En plus d’éteindre leur éclairage extérieur, les gens sont aussi invités à tenir différentes activités. L’objectif: sensibiliser la population à la pollution lumineuse et à la beauté du ciel étoilé, notamment.
Les Français ont une longueur d’avance face à cette problématique, observe le coordonnateur scientifique de la RICEMM et porte-parole, Rémi Boucher.
Dans l’Hexagone, on en sera à la 16e édition du jour de la Nuit. Le pays compte également cinq réserves internationales de ciel étoilé.
«Ils sont assurément très avancés, entre autres en matière de politiques publiques et nationales, et avec l’organisation d’événements comme le jour de la Nuit», commente-t-il.

De multiples impacts
La pollution lumineuse ne nuit pas qu’à l’observation du ciel étoilé. Elle a également un impact sur la biodiversité et l’environnement; des notions bien intégrées en France, aux yeux du porte-parole de la RICEMM.
«Depuis le début des années 2000, il y a de plus en plus de recherches en écologie qui font juste s’accumuler. On voit que toutes les espèces nocturnes, et une grande quantité d’espèces diurnes, vont être affectées.»
On pense entre autres à la disparition d’insectes, la perturbation des systèmes aquatiques, mais aussi à des effets sur la santé humaine.
La France fait aussi partie des pays où on procède souvent à une extinction des lumières la nuit dans les villes et les villages; pour diminuer la pollution lumineuse, mais aussi en raison des coûts d’énergie, note M. Boucher.
Selon lui, le Québec compterait plus de 800 000 lampadaires publics fonctionnant plus de 4000 heures par année; le portrait provient d’une évaluation sommaire - mais conservatrice - effectuée à partir de différentes données.
«Il y a des moyens de faire des économies en utilisant mieux la lumière», souligne-t-il.
Le 12 octobre, la RICEMM mise principalement sur la fermeture de l’éclairage extérieur par les citoyens. En France, certaines municipalités ferment complètement leur éclairage lors du jour de la Nuit, mais pour des raisons techniques, une telle façon de faire s’avère plus complexe au Québec, où le réseau est généralement branché à Hydro.
En outre, la question soulève des enjeux d’acceptabilité en sol québécois.
Les gens sont aussi conviés à tenir différentes activités.
«On veut rassembler les différentes initiatives et donner des idées aux gens pour célébrer la nuit finalement, de différentes manières.»
L’événement se veut une façon de sensibiliser la population aux gestes individuels qu’elle pourrait faire, comme modifier son éclairage en se dotant d’un détecteur de mouvement.
L’équipe de l’ASTROLab prévoit également faire un Facebook live la veille, le 11 octobre, question d’inciter les gens à suivre le mouvement partout au Québec.

Des données laissent entrevoir une augmentation de 10 % de la pollution lumineuse en Amérique du Nord.
Qu’en est-il des abords de la RICEMM?
«Dans la zone de ciel étoilé, je considère que le ciel est encore en bonne santé. Je ne vois pas de hausses prononcées, mais j’attends d’avoir des données à plus long terme.»
Regroupant maintenant 33 villes et villages, la RICEMM, la première au monde, a vu le jour en 2007.
Un premier congrès national en novembre
Par ailleurs, la RICEMM tiendra du 5 au 7 novembre un nouveau congrès national sur la protection de l’environnement nocturne. L’événement rassemblera à Lac-Mégantic les acteurs et décideurs œuvrant entre autres dans les secteurs de l’environnement et de l’aménagement du territoire, afin d’échanger sur les principaux enjeux de la pollution lumineuse.

