain Rayes.

Aéroport: «Ça prend une volonté claire», dit Rayes

Le député Alain Rayes estime que la députée et ministre Marie-Claude Bibeau laisse tomber ses concitoyens en affirmant qu’elle ne peut rien faire de plus pour permettre à l’aéroport de Sherbrooke d’obtenir une désignation de l’Administration canadienne de la sûreté du transport aérien.

« Il est inconcevable de voir un projet qui était jusqu’à il n’y a pas si longtemps une priorité avoir une telle réponse. Je vivrais une déception à la place du maire, des citoyens et du milieu économique d’avoir une telle réponse », réagit le lieutenant politique pour le Québec du Parti conservateur à la suite des propos publiés dans nos pages jeudi.

À lire aussi: Aéroport: «Je ne peux pas en faire plus», dit Bibeau

La députée Marie-Claude Bibeau affirmait : « Ce qui manque pour passer à la prochaine étape, c’est une entente signée avec une compagnie aérienne qui va offrir des vols réguliers. La balle n’est pas dans mon camp, je ne peux pas en faire plus que ça. » 

Alain Rayes n’en revenait tout simplement pas. « Quand j’ai vu ça, j’ai fait le saut comme ancien maire, député et lieutenant pour le Québec. Surtout que j’ai eu la chance à deux reprises d’aller à Sherbrooke, de rencontrer le maire et les intervenants économiques, et de voir l’importance de ce dossier de l’aéroport. Je suis très surpris de voir qu’une députée, qui est aussi ministre dans le cabinet, puisse en arriver à la conclusion qu’elle ne peut rien faire de plus. »

M. Rayes cite son expérience comme maire de Victoriaville, alors qu’il souhaitait des améliorations à son aéroport. « On s’est fait dire au préalable qu’il n’y avait rien à faire et qu’il n’y avait pas de programme. On s’est assis avec le lieutenant politique Denis Lebel. On a travaillé avec lui et on a fini par trouver une façon de faire pour que la piste à Victoriaville soit élargie et réponde aux besoins de la communauté des Bois-Francs.

« Pas normal »

« Ce n’est pas normal que toutes les sources de revenus pour ça aillent juste dans les grands centres et qu’une ville comme Sherbrooke, avec sa population, avec l’impact qu’elle a sur l’économie du Québec, n’ait pas une infrastructure de qualité qui offre des services comme il y a ailleurs. Les revendications du milieu économique et du milieu municipal de Sherbrooke sont tout à fait légitimes, mais il faut une ministre qui a le couteau entre les dents et qui veut travailler pour les citoyens de sa région. Je le confirme. Ça se fait, mais ça prend un discours positif et une volonté claire. On ne sent pas ça présentement du gouvernement fédéral. »

Alain Rayes croit que le gouvernement fédéral devrait confirmer son engagement à offrir une désignation à l’aéroport de Sherbrooke si une entente est conclue avec une compagnie aérienne. « Si le gouvernement est sincère et sérieux, la réponse à donner, c’est : si vous trouvez un transporteur, on va être derrière vous. Là, la réponse c’est : trouvez un transporteur et on verra si on regarde le dossier. C’est là que le bât blesse. Demain, si la Ville avait un engagement du fédéral, le maire partirait avec son responsable de l’aéroport et il irait clairement closer un dossier. »

Les conservateurs, au pouvoir avant les libéraux, n’ont pourtant pas permis au dossier de l’aéroport de débloquer. « La dernière année de mon mandat avant l’élection fédérale, un programme avait été mis en place au fédéral pour aider les aéroports régionaux. Dès que le gouvernement libéral a été mis en place, ce programme-là est tombé. Des ressources avaient été allouées pour que le programme soit adapté aux besoins des régions qui étaient à l’extérieur des grands centres. Est-ce que c’est facile? La réponse c’est non. [...] Là ce qu’on fait, c’est que la Ville prend des risques, est prête à mettre ça sur un plan de trois ans, mais elle a besoin du support du gouvernement fédéral pour son aéroport.

« Je peux déjà vous dire que si ce n’est pas fait d’ici les dix prochains mois, il y aura une position de notre côté et les libéraux auront à expliquer pourquoi rien n’a été fait depuis quatre ans. J’encourage la communauté et le monde municipal à continuer à mettre de la pression. C’est inconcevable pour la députée de dire qu’elle a tout fait. [...] Est-ce qu’elle est capable d’aider ou elle n’est pas capable? »