Selon un sondage mené le Laboratoire de l’action climatique, une majorité de Québécois continue de confondre enjeux environnementaux et climatiques.
Selon un sondage mené le Laboratoire de l’action climatique, une majorité de Québécois continue de confondre enjeux environnementaux et climatiques.

Action climatique: un «D» pour les connaissances des Québécois 

Isabelle Pion
Isabelle Pion
La Tribune
SHERBROOKE – Alors que 90 % des Québécois affirment poser des gestes pour le climat, moins de la moitié mettent de l’avant les actions les plus significatives pour réduire leur impact climatique. Malgré leurs bonnes intentions, les citoyens et les citoyennes obtiennent une note globale de « D » quant à leurs connaissances relatives sur le sujet, montrent les résultats 2020 du Baromètre de l’action climatique.

Les résultats montrent un grand besoin en matière d’éducation. 

L’exercice est mené par le Laboratoire de l’action climatique, une collaboration entre Unpointcinq, qui se définit comme un média de solutions québécois, et une équipe de chercheuses de l’Université Laval. 

« Les individus comprennent que réduire l’usage de la voiture ou les déplacements en avion fait une grande différence sur le climat, mais ont également l’impression qu’ils peuvent faire leur part en adoptant de petits gestes moins contraignants », constate Valériane Champagne St-Arnaud, professeure de marketing à l’Université Laval.

« Notre objectif est de faire un portrait de la population québécoise pour sortir des données utiles aux gens qui doivent prendre des décisions, en fait pour tous les acteurs impliqués dans la transition climatique, que ce soit du côté du gouvernement, des entreprises, des organisations civiles… »  

Le sondage mené auprès de quelque 2000 personnes montre que 78 % des Québécois veulent en faire davantage pour le climat, mais la majorité continue de confondre enjeux environnementaux et climatiques.  


« «On s’est rendu compte qu’il y a une grande confusion chez les Québécois. Ils vont avoir l’impression que tout geste bon pour l’environnement est nécessairement bon pour le climat.» »
Valériane Champagne St-Arnaud, professeure de marketing à l’Université Laval

«Confusion»

« Un enjeu climatique est un enjeu environnemental. Mais ce qu’on essayait de mesurer, c’est si les Québécois comprennent bien les gestes ayant un fort impact climatique (composter, réduire l’utilisation de la voiture et de l’avion, diminuer sa consommation de viande), comparativement à d’autres gestes environnementaux, mais qui ont moins d’impact, comme éviter de gaspiller l’eau potable, éviter de jeter ses mégots de cigarette par terre. On s’est rendu compte qu’il y a une grande confusion chez les Québécois. Ils vont avoir l’impression que tout geste bon pour l’environnement est nécessairement bon pour le climat. C’est là où c’est un problème. Si 72 % des Québécois pensent qu’éviter de gaspiller l’eau potable est bon pour le climat, ça peut emmener certaines confusions parce qu’ils vont se dire qu’ils font leur part… Ils vont se sentir justifiés de ne pas faire les gestes qui amènent un sacrifice plus important, comme limiter l’usage de sa voiture. » 

Mme Champagne St-Arnaud souligne l’importance de l’ensemble des acteurs. 

Certaines mesures ne peuvent être mises en place par les Québécois tout simplement parce que ce n’est pas possible pour eux : on pense entre autres à l’accès au transport au commun, limité ou absent dans certains cas, etc. Il ne s’agit pas toujours d’une question de mauvaise volonté.

Rappelons que la Ville de Sherbrooke a signé il y a deux ans la Déclaration d’urgence climatique. Pour souligner cet anniversaire, les citoyens membres d’Urgence climatique Sherbrooke ont lancé un défi aux élus en leur demandant « Quelles connaissances en lien avec l’urgence climatique devrez-vous acquérir pour être en mesure de prendre des décisions qui témoignent du respect des générations à venir ? »

Valériane Champagne St-Arnaud estime que la population démontre une préoccupation sincère envers les changements climatiques, de plus en plus présents dans l’espace public. Fait à noter, 71 % des personnes sondées mentionnent être soucieuses de l’image qu’elles projettent, comparativement à 55 % en 2019.