Une première formation à vélo destinée aux femmes

Le programme Toutes à vélo a été lancé par Vélo Québec à Montréal. Il sera offert pour la toute première fois à Sherbrooke.

Pour la première fois en Estrie, l’organisme Carbure Aventure lance «Toutes à vélo», un programme de Vélo Québec qui sera offert tout à fait gratuitement aux femmes. L’objectif: leur apprendre à faire du vélo ainsi que développer leurs connaissances et leurs habiletés. L’initiative vise aussi à contrer le déficit de mobilité chez les femmes.


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D’après Vélo Québec, selon l’état du vélo 2020, 62 % des hommes font du vélo, comparativement à 47 % des femmes. Cette disparité augmente avec l’âge. Au Canada, les femmes représentent 34 % des cyclistes.

Deux groupes comptant entre 15 et 20 femmes pourront donc suivre une formation de sept séances gratuitement en mai, explique Noémi Charron, directrice générale de Carbure Aventure, qui lance l’initiative en collaboration avec le comité estrien de saines habitudes de vie.

Le volet 1 permet d’apprendre à faire du vélo et le deuxième volet, de développer ses connaissances et ses habiletés, par exemple au sujet de la cohabitation avec les automobilistes ou des feux de circulation. La formation se déroule en grande partie en milieu fermé, dans la cour de l’école primaire Notre-Dame-du-Rosaire, dans l’arrondissement du Mont-Bellevue à Sherbrooke.

Les vélos et les casques sont fournis; les responsables tiendront une halte-garderie pour les enfants de quatre ans et plus pendant les formations.

«On réfléchit à trouver des partenaires pour pérenniser le programme», note Noémi Charron.

D’autres partenaires se greffent au projet, dont Estrie Aide et Plein air interculturel Estrie.

«Au Québec, on est chanceux, en général, on apprend à faire du vélo tôt. Le loisir fait partie intégrante de nos vies. Il ne fait pas partie de la culture de tous les pays», observe Noémi Charron, rappelant qu’à certains endroits, certains n’ont pas eu la chance d’apprendre à pédaler.

La possibilité d’expérimenter le vélo peut aussi permettre de l’envisager comme méthode de déplacement. Elle-même l’utilise beaucoup.

«J’utilise très peu ma voiture en ville. Ça me prend quatre minutes de plus en vélo électrique pour me rendre à la base plein air André-Nadeau», image-t-elle. «Juste d’avoir la liberté de l’essayer, ça peut permettre de trouver un autre moyen de déplacement.»

Noémi Charron voit cette mouture comme un projet pilote démarrant avec une cohorte de 30 femmes, mais l’initiative pourrait éventuellement se déplacer dans un autre secteur de la ville.

L'école Montessori à Magog a réalisé l'année dernière le défi «Je suis capable».

Et pour les enfants…

Le Conseil régional de l’environnement de l’Estrie (CREE), pour sa part, déploie dans les écoles estriennes la campagne «À pied à vélo, je suis capable», visant à inciter les élèves à se déplacer de façon active. L’initiative propose un éventail d’activités afin de faire la promotion de la mobilité durable.

On estime que 50 % des élèves habitant à moins de 5 km de leur école s’y rendent en voiture avec leurs parents plutôt qu’à pied pour des raisons de sécurité.

L’activité phare de cette campagne est le défi «Je suis capable», où le temps d’une matinée, la venue à l’école se veut festive. Lors de cette journée, les gens sont invités à venir à l’école par d’autres moyens que la voiture.

Cycliste averti est l'un des programmes offerts par le Conseil régional de l'environnement de l'Estrie (CREE). Ci-dessus, une sortie de groupe à l'école Saint-Jean-Bosco.

Toute l’école est alors mobilisée et différentes mesures sont mises en place, explique Caroline Nioucel, responsable des programmes éducatifs au CREE, qui observe qu’une telle initiative permet aussi de rassurer les parents.

Le défi a été lancé pour la toute première fois en Estrie l’année dernière sous forme de projet pilote dans les écoles Montessori et Brassard Saint-Patrice, à Magog. Il s’étend cette année dans la région, notamment du côté de Granby et à l’école Solstice de Magog.

Isabelle Pion

Isabelle Pion, La Tribune

À La Tribune depuis 2002, chroniqueuse plein air, Isabelle Pion écrit principalement sur l’environnement et l'actualité.