«Il y a eu mon frère avant et après son accident»

Fanny-Ysa Breton et son frère Yohan Breton avec qui elle a l'habitude de faire un voyage  pour aller voir le football.

Il y a 32 ans, Yohan Breton a eu un grave accident de la route, quelques jours à peine avant ses 18 ans. «Mon frère, c’est un traumatique craniocérébral sévère. Il a été dans le coma plusieurs jours et il a eu une réadaptation. Il a été considéré inapte et il n’a pas pu retourner à l’école ni au travail», explique sa sœur Fanny-Ysa Breton.


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Son frère, maintenant âgé de 50 ans, habite avec ses parents.

«Il n’a aucune mémoire à court terme, donc il ne peut pas enregistrer de nouvelles informations. Il a une orthèse à une jambe, il a de la difficulté à marcher et au niveau de l’élocution, il est aphasique», ajoute Mme Breton, qui fait partie du documentaire Impact: la reconstruction après un traumatisme craniocérébral, présenté dans le cadre de la Semaine québécoise du traumatisme craniocérébral (TCC) en cours jusqu’au 21 octobre.

Faire de la prévention

Mme Breton se rappelle d’avoir 11 ans au moment de l’accident de son frère. Il y a 30 ans, les soins n’étaient pas les mêmes qu’aujourd’hui.

«Au bout de toute la réadaptation, mon frère était revenu à la maison avec seulement une valise. À l’époque, il n’y avait pas d’association. Même les années après ont été très dures. Et même le temps que lui s’accepte comme personne. Il y a eu mon frère avant son accident et mon frère après son accident.»



Fanny-Ysa Breton a participé au documentaire <em>Impact: la reconstruction après un traumatisme craniocérébral</em> puisque son frère a eu un grave accident il y a plus de 30 ans.

Aujourd’hui, il existe 13 associations communautaires dans 16 régions du Québec.

Au total, 4264 personnes ont été desservies en 2024-2025, comptant parmi eux 2800 personnes ayant subi un TCC modéré ou grave.

Dans près de 45 % des cas, cela survient lors d’un accident de la route, qui constitue d’ailleurs la principale cause de TCC chez les personnes fréquentant les associations.

«Ç’a teinté toute ma vie et encore aujourd’hui. [...] Je dis toujours à mes enfants que le port du casque est important, la prudence en voiture, et je ne comprends même pas quand je vois des gens en ski qui n’ont pas de casque. Quand je vois les amis de mes enfants venir en vélo et qu’ils n’ont pas de casque, je suis la fatigante qui leur dit de faire attention!»

L’association la plus près se trouve à Sherbrooke, à la maison Martin Matte.

Un documentaire à fort impact

Le Regroupement des associations de personnes traumatisées craniocérébrales du Québec a lancé sa campagne sous le thème «Impact».

Ce thème a été choisi pour souligner que, même si souvent invisible, l’impact d’un traumatisme craniocérébral est bien réel et profond.

Il s’agit d’un impact en tant que choc de l’accident, mais aussi et surtout, sur la personne, sur ses proches, son entourage et qui bouleverse l’équilibre de son environnement.

Le documentaire Impact: la reconstruction après un traumatisme craniocérébral est présenté par l’ACTE (Association des Accidentés Cérébro-vasculaires et Traumatisés-crâniens de l’Estrie) afin de sensibiliser la population aux enjeux que vivent ces personnes ainsi que leur entourage.

«Nous aidons plus de 4000 personnes victimes d’un TCC modéré ou grave chaque année. Un choc à la tête peut déclencher une cascade de conséquences variées, transformant radicalement une vie en un instant», explique Denis Gagnon, directeur général de l’ACTE.

Ce film a été réalisé à l’occasion du 25e anniversaire du Regroupement des associations de personnes traumatisées craniocérébrales au Québec.

Le documentaire est présenté ce mercredi soir à Sherbrooke à La Maison du Cinéma et jeudi, au cinéma Élysée de Granby, tous deux à 18 h 30.

«L’impact, quand ça arrive dans une famille, est considérable. Dans le film, ils démontrent différentes réalités parce que ça arrive parfois que le TCC ne paraisse pas chez la personne et les autres ne comprennent pas, il y a encore beaucoup de jugement», mentionne en conclusion Fanny-Ysa Breton.

Elle sera d’ailleurs présente à la projection de Granby, jeudi soir, puisqu’elle fait partie du documentaire, avec sa mère qui est proche aidante ainsi que son frère, Yohan Breton.

Les deux projections sont gratuites.

Tania Di Sei

Tania Di Sei, La Voix de l'Est

Journaliste à La Voix de l'Est depuis février 2024, Tania Di Sei a été animatrice radio pendant six ans en plus d'être à la télévision. Elle a une grande passion pour les histoires locales et les entrevues qu'elle met au service de la couverture régionale dans le cadre de ses fonctions.