Mélanie Lemay

À Tout le monde en parle pour mettre «un visage sur les statistiques»

Mélanie Lemay, étudiante à l'Université de Sherbrooke, a fait un passage remarqué, dimanche soir à l'émission Tout le monde en parle.
Ariane Litalien et Mélanie Lemay à l'émission <em>Tout le monde en parle.</em>
Mélanie Lemay a été victime d'agression sexuelle par un joueur de football qui avait pourtant la réputation d'être un doux. La jeune femme de Disraeli était alors étudiante au cégep.
 «Réalises-tu que tu vas briser sa vie?», lui a demandé un policier quand elle a décidé de porter plainte. L'équipe de football lui a dit qu'elle n'avait pas intérêt à leur faire perdre un de ses meilleurs joueurs.
«J'ai compris que la qualité de la vie d'une femme vaut moins cher dans la balance que celle d'un homme», a confié Mélanie Lemay.
On entend de plus en plus la jeune femme sur différentes tribunes à ce sujet.
Remettant en cause l'attitude des policiers, elle ne s'est jamais rendue jusqu'à la plainte formelle. Cette triste expérience teinte aujourd'hui ses engagements.
Sous le feu des projecteurs
« Je trouve ça important de mettre un visage sur les statistiques », a déjà mentionné à La Tribune celle qui s'investit notamment comme membre du conseil d'administration du CALACS (Centre d'aide et de lutte contre les agressions à caractère sexuel) Agression Estrie.
Mélanie Lemay est responsable au développement durable et aux affaires locales et communautaires de la Fédération étudiante de l'Université de Sherbrooke (FEUS).
La question des agressions à caractère sexuel sur les campus s'est retrouvée sous le feu des projecteurs à plusieurs reprises au cours des derniers mois.
En mars dernier, seize campus universitaires de la province, dont l'Université de Sherbrooke et l'Université Bishop's, se sont unis afin de lutter contre les violences à caractère sexuel sur les campus, avec la campagne Sans oui, c'est non.
En fin de semaine, on a appris que l'Université Laval a été le théâtre d'agressions sexuelles survenues dans ses résidences. Dans la nuit de vendredi à samedi, un ou des suspects se seraient introduit dans près d'une dizaine de chambres déverrouillées, touchant ou agressant des femmes au passage.
Ils seraient toujours au large, alors que l'enquête progresse.
Rappelons que le gouvernement québécois souhaite aussi encadrer le déroulement des initiations sur les campus afin d'éviter des dérapages.
Une étude menée dans six universités de la province, à laquelle participe l'UdeS, a montré qu'une personne sur trois (employés et étudiants) a vécu une expérience de violence sexuelle depuis son entrée à l'université. Par violence sexuelle, on entend autant les remarques désobligeantes à connotation sexuelle que le harcèlement sexuel, jusqu'au cas d'agressions sexuelles.
- Avec Richard Therrien et Isabelle Pion