Le laboratoire de Philippe Martin, professeur adjoint à la Faculté de médecine et des sciences de la santé et chef médical du service de microbiologie du CIUSSS de l’Estrie - CHUS , s’est adapté à grande vitesse afin d’exécuter l’ensemble des tests de dépistage de la COVID-19 pour la région de l’Estrie.
Le laboratoire de Philippe Martin, professeur adjoint à la Faculté de médecine et des sciences de la santé et chef médical du service de microbiologie du CIUSSS de l’Estrie - CHUS , s’est adapté à grande vitesse afin d’exécuter l’ensemble des tests de dépistage de la COVID-19 pour la région de l’Estrie.

Adaptation rapide des scientifiques pour dépister la Covid-19

Mélanie Noël
Mélanie Noël
La Tribune
Le laboratoire de Philippe Martin, professeur adjoint à la Faculté de médecine et des sciences de la santé (FMSS) et chef médical du service de microbiologie du CIUSSS de l’Estrie - CHUS , s’est adapté à grande vitesse afin d’exécuter l’ensemble des tests de dépistage de la COVID-19 pour la région de l’Estrie.

« Depuis environ un mois, le laboratoire du CHUS Fleurimont fait les tests pour l’Estrie. La demande oscille et on s’y adapte. Dans la période la plus occupée, il y a trois ou quatre semaines, on a eu jusqu’à 800 spécimens par jour. Présentement, on reçoit entre 200 et 500 spécimens quotidiennement», précise le professeur Martin.

Après avoir débuté le dépistage, le laboratoire a rapidement manqué d’ingrédients. «Tous les laboratoires de toute la planète avaient besoin des mêmes ingrédients en même temps. On en a donc manqué alors qu’on avait plusieurs spécimens en attente. On était un peu désespérés. On a vécu notre moment le plus sombre à ce moment-là. On a alors fait un appel à toute la communauté universitaire et c’est alors que deux chercheurs ont levé la main et nous ont dit qu’ils seraient peut-être capables de nous produire l’ingrédient qui nous manquait», raconte chef médical du service de microbiologie.

C’est à l’aide de la plateforme de purification de protéines de la FMSS que l’équipe de Bruno Lemieux et Mathieu Durant a fabriqué les enzymes permettant de continuer à produire des tests diagnostiques. Des professionnels du secteur de la recherche ont été recrutés et des espaces additionnels de travail alloués au Pavillon de recherche appliquée au cancer (PRAC) pour augmenter la cadence.

«Nous avons baptisé le mélange maison «SHERBY-20» en réponse à la COVID-19.Nous avons même envoyé un peu de SHERBY-20 à deux autres labos de Montréal pour les aider. Depuis ce temps, nous avons réussi à nous approvisionner en réactifs commerciaux, mais nous avons bon espoir de ne rien manquer en sachant qu’on a du SHERBY-20 en réserve au cas», souligne-t-il, ajoutant que sans le SHERBY-20, l’équipe de dépistage aurait pris du retard difficilement rattrapable.

Philippe Martin, professeur adjoint à la Faculté de médecine et des sciences de la santé (FMSS) et chef médical du service de microbiologie duCIUSSS de l’Estrie - CHUS

Lorsque la demande était à son sommet, l’équipe roulait avec l’équivalent de 20 employés temps plein sur 24h. Présentement, le laboratoire est occupé par l’équivalant d’une dizaine de personnes à temps plein. Un test prend entre 3 et 5 heures à faire. Parfois il doit être refait et il faut ajouter le temps de transport quand, par exemple, le spécimen vient de Granby.

«On vise un délai de moins de 24h et on atteint actuellement cet objectif. Quand ce sont des cas plus urgents, par exemple, lorsque les spécimens proviennent de CHSLD ou d’hôpitaux, on vise un délai de moins de 16h», ajoute le scientifique.

Au cours des prochaines semaines, si les enzymes commerciaux venaient à manquer, le laboratoire serait donc prêt à toute éventualité et pourrait poursuivre ses activités. «C’est rassurant», conclut le professeur Martin.