Le parc se déployant à Audet et Frontenac doit compter 20 éoliennes pour une puissance de 124 mégawatts (MW) au total. L’énergie sera raccordée au poste de raccordement d’Hydro-Québec à Lac-Mégantic.
Le coût total du projet est évalué à 550 millions de dollars.
«Depuis la fin septembre, les composantes des éoliennes arrivent sur le site. Par éolienne, il faut environ 12 camions», précise la préfète de la MRC du Granit, Monique Phérivong Lenoir. Ça s’étale entre la fin septembre et la mi-décembre.

«C’est quand même imposant comme déplacement de matériel, mais ça se passe bien. On est dans les temps. Il nous reste des permis à obtenir qu’on attend d’un jour à l’autre pour poursuivre le montage sur le site. Toutes les fondations ont été coulées. Pour éviter le transport trop important de bétonnières, il y a une usine à béton qui a été faite sur place pour limiter les trajets et être plus efficace.»
La MRC du Granit, via Énergie Renouvelable Granit, est propriétaire à 50 % avec EDF Renouvelables Canada inc.
Ils souhaitent mettre le parc sous tension à partir de décembre.
«On débuterait les livraisons d’électricité en mai 2027, à 50 % à peu près. Il y aurait 50 % des éoliennes qui seraient alors en fonction.» La mise en service complète du parc est prévue en juillet 2027 si tout va bien.
Les retombées seront versées aux municipalités. Elles sont estimées à 60 millions de dollars sur 30 ans, partagés entre les 19 municipalités de la MRC.
«En plus de ça, il y a des redevances pour les terres d’accueil, en fonction de l’impact des éoliennes sur leur territoire», note la préfète, soit 10 millions de plus au total pour les trois municipalités.

Un parc méconnu?
Un Milanois a fait part de son étonnement par courriel de voir le projet prendre vie alors que plusieurs citoyens ne sont pas au courant, selon lui.
Il cite le rapport du BAPE, qui mentionne notamment :
«Si le projet a reçu l’approbation de la MRC et des municipalités, il est difficile pour la commission d’attester que cet assentiment reflète le consentement de la population locale. Les conseils municipaux ont pris des décisions légitimes et éclairées en vertu des pouvoirs qui leur sont conférés [...] L’appui unanime et sans condition des 19 conseils municipaux et du conseil des maires au projet équivaut à un consentement du milieu par le jeu de la démocratie de représentation. Ce faisant, ils ont tenu pour acquis le consentement de la population et se sont privés de l’opinion et de l’expertise des usagères et usagers du territoire qui auraient pu contribuer à une meilleure intégration du projet au milieu.»
«Quoique nécessaire et légitime, l’appui unanime au projet éolien ne dispense pas les municipalités de consulter adéquatement leurs commettantes et commettants», lit-on dans le rapport dont les consultations ciblées ont eu lieu à l’hiver 2025.
Mme Phérivong Lenoir estime que les artisans du projet ont été transparents.
«Tout au long du projet, même avant le BAPE, il y a eu plusieurs consultations, des portes ouvertes qui se sont déroulées par les réseaux sociaux et les médias locaux. EDF a cherché à obtenir la meilleure acceptabilité sociale. Ça ne veut pas dire que 100 % des personnes sont ravies, mais je dirais que la majorité l’est.»
Un comité de suivi a été mis en place en collaboration avec EDF, constitué notamment de citoyens et d’organisations concernés par le projet.
À lire aussi
Ailleurs en Estrie
Par ailleurs, dans la MRC des Sources, des citoyens font circuler une pétition réclamant une distance de 1 km entre une éolienne et toute résidence ou un bâtiment d’élevage.
Elle est de 500 mètres pour Danville, 600 mètres pour Wotton et 750 mètres à Saint-Georges-de-Windsor.
La distance entre une éolienne et les bâtiments agricoles, comme les granges, n’a pas été encadrée, puisque cela n’est pas prévu au schéma d’aménagement de la MRC des Sources.
«La revendication qu’on a, c’est qu’on respecte la distance d’un km entre les bâtiments et les éoliennes recommandée par l’UPA-Estrie. On n’a jamais réussi à trouver pourquoi dans certains cas c’est 500 mètres, dans d’autres 750 (...) On se base sur la recommandation de l’UPA, au moins c’est une valeur validée par le syndicat d’agriculteurs. Ça nous apparaît raisonnable d’imposer cette distance», commente Michel Kuntz, un Wottonais s’impliquant au sein du comité provisoire de démocratie citoyenne.
Les citoyens réclament également que la population soit consultée par référendum avant qu’une municipalité appuie le projet.
Le préfet de la MRC des Sources, Hugues Grimard, a indiqué lors du conseil de la MRC qu’ils devraient se tourner vers le ministère des Affaires municipales pour une telle demande.
Il a aussi rappelé les démarches mises en place dans le projet mené par BluEarth.
Dans le Val-Saint-François
Par ailleurs, dans le Val-Saint-François, une séance de consultation aura lieu à Saint-François-Xavier-de-Brompton le 7 novembre, organisée par Eolectric pour le projet éolien Tomcod.
Innergex caresse de son côté un projet à Windsor, mais celui-ci est en phase préliminaire. L’entreprise n’a pas l’intention de le déposer dans l’appel d’offres en cours, précise-t-elle.




