Évelyne Beaudin : « Pour le moment, je leur accorde le bénéfice du doute, parce que nous n’avions pas la règlementation sous les yeux au moment de prendre la décision. »
Évelyne Beaudin : « Pour le moment, je leur accorde le bénéfice du doute, parce que nous n’avions pas la règlementation sous les yeux au moment de prendre la décision. »

Accès refusé: la loi donne raison à Beaudin

Jonathan Custeau
Jonathan Custeau
La Tribune
Des élues se sont vu refuser l’accès à la première réunion du comité de revitalisation du centre-ville qui se tenait mardi. Karine Godbout et Évelyne Beaudin, qui avaient demandé d’assister à ce premier rendez-vous, ont essuyé un refus de l’exécutif. La règlementation municipale leur aurait toutefois permis de le faire.

Lundi, le conseiller Marc Denault avait affirmé au conseil municipal : « L’ensemble des personnes pourra assister librement aux ateliers de travail du comité, ce qui démontre une grande transparence. » Huit élus siègent au comité qui doit se pencher sur l’avenir du centre-ville, mais M. Denault n’en fait pas partie. Évelyne Beaudin avait manifesté son intérêt pour occuper un de ces sièges, alors que Pierre Avard a déploré l’omniprésence de l’exécutif à ce comité.

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Évelyne Beaudin confirme qu’elle n’était pas la bienvenue comme spectatrice à cette première réunion. « Ça m’a fâchée pas mal. J’ai contacté la greffière pour avoir les règles de fonctionnement des comités. Il est bel et bien écrit dans les documents que tous les élus peuvent siéger à tous les comités. Je considère que les règles n’ont pas été respectées », commente-t-elle.

« J’ai parlé à la vice-présidente (Annie Godbout) et elle m’a assurée que pour les prochaines fois, les règles seront suivies. Comme les rencontres sont prévues toutes les semaines, je n’aurai pas complètement manqué le bateau. Pour le moment, je leur accorde le bénéfice du doute, parce que nous n’avions pas la règlementation sous les yeux au moment de prendre la décision. »

Pas de droit de vote

Les élus qui ne sont pas membres d’un comité, mais qui souhaitent tout de même assister aux réunions ne disposent pas d’un droit de vote. « J’aurais préféré siéger, mais le fait d’assister répond à mes besoins. Je n’ai jamais demandé le droit de vote. »

Comme elle l’a fait au conseil municipal lundi, Mme Beaudin remet en question le nombre de membres du comité. « Huit personnes, c’est exactement 50 % des élus plus un. Si les huit votent pour le projet, il passe. On a essayé de faire un entre-deux qui ne marche pas en nommant huit personnes. Ça démontre surtout que le maire a encore des choses à apprendre sur comment former un comité et le faire fonctionner. »

Karine Godbout se montrait diplomate. « On nous a dit que c’était la première rencontre et qu’il n’y avait pas encore de débat sur le contenu. Je vais attendre de voir ce que le comité a décidé pour l’implication des autres élus. J’ai le goût de participer à ça. Le centre-ville, je le fréquente depuis mon adolescence, j’ai une vision de la participation citoyenne et je siège au comité de développement communautaire et social. La Ville va placer ses affaires et elle nous reviendra là-dessus. »

Le fait qu’une majorité d’élus siège au comité importune aussi Mme Godbout. « On peut se questionner sur les capacités des autres élus à participer à la discussion. »

Lundi, dans son allocution à propos de Well inc., le maire Steve Lussier déclarait : « J’ai toujours dit que je souhaite faire preuve de transparence et je constate que les citoyens souhaitent être partie prenante du projet. Je souhaite que tous les élus favorisent les dialogues avec les citoyens sur le quartier Well inc. en incluant les informations rendues publiques [mardi]. »

Chantal L’Espérance : « À l’exécutif, il y avait un malaise d’aller à l’encontre de la volonté du maire. Nous avons décidé de faire une première rencontre pour clarifier les attentes de chacun. »

« Il y avait deux discours », plaide L’Espérance

Karine Godbout, Évelyne Beaudin et les autres élus souhaitant assister aux réunions du comité de revitalisation du centre-ville pourront le faire dès la semaine prochaine. Les membres du comité se plieront à la règlementation municipale et permettront à tous leurs collègues qui en font la requête de s’asseoir autour de la table avec eux.

La présidente du comité, la conseillère Chantal L’Espérance, explique pourquoi ses consœurs ont été exclues des premières délibérations mardi. « Il y avait deux discours. Le maire Steve Lussier avait la prérogative de nommer ceux qu’il voulait. Marc Denault est arrivé et a dit que tous les élus pouvaient assister aux réunions. À l’exécutif, il y avait un malaise d’aller à l’encontre de la volonté du maire. Nous avons décidé de faire une première rencontre pour clarifier les attentes de chacun. À huit, il est déjà difficile d’arrimer les positions de chacun. Compte tenu du temps imparti, nous avons convenu de nous limiter aux huit membres. J’ai écrit à Mme Godbout et Mme Beaudin pour leur signifier mon intention d’apporter leurs préoccupations dans les discussions. »

Les élus ont finalement obtenu les statuts et règlements de la Ville de la part de la greffière, leur confirmant que tous les conseillers peuvent assister aux travaux du comité, mais que seuls les membres ont droit de vote. « Elles pourront assister aux prochaines réunions, mais nous ne tiendrons pas compte des agendas de dix personnes. Nous nous en tiendrons aux disponibilités des membres. Et elles ne pourront pas participer aux votes. »

« Gros maximum »

Malgré les critiques sur le nombre important de membres au comité, Chantal L’Espérance voit mal comment il pourrait en être autrement. « M. Lussier souhaite que le signal soit clair et il voulait que les élues de l’exécutif soient toutes là. Il serait difficile de retrancher des membres alors qu’il y a déjà plus de gens qui voudraient s’ajouter. »

Chantal L’Espérance ne voit pas de problème à ce que l’ensemble de l’exécutif siège au comité de revitalisation. « Il est normal que les membres de l’exécutif soient plus sollicités parce que nous avons une rémunération pour faire partie de l’exécutif. »

La conseillère confirme toutefois sentir une charge de travail plus importante depuis la réduction du nombre d’élus. « Nous siégeons à plusieurs comités. C’est plus prenant, mais le salaire de base n’a pas bougé et nous représentons une fois et demie le nombre de citoyens du dernier mandat. »

N’aurait-il pas été préférable de simplement consulter l’ensemble du conseil, composé de 15 élus? « Ce n’est pas parce que deux élues veulent s’ajouter qu’on empêchera le comité de faire des travaux. Je considère que huit membres, c’est un gros maximum. Ça nous permettra non seulement d’amener la vision du milieu, mais aussi de considérer la dimension politique des dossiers. L’idée n’est pas d’entrer les dossiers de force dans la gorge des gens. On n’est pas obligé de parler d’une seule voix au comité. Je n’ai pas de problème à ce que des gens ne soient pas d’accord. »

Pour Mme L’Espérance, tous les dossiers concernant le centre-ville devront démontrer une rentabilité, participer au développement social et communautaire, assurer un développement culturel et contribuer à la protection de l’environnement.

Précision

Une précision est nécessaire à la suite de la publication du texte « Un peu de lumière sur le flou de Well inc. ». Il était mentionné que le projet Well inc. comporte des investissements de 50 M$ dans la zone prioritaire. Il s’agit pluôt de 50 M$ d’investissements privés. Le part de la Ville est de 26 M$.