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Guillaume Loiselle-Boudreau, Gabrielle Duschesne et Alexandre Ouellet sont derrière le mouvement de contestation du projet Goldboro LNG.
Guillaume Loiselle-Boudreau, Gabrielle Duschesne et Alexandre Ouellet sont derrière le mouvement de contestation du projet Goldboro LNG.

Une coalition née en Gaspésie

Coralie Beaumont
Coralie Beaumont
La Tribune
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L’histoire de la coalition internationale anti-Pieridae (Goldboro LNG) et du collectif estrien « Goldboro, parlons-en » a commencé avec le Gaspésien Pascal Bergeron, porte-parole d’Environnement Vert Plus. « Ils sont entrés en scène dans ma vie de militant en 2017, lorsqu’ils ont fusionné avec Pétrolia », explique-t-il. Rappelons qu’en 2015, Pétrolia avait pour objectif de réaliser une barge de liquéfaction de gaz naturel dans la baie de Gaspé. « Pour moi, c’est devenu tout naturel de suivre les traces du financement de cette entreprise-là et d’aller les talonner. »

Chemin faisant, M. Bergeron a découvert qu’une partie importante du financement du projet Goldboro pourrait provenir du gouvernement allemand même si, selon les informations qu’a collectées M. Bergeron, ce financement n’est pas garanti. « J’ai travaillé à forger une coalition internationale autour de ce projet pour jouer sur l’Allemagne ». Le jeu de dominos du financement international a mené le combat de M. Bergeron jusqu’en Finlande. 

Filière estrienne

« Après ça, il y a toute la filière estrienne. Pour moi, c’est évident depuis longtemps que ça va prendre un pipeline pour transporter le gaz de Montréal à Portland ». 

Pascal Bergeron jugeait « essentiel qu’il y ait un mouvement local », notamment pour « faire accepter le fait que ce n’est pas parce que la compagnie n’a pas encore annoncé qu’il allait y avoir des travaux pour un pipeline... que ce n’est pas en train de se tramer! »

M. Bergeron a cherché des contacts à Sherbrooke pour démarrer une coalition en opposition à ce pipeline. C’est alors que celui qui sera le membre fondateur de « Goldboro, parlons-en », Alexandre Ouellet, entre en scène.

D’emblée, le Sherbrookois explique qu’il s’était déjà impliqué dans un milieu militant environnemental et avait une bonne connaissance de dossiers environnementaux comme Energie Est et le gaz de schiste au Québec. Alors, quand Pascal Bergeron a « dépoussiéré ce qu’était le projet Goldboro, on a rapidement compris qu’il y avait beaucoup d’enjeux pour l’Estrie ». 

M. Ouellet a accepté de lancer la campagne « Goldboro, parlons-en » en Estrie, « avec l’objectif principal de s’éduquer sur la question », notamment sur les enjeux de gaz naturel, de fracturation et des craintes concernant le dédoublement du pipeline TQM. Il rigole en admettant que cela a été « un gros projet d’éducation populaire autant pour les militants et militantes en Estrie que pour moi! ». Il estime à 200 le nombre de citoyens qui ont été sensibilisés par son mouvement dans les diverses collectivités notamment par des soirées d’informations.

Une relève à ses côtés

Si M. Ouellet était seul au début de la campagne contre Goldboro LNG, il peut dorénavant compter sur le soutien d’autres membres bénévoles, comme Guillaume Loiselle-Boudreau, co-porte-parole de « Goldboro parlons-en », et Gabrielle Deschènes, une jeune militante. 

M. Loiselle-Boudreau, avocat de formation qui a travaillé dans la coopération internationale, notamment au Pérou et au Laos, est aussi le président des Cuisines collectives du Haut-Saint-François, un OSBL pour œuvre pour le droit à l’alimentation. L’implication de ce père est pour protéger l’avenir de ses enfants, « après tout, c’est pour eux que je fais tout cela », confie-t-il.

De son côté, Gabrielle Deschènes, 22 ans, fait ses premiers pas d’activistes au sein de « Goldboro parlons-en ». En se rapprochant de militants, elle dit avoir compris que le militantisme, « ça n’a pas besoin de se faire dans la violence. Avant, je voyais ça comme quelque chose qui pouvait faire peur, un militant! » rit-elle.